Les très lourdes factures de Bygmalion à l'UMP révèlent un système frauduleux

Selon le "JDD", qui cite un cadre de l'agence de communication, une double facturation a permis de maquiller 14 millions d'euros sur les 19 millions qu'ont coûté les meetings de Nicolas Sarkozy en 2012.

Le siège de l\'UMP à Paris, le 26 mai 2014.
Le siège de l'UMP à Paris, le 26 mai 2014. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

La police a découvert au siège de la société Bygmalion une double comptabilité qui confirme la facturation à l'UMP d'une partie des 42 meetings de Nicolas Sarkozy lors la campagne présidentielle de 2012, rapporte Le Journal du Dimanche dimanche 1er juin.

Cette affaire de fausses factures, confirmée lundi dernier par l'avocat de Bygmalion, Patrick Maisonneuve, puis par Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet du président de l'UMP, Jean-François Copé, a contraint ce dernier à démissionner mardi. Selon Le JDD, les policiers ont mis la main sur une double comptabilité lors de perquisitions au siège de Bygmalion et de sa filiale Event & Cie, dans la nuit de lundi à mardi.

Onze millions d'euros de dépassement des comptes de campagne

Ils sont en possession d'une liasse de factures qui montrent que le coût réel des meetings facturés par Event & Cie a été de 19 millions d'euros, dont 14 millions imputés à l'UMP par le biais notamment de factures fictives, ajoute l'hebdomadaire, qui cite un cadre de Bygmalion. Selon celui-ci, le dépassement des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy couvert par ce système est de l'ordre de 11 millions d'euros, comme l'avait révélé Me Maisonneuve lundi.

Ce cadre assure que Bygmalion avait tiré le signal d'alarme auprès de l'équipe de campagne début avril 2012. Il précise que le coût des meetings allait de 250 000 euros pour les "petits formats" rassemblant 3 000 à 4 000 personnes à 3,5 millions d'euros pour une réunion géante à Villepinte, près de Paris. Event & Cie prenait 20 à 25% de marge, précise la même source.

Les patrons de Bygmalion ont accepté le principe

"On aurait pu refuser le système, explique la cadre anonyme au JDD. Mais alors on sautait, on en savait pas si on allait être payé et on avait déjà pas mal d'argent dehors. Il y a eu une réunion avec Bastien Millot et Guy Alvès, nos deux patrons, qui ont accepté la double facturation."

Lors de sa confession télévisée, Jérôme Lavrilleux, tout juste élu au Parlement européen, a dit assumer la responsabilité de ce dépassement et la facturation de ces frais à l'UMP. De son côté, Jean-François Copé, le président de l'UMP, a toujours indiqué n'avoir "rien su".