Jean-François Copé de plus en plus critiqué au sein de l'UMP

Affaire Bygmalion, sénateurs UMP soupçonnés de détournements de fonds : avec la multiplication des enquêtes, le patron de l'UMP est la cible de remises en cause de plus en plus appuyées au sein de son parti.

Jean-François Copé, le président de l\'UMP, tient un meeting de campagne dans le cadre des élections européennes, à Jaunay-Clan (Vienne), le 20 mai 2014.
Jean-François Copé, le président de l'UMP, tient un meeting de campagne dans le cadre des élections européennes, à Jaunay-Clan (Vienne), le 20 mai 2014. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

"Détestable." C'est ainsi que le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, qualifie la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui l'UMP. Son président, Jean-François Copé, est notamment mis en cause dans l'affaire Bygmalion. Cette société, fondée par deux proches de Jean-François Copé, est soupçonnée d'avoir surfacturé à l'UMP des conférences via l'une de ses filiales. Mardi 20 mai, on a également appris l'ouverture d'une information judiciaire sur de possibles détournements de fonds opérés au profit de plusieurs sénateurs UMP. Si les soutiens de Jean-François Copé se taisent encore, des voix s'élèvent au sein de l'UMP contre le patron du parti d'opposition.

Des députés UMP réclament de la "transparence"

Lionel Tardy, député UMP de Haute-Savoie, a décidé le premier de rompre le silence. Après avoir déclaré, le 15 mai, que Jean-François Copé n'avait "plus rien à faire à la tête de l'UMP", il a adressé au président de l'UMP une lettre ouverte publiée par France Info, où il lui signifie que "les Français, les militants et élus UMP de base disent stop". Il poursuit : "Je constate simplement, comme beaucoup d’élus et de militants, que depuis votre prise de fonction à la tête de l’UMP il y a maintenant presque deux ans, rien n’a été réglé… Et qu’au contraire, les problèmes s’accumulent." 

Invité d'i-Télé, mardi, Bernard Debré, député UMP de Paris, s'est agacé de ces affaires à répétition : "Il faut qu'on soit propres. Ceux qui sont sales, tachés, devront rendre des comptes et s'en aller." Gilles Carrez, président de la commission des finances de l'Assemblée et député UMP, a réclamé de la "transparence", sur Europe 1, mercredi. "Un parti politique fonctionne à partir des dotations que lui versent l’Etat ou de dons qui sont subventionnés par des réductions d’impôts. Dès lors que c’est de l’argent public, il faut la même transparence que pour les comptes publics. Le président de l’UMP s’est engagé à faire la transparence, il faut qu’il le fasse le plus rapidement possible !" a affirmé le député du Val-de-Marne.

Jean-François Copé ne se "dérobera pas"

Face à ces demandes de clarification, Jean-François Copé a déclaré qu'il ne se "déroberait pas", lors de l'émission "Questions d'info LCP/France Info/Le Monde/AFP", mercredi. "Je ne suis absolument pas au fait, dans mes fonctions de président, de la gestion quotidienne de l'UMP dans sa dimension comptable, jamais", a assuré le numéro 1 du parti. Il a également confirmé qu'un rapport sur l'affaire Bygmalion serait présenté "au bureau politique la semaine prochaine". Il avait en effet annoncé qu'une mise au point aurait lieu au sein de l'UMP après les élections européennes de dimanche.