VIDEO. "Je me dis, moi, 'j'arrête, j'en peux plus'" : Jérôme Lavrilleux raconte l'affaire Bygmalion et sa tentative de suicide

L'ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 a lu un extrait d'un livre-enquête dans lequel il témoigne.

Le député européen Jérôme Lavrilleux le 17 avril 2019 au Parlement européen de Strasbourg.
Le député européen Jérôme Lavrilleux le 17 avril 2019 au Parlement européen de Strasbourg. (MAXPPP)

Il a été l'un des principaux protagonistes de l'affaire Bygmalion. Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, est revenu pour l'émission "Quotidien" sur TMC, vendredi 10 mai, sur le scandale politique. L'ex-personnage clé du parti présidentiel a lu pour l'émission "Quotidien", sur TMC, un extrait de La Haine, le livre-enquête des journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, sorti début mai (éd. Fayard) et dans lequel il témoigne.

Recevant les journalistes de "Quotidien", chez lui, dans l'Aisne, Jérôme Lavrilleux lit un passage du livre dans lequel il raconte une soirée éprouvante. Soudain, sa gorge se noue. "L'UMP, je n'en ai plus rien à foutre à ce moment-là", dit-il, des sanglots dans la voix.

"Je n'ai plus qu'à me passer la corde au cou..."

L'ex-cadre de l'UMP poursuit. Il raconte sa tentative de suicide. Sortant d'une interview sur BFMTV, il rentre chez lui en voiture, non sans avoir esquivé la horde de journalistes qui l'attendaient à la sortie du studio. Il est "effondré". Sur la route, son téléphone sonne "sans arrêt". Il ne décroche pas. Arrivé à son domicile, il allume la télévision. Les chaînes d'information en continu tournent en boucle sur l'affaire. "Je me dis, moi, 'j'arrête, j'en peux plus'", lit-il. "Je vais dans la grange, je prends une corde, je la lance et la passe autour d'une poutre. Voilà, pour moi, c'est fini, je n'ai plus qu'à me passer la corde au cou..."

Dans cette affaire, Jérôme Lavrilleux, comme Nicolas Sarkozy, a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour le financement illégal de campagne électorale. Le président-candidat est soupçonné d'avoir dépassé le plafond autorisé des dépenses électorales de plus de 20 millions d'euros, alors qu'il avait été informé d'un risque de dérapage, ce qu'il réfute.

Les accusations de Lavrilleux à l'encontre de Sarkozy

Jérôme Lavrilleux a affirmé que les comptes de campagne avaient "débordé de tous les côtés" et reproché à l'ancien président de ne pas "assumer" ses responsabilités dans le système de fausses factures. La facture avait atteint les 42,8 millions d'euros, près du double du seuil autorisé, alors fixé à 22,5 millions d'euros.

Le Conseil constitutionnel dira le 17 mai si Nicolas Sarkozy peut être jugé au tribunal pour les mêmes faits, une décision cruciale pour l'avenir judiciaire de l'ancien président. L'issue d'un procès pourrait se rapprocher.