Cet article date de plus de six ans.

Meetings "dignes des Stones", WC à 1 250 euros… Le détail des factures de la campagne de Sarkozy

Le journal "Libération" a eu accès aux factures de la filiale de Bygmalion, Event&Cie. Drapeaux, vidéos, banderoles, sanitaires : voici comment les comptes de campagne de l'UMP ont dérapé.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Nicolas Sarkozy en meeting à la Concorde, à Paris, le 15 avril 2012. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les meetings de Nicolas Sarkozy, puits sans fond de sa campagne présidentielle en 2012 ? Le journal Libération a eu accès aux factures détaillées de 44 événements organisés par l'UMP pour la campagne de l'ancien chef d'Etat, organisés par la filiale de la société Bygmalion, Event&Cie. Si Nicolas Sarkozy a dépensé 21 millions d'euros pour ses meetings, seuls 4,1 millions ont été officiellement déclarés. 

Pour faire valider ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, l'UMP aurait eu recours à un système de doubles factures. Le montant des frais réels est jusqu'à dix fois supérieur aux frais déclarés, affirme Libération, dimanche 22 juin. Voici en résumé ce que contiennent ces factures.

Des commandes "renouvelées, encore et encore"

Les documents saisis par la justice lors d'une perquisition dans les locaux de Bygmalion, et consultés par Libération, révèlent les montants exacts de milliers de factures émises par les prestataires d'Event&Cie, à savoir des sociétés de son, lumière, vidéo, traiteurs, décorateurs qui ont travaillé sur la campagne. "Toutes les prestations ont bien été facturées par les prestataires", précise Libération, qui prend comme exemple de postes de dépenses "délirants" celui des drapeaux. 

Ainsi, au mois d'avril 2012, 65 000 drapeaux sont commandés en moins d'une semaine, soit une dépense de 42 964 euros. Pour le seul meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis), qui a coûté 1,8 million d'euros, 44 000 euros de drapeaux sont achetés. "Alors que dans le camp Hollande on prenait soin de récupérer les fanions après chaque meeting pour (…) rester financièrement dans les clous, les dirigeants de l'UMP ont préféré renouveler les commandes, encore et encore", analyse Libération

Dans son enquête, le quotidien cite d'autres exemples de dépenses jugées déraisonnables, comme les installations vidéo (125 000 euros pour le meeting de Nice, un coût "digne des Stones"), les couvertures de scène (77 338 euros à la Concorde), les banderoles adhésives (12 000 euros à la Mutualité de Paris) ou encore les sanitaires indépendants pour Nicolas Sarkozy (1 250 euros à Bordeaux). "L'équipe de campagne a organisé des événements dignes d'un président, pas d'un candidat", confie un cadre de Bygmalion. 

Des dépenses réglées dans la précipitation

Comment expliquer un tel écart entre les comptes déclarés et les comptes réels ? Déjà, la société Bygmalion facture des marges très importantes, à hauteur de 25 à 27%, ce qui fait naturellement gonfler les comptes de campagne. 

Une autre explication est liée à l'organisation précipitée de la campagne, selon le quotidien. "Tout aurait été différent si on avait su en gros ce que l'on avait à faire pendant les trois mois de campagne", explique un professionnel. Par exemple, l'UMP a préféré louer le matériel de façon répétée plutôt que de l'acheter, entraînant des coûts très élevés. "Des cadres de Bygmalion ont bien alerté l'UMP que les prix dérapaient", affirme même Libération, sans que le parti ne réagisse.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.