Présidentielle 2022 : voici la liste officielle des 12 candidats à l'Elysée, découvrez leurs portraits

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Les candidats à la présidentielle 2022. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Ils sont douze sur la ligne de départ. Il n'en restera plus que deux après le premier tour de cette élection présidentielle 2022 fixé au 10 avril. Le vainqueur sera désigné à l'issue du second tour, le 24 avril. 

La liste est désormais officielle. Douze candidats concourront lors de l'élection présidentielle 2022, a annoncé le Conseil constitutionnel, lundi 7 mars. Ces prétendants à l'Elysée ont tous réuni les 500 parrainages nécessaires d'élus pour prendre part à la course à la magistrature suprême. De nombreux candidats ont déjà fait entendre leur voix dans le passé. Certains à deux reprises. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ont ainsi été candidats aux élections de 2012 et 2017.

D'autres sont au contraire complètement novices. Valérie Pécresse, Eric Zemmour, Fabien Roussel et Yannick Jadot (qui avait retiré sa candidature en 2017 au profit de Benoît Hamon) présentent leur candidature pour la première fois. Emmanuel Macron, lui, va tenter de décrocher un second mandat. Franceinfo vous fait découvrir les prétendants au trône présidentiel. 

Nathalie Arthaud

Nathalie Arthaud. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

"Je porterai les intérêts des travailleurs, je dénoncerai l'exploitation, les bas salaires, et toute cette organisation capitaliste", déclarait Nathalie Arthaud au Point en avril dernier. Désignée sans surprise par son parti Lutte ouvrière, la candidate tente donc l'aventure présidentielle pour une troisième fois. L'héritière d'Arlette Laguiller tentera de faire mieux que les 0,56% de suffrages exprimés obtenus en 2012 et les 0,64% en 2017.

Un engagement précoce. Née en 1970 à Peyrins dans la Drôme, cette fille de garagistes et petite-fille d'agriculteurs s'est engagée très tôt en politique. "Vers mes 16 ans, en 1986, j’étais déjà mobilisée face à la famine en Ethiopie, j’avais envie de faire quelque chose", confie-t-elle à Mediapart. Scolarisée dans un lycée à Lyon, elle découvre "d'autres milieux", "le monde ouvrier et l'immigration" puis le communisme,"entre deux matches de volley-ball", raconte-t-elle à France Bleu. Elle rejoint donc les jeunes militants communistes avant de prendre sa carte à Lutte Ouvrière, à 18 ans.

Le Trotskisme en étendard. Porte-parole d'Arlette Laguiller lors de l'élection présidentielle de 2007, Nathalie Arthaud prend le relais de la bataille présidentielle à partir de 2012. Entre 2008 et 2014, elle est également conseillère municipale en charge de la jeunesse à Vaulx-en-Velin, commune de la métropole de Lyon. Enseignante dans un lycée d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), elle poursuit son activité professionnelle lors de la campagne présidentielle. Cette agrégée d'économie et de gestion se revendique par ailleurs de l'idéologie trotskiste et souhaite mettre en œuvre un programme d’expropriation de la classe capitaliste. "Le communisme, c’est réorganiser la société en supprimant l’appropriation des moyens de production – les usines, les grandes chaînes de distribution, les banques – dans une poignée de mains privées", explique-t-elle à Mediapart.

Un programme révolutionnaire. "Il n’y a jamais eu et il n’y aura pas de 'bon président' pour les exploités dans le cadre du capitalisme", estime Nathalie Arthaud. Dans cette campagne, la candidate de LO propose une augmentation générale des salaires, des allocations et des pensions, avec notamment "un minimum de 2 000 euros net". Elle souhaite aussi l'indexation des revenus des salariés sur l’augmentation des prix. Elle annonce aussi "zéro chômeur" grâce à une meilleure répartition du travail entre tous, sans baisse de salaire. Enfin, elle souhaite que "les travailleurs" contrôlent les comptes des entreprises.

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

C'est sur TF1, fin septembre 2021, que Nicolas Dupont-Aignan a levé le voile sur ses ambitions. Pour la troisième fois, le président de Debout la France, âgé de 60 ans, présente donc sa candidature à l'élection présidentielle afin que "les Français aient le choix" parce selon lui "80% d'entre eux ne veulent pas du duel Macron-Le Pen". 

Son alliance avec Marine Le Pen. Le député de l'Essonne n'avait obtenu que 1,79% des voix en 2012 mais en 2017, avec un million de voix supplémentaires, ce dernier atteint 4,70% soit juste en dessous de la barre fatidique des 5% qui lui aurait permis de se faire rembourser ses frais de campagne. Dans l'entre-deux-tours, Nicolas Dupont-Aignan conclut une alliance de gouvernement avec Marine Le Pen. La présidente du Front national, futur Rassemblement national, promet de le nommer Premier ministre en cas de victoire. Mais l'élection d'Emmanuel Macron réduit à néant leurs ambitions et sonne le glas de leur alliance.

Un parcours classique à droite. Nicolas Dupont-Aignan ne vient pas de l'extrême droite, mais de la droite. Celui qui est maire de Yerres (Essonne) de 1995 à 2017 s'engage au Rassemblement pour la République (RPR) où il devient secrétaire aux fédérations sous la présidence de Philippe Séguin en 1998. Un an plus tard, il est remplacé dans ses fonctions pour s'être prononcé contre la ratification du traité d'Amsterdam et opère un rapprochement avec les souverainistes dont Charles Pasqua. En février 1999, il fonde le groupe Debout la République au sein du RPR avant de quitter son parti quelques mois plus tard. Il s'engage alors au Rassemblement pour la France de Charles Pasqua qu'il quitte en 2000. Il revient dans le giron de la majorité présidentielle en 2002 avec la réélection de Jacques Chirac et est élu député de l'Essonne dans la foulée. Il adhère à l'UMP dès sa création et se distingue en 2005 lors de la campagne pour le non au référendum européen. Il quitte l'UMP en 2007 et crée un an plus tard le parti politique Debout la République qui deviendra Debout la France.

Les 100 mesures. Nicolas Dupont-Aignan annonce 100 mesures "pour rendre aux Français leur liberté et à la France son indépendance". Il promet d'abord la suppression de l'état d'urgence sanitaire et "des mesures liberticides comme le passe sanitaire ou vaccinal". Le candidat assure aussi qu'il recourra au référendum sur plusieurs sujets clés et qu'il instaurera le référendum d'initiative populaire ou citoyenne (RIC) à partir de 500 000 signatures.

Anne Hidalgo

Anne Hidalgo. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Il n'y a pas vraiment eu de bataille pour décrocher l'investiture socialiste. Anne Hidalgo était la seule candidate de poids et s'est imposée facilement face à l'ancien ministre Stéphane Le Foll. Son annonce de candidature, le 12 septembre 2021, à Rouen, était pourtant loin d'être une évidence. La maire de Paris n'affirmait-elle pas dans une interview à L'Express en juin 2020 qu'elle ne "cherchait rien d'autre", que Paris la comblait et qu'elle "ne serait pas candidate à la présidentielle" ? Poussée par ses proches, son entourage politique, mais aussi ses soutiens de la société civile, Anne Hidalgo a changé d'avis. A 62 ans, cette ancienne inspectrice du travail, à la double nationalité franco-espagnole, portera donc pour la première fois les couleurs socialistes à la présidentielle.

La première femme maire de Paris. Elle prend sa carte au PS en 1994 et travaille comme conseillère pour divers cabinets au sein du gouvernement Jospin. Mais c'est en devenant première adjointe du maire de Paris, Bertrand Delanoë, à partir de 2001 qu'elle se fait connaître. Anne Hidalgo est également élue conseillère régionale en 2004 sur la liste de Jean-Paul Huchon. Sa proximité avec Bertrand Delanoë la désigne comme sa successeure naturelle. Elle l'emporte en 2014 face à la candidate de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, et devient ainsi la première femme maire de Paris. 

Un bilan à la tête de la capitale critiqué. Sa gestion de la ville de Paris fait l'objet de nombreuses controverses, en particulier concernant ses mesures en faveur de l'environnement. La piétonnisation des voies sur berges en est un exemple. On a dit Anne Hidalgo sur la sellette, notamment en 2018, où elle traverse une annus horribilis marquée par le départ de son premier adjoint Bruno Julliard. L'édile parvient néanmoins à se faire réélire en 2020 face à Rachida Dati. Elle pensait se consacrer à Paris, la voilà partie pour conquérir la France.

Focus sur l'écologie et le social. Ses 70 propositions pour "réunir la France" sont orientées vers le social et l'écologie. La candidate socialiste veut augmenter le smic de 15% et limiter "les écarts indécents de rémunération". Comme Yannick Jadot, elle souhaite instaurer un ISF climatique. Elle désire parvenir aussi vite que possible à "100% d'énergies renouvelables". Parmi ses autres propositions, abaisser le droit de vote à 16 ans, reconnaître le vote blanc ou inverser le calendrier électoral pour commencer par les législatives et terminer par la présidentielle.

Yannick Jadot

Yannick Jadot. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Il a remporté la primaire des écologistes de peu. Le 28 septembre, Yannick Jadot s'est imposé d'une courte tête (51,03%) face à Sandrine Rousseau, illustrant le clivage qu'il peut exister entre les partisans d'une écologie de gouvernement incarné par le premier et d'une écologie plus radicale personnifiée par la seconde. A 54 ans, ce militant des Verts depuis 1999 mène sa deuxième campagne présidentielle. On pourrait presque écrire la première puisqu'en 2017, Yannick Jadot s'était retiré deux mois avant le scrutin derrière le candidat socialiste Benoît Hamon, lequel fera à peine plus de 6%.

Un passé d'activiste. Le quinquagénaire n'a pas plongé dans le bain de la politique tout de suite. Il commence par travailler pour plusieurs ONG à l'international avant de se faire connaître comme directeur des campagnes de Greenpeace de 2002 à 2008. Ce passage dans l'organisation écologiste lui vaut notamment une condamnation pour "atteinte aux intérêts supérieurs de la nation" pour avoir pénétré dans la base de sous-marins nucléaires de l'île Longue, dans le Finistère.

Un des fondateurs d'EELV. C'est en 2007 qu'il entre dans l'arène politique lors du Grenelle de l'environnement. Porte-parole de l'Alliance pour la planète, c'est lui qui est chargé des négociations. Il y rencontre aussi Pascal Durand et Jean-Paul Besset, avec qui il participera à la fondation d'Europe Ecologie, la liste d'union des écologistes qui deviendra ensuite Europe Ecologie-Les Verts. Leur coup d'éclat : réunir 16,28% des suffrages aux élections européennes de 2009. Un score historique qui permettra à Yannick Jadot d'intégrer le Parlement européen la même année. Eurodéputé depuis douze ans, Yannick Jadot s'est notamment consacré à la lutte contre les projets de traités de libre-échange, comme le Tafta ou le Ceta. Aujourd'hui, le défi qui l'attend est immense : transformer les bons résultats d'EELV aux élections intermédiaires en un bon score à la présidentielle.

Le paquet sur l'écologie. Du côté de son programme, qui se compose de 120 propositions, Yannick Jadot veut, sans surprise, une "République écologique". Cela passe notamment par l'arrêt de 10 réacteurs nucléaires d'ici à 2035, l'installation de 6 000 nouvelles éoliennes, l'instauration d'un ISF climatique ou encore la transformation de l'agriculture vers un modèle paysan.

Jean Lassalle

Jean Lassalle. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

"Ce pays a besoin d'être rassemblé. On attire davantage les mouches avec du miel qu'avec du vinaigre", déclarait Jean Lassalle à France Bleu, en entrant en campagne. Le député du Béarn tente sa chance pour la deuxième fois, après avoir obtenu 1,21 % des voix en 2017. Il souhaite défendre "la France authentique" et la ruralité. "J'ai envie de rassembler le pays et de lui donner un cadre institutionnel qui fonctionne, je veux reconstruire un État parce que c'est un symbole", explique-t-il sur franceinfo.

Un berger à l'Assemblée nationale. Avant d'entrer en politique, Jean Lassalle a eu plusieurs vies. "J'ai été berger à 22 ans, et puis ensuite ingénieur conseil et j'avais quinze salariés", confie-t-il à franceinfo. Depuis 2002, il est élu tous les cinq ans député des Pyrénées-Atlantiques. Il a également été conseiller général des Pyrénées-Atlantiques et maire de la petite commune de Lourdios-Ichère pendant trente ans, jusqu'en 2017.

Un habitué des coups d'éclat. Le Béarnais a construit sa notoriété sur des interventions remarquées à l'Assemblée nationale. En 2003, il chante l'hymne occitan Se Canto dans l'Hémicycle lors d'une intervention de Nicolas Sarkozy afin de protester contre la fermeture d'une gendarmerie dans sa circonscription. Trois ans plus tard, il fait une grève de la faim de 39 jours pour sauver une entreprise de sa région. En 2013, il a parcouru plus de 5 000 kilomètres à pied dans un Tour de France pour rencontrer des Français. Plus récemment, il a encore marqué les esprits en portant un gilet jaune à l'Assemblée en soutien au mouvement de protestation.

Le recrutement de 100 000 infirmières et aides-soignantes. Jean Lassalle veut donner des moyens au secteur de la santé. Il propose de recruter 100 000 infirmières et aides-soignantes sur la durée de son mandat. "Je pense qu’il faut tout de suite entreprendre la construction de lits d’hôpitaux", ajoute-t-il sur France 2. Il propose une réforme des institutions avec la mise en place du Référendum d’initiative citoyenne, la reconnaissance du vote blanc et un référendum sur le retour du septennat. Il propose aussi d'investir dans la recherche afin notamment de développer les énergies renouvelables, de revaloriser le smic à 1 400 euros net mensuels, d'accorder aux étudiants un prêt garanti par l'Etat ou encore de recruter 6 000 gendarmes et policiers.

Marine Le Pen

Marine Le Pen. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

A 53 ans, Marine Le Pen vit sa troisième candidature à l'élection présidentielle. La patronne du Rassemblement national, qui a remis les clés du parti à Jordan Bardella le temps de la campagne, peut se targuer de son expérience. En 2012, elle avait terminé à la troisième place avec 17,9% des suffrages derrière Nicolas Sarkozy et François Hollande. Cinq ans plus tard, elle avait réussi à accéder au second tour face à Emmanuel Macron, qui l'avait emporté largement.

La brouille avec Jean-Marie Le Pen. La mauvaise performance de Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours en 2017 va longtemps la poursuivre. Et lui attirer les sarcasmes de son père dont elle a pris la succession en 2011. En tant que présidente du Front national, elle va notamment s'atteler à "dédiaboliser" le parti d'extrême droite jusqu'à en changer le nom. Jean-Marie Le Pen, qui a fondé le FN dont il a longtemps été président d'honneur, s'est à cette même période brouillé avec sa fille qui l'a fait exclure en 2015 notamment pour ses propos polémiques sur la Seconde Guerre mondiale.

De multiples mandats. C'est pourtant dans le sillon de Jean-Marie Le Pen que Marine Le Pen s'est construite. Cette avocate de formation s'engage dès sa majorité au Front national et c'est sous ces couleurs qu'elle va connaître de multiples mandats. Conseillère régionale d'Ile-de-France, du Nord-Pas-de-Calais puis des Hauts-de-France, elle siège au Parlement européen de 2004 à 2017. Cette année-là, elle est élue députée RN du Pas-de-Calais mais échoue à constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, Marine Le Pen rêve d'un match retour avec Emmanuel Macron.

Un référendum sur l'immigration. Le programme de Marine Le Pen a été revu et corrigé par rapport à ses précédentes candidatures, notamment sur l'Union européenne – dont elle ne veut plus sortir – ou l'euro – qu'elle ne veut plus abandonner pour un retour au franc. Mais les positions sur l'immigration de la candidate, au cœur du projet RN, sont restées sensiblement les mêmes. Seule nouveauté : un référendum sur l'immigration qui entraînerait une réforme de la Constitution.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

"Je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat", a écrit Emmanuel Macron dans une lettre aux Français transmis le 3 mars à la presse régionale. Le président de la République a attendu le dernier moment pour officialiser sa candidature à la réélection. Cette annonce très tardive – la date limite était fixée au 4 mars – aurait dû intervenir plus tôt, mais la crise ukrainienne a contraint le président à modifier ses plans. S'il était réélu, cela serait la première fois qu'un président, hors cohabitation, décroche un second mandat. Mais rien n'est joué et la campagne s'annonce courte.

Le plus jeune président de l'histoire de la République française. Elu à seulement 39 ans en mai 2017, Emmanuel Macron s'impose comme le plus jeune président de l'histoire de la République française (avant lui, c'était Louis-Napoléon Bonaparte, élu en 1848 à l'âge de 40 ans, qui détenait ce record de précocité). L'ancien inspecteur des finances et banquier s'était fait connaître du grand public lorsqu'en 2014 François Hollande l'a nommé ministre de l'Economie. Il était auparavant secrétaire général adjoint de son cabinet et n'avait jamais exercé le moindre mandat électif. Emmanuel Macron a fondé son propre mouvement en 2016, En marche !, qui prônait le dépassement du clivage gauche-droite. Il a ensuite démissionné du gouvernement Valls pour se lancer dans la présidentielle.

Un quinquennat de crises. A la tête de la France, Emmanuel Macron promet un quinquennat de réformes mais il sera surtout confronté à cinq années de crise. Fin 2018, il affronte sa première crise de grande ampleur avec le mouvement des "gilets jaunes" qui, pendant plusieurs semaines, paralyse le pays et donne lieu à des scènes de violences. Le projet de réforme des retraites donne lieu ensuite à une vive contestation syndicale et à des grèves dans les transports. Elle n'ira finalement jamais à son terme du fait de l'autre grande crise du quinquennat : la crise sanitaire. En 2020, la France comme le reste du monde est frappée par l'épidémie de Covid-19 et oblige Emmanuel Macron et son gouvernement à confiner le pays. Pour soutenir l'économie, le président invente la politique du "quoiqu'il en coûte". Au total, le montant cumulé des mesures de soutien destinées à aider les entreprises s'élève à 240 milliards d'euros.

"Travailler plus et baisser les impôts." Pour le moment, seuls les grands axes de son programme sont connus. Dans sa lettre aux Français, le président-candidat laisse d'abord entendre que la réforme avortée des retraites aura bien lieu. "Il faudra travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production", écrit-il. Emmanuel Macron, qui promet une méthode différente de gouvernance pour le prochain quinquennat, souhaite aussi donner "la priorité à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés". Parmi ses futurs engagements, il fait part de sa volonté de faire de la France "une grande nation écologique, qui la première sera sortie de la dépendance au gaz, au pétrole et au charbon". Enfin, le président sortant, qui promet aussi "d'investir pour permettre à chacun de vivre le grand âge", reconnaît que la guerre en Ukraine aura des conséquences sur sa campagne express. A un mois du premier tour, le candidat Macron devrait surtout faire campagne sur son bilan de président.

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Jean-Luc Mélenchon a au moins un point commun avec Marine Le Pen. Lui aussi se présente à l'élection présidentielle pour la troisième fois. A 70 ans, le patron de La France insoumise est parti dans la course très tôt en annonçant sa candidature dès novembre 2020 sur TF1. "Nous avons les moyens d'innover, de faire différemment, d'abolir la monarchie présidentielle (...) Je suis un pôle de stabilité", avait-il déclaré.

Abonné à la quatrième place. Le tribun devra faire mieux que la quatrième place à laquelle il semble abonné. En 2012, il est le candidat du Front de gauche, coalition qui réunit le Parti de gauche qu'il a fondé et le Parti communiste français. Il termine ainsi quatrième avec 11% des voix, derrière Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. Cinq ans plus tard, rebelote, mais la bannière est cette fois différente. Jean-Luc Mélenchon concourt avec l'étiquette de La France insoumise, mouvement qu'il a créé en 2016. Il termine encore à la quatrième place, derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon, mais avec un score bien plus élevé, 19%. "A 600 000 voix près, nous aurions été présents au second tour", répète alors l'ex-candidat. Il parvient néanmoins, dans la foulée de la présidentielle, à créer un groupe LFI à l'Assemblée nationale, dont il sera le président jusqu'en 2021 en se faisant élire dans les Bouches-du-Rhône.

Un ancien du PS. Avant de faire cavalier seul, Jean-Luc Mélenchon a longtemps été membre du PS, de 1976 à 2008. Il exercera plusieurs mandats sous l'étiquette du PS avant d'être nommé ministre délégué à l'Enseignement professionnel du gouvernement Jospin. En 2008, il quitte le PS pour fonder son propre mouvement politique en promettant "une autre voix à gauche". A défaut d'avoir (pour le moment) décroché la magistrature suprême, Jean-Luc Mélenchon peut au moins se targuer d'avoir su faire fructifier cette "autre voix".

La VIe République au cœur de son programme. Jean-Luc Mélenchon mise sur le programme de l'Avenir en commun, axé sur la justice sociale, fiscale et écologique. Comme d'autres à gauche, il propose la hausse du smic et la sortie du nucléaire. Il veut aussi un plan massif d'investissement dans la transition écologique et renforcer la taxation des plus riches. Enfin, et c'est une proposition de longue date, il rêve de mettre en place une VIe République.

Valérie Pécresse

Valérie Pécresse. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

"Aujourd'hui, pour la première fois de son histoire, le parti du général de Gaulle, de Georges Pompidou, de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, va se doter d'une candidate à l'élection présidentielle." Le 4 décembre 2020, Valérie Pécresse a plié le match face à Eric Ciotti en s'imposant avec 60% des voix lors du congrès des Républicains. Elle a aussi terrassé celui qui était alors le favori de cette course à l'investiture, Xavier Bertrand. La présidente de la région Ile-de-France est donc la candidate LR de cette présidentielle.

Elle a gravi tous les échelons politiques. A 54 ans, Valérie Pécresse peut se targuer d'un beau CV comme la République peut en offrir. Enarque, elle entre au Conseil d'Etat avant d'être nommée conseillère technique à l'Elysée sous la présidence de Jacques Chirac. Elle se frotte au suffrage universel en devenant députée des Yvelines en 2002 puis elle est élue conseillère régionale d'Ile-de-France sur la liste conduite par Jean-François Copé deux ans plus tard. En 2007, elle entre au gouvernement de François Fillon comme ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle fait notamment voter la loi sur l'autonomie des universités qui est fortement contestée dans la rue. Valérie Pécresse s'est d'ailleurs félicitée pendant les débats LR d'avoir "tenu" face aux contestataires. Elle est nommée ministre du Budget en 2011, puis porte-parole du gouvernement. En 2015, elle parvient à arracher la région Ile-de-France à la gauche en s'imposant face à Claude Bartolone, successeur de Jean-Paul Huchon. Elle est réélue lors des élections régionales de juin 2021, ce qui constitue la parfaite rampe de lancement pour sa candidature à la présidentielle.

Sécurité et pouvoir d'achat pour son programme. Pour cette première élection, celle qui se présente comme "la dame de faire" veut être candidate du "choc du pouvoir d'achat" et de la sécurité. Elle promet notamment une hausse des salaires de 10% jusqu'à 2,2 smic net et veut permettre aux Français de convertir leurs RTT en salaire, sans charges patronales. Pour "ramener l'ordre", Valérie Pécresse propose des brigades "coup de poing" dans les quartiers sensibles, un "plan de sauvetage pour la justice" ou une politique de "visa contre retour de clandestins" sur l'immigration.

Philippe Poutou

Philippe Poutou. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Il se lance pour la troisième fois dans la course à la présidentielle. Philippe Poutou, 54 ans, fils de postier et ouvrier dans l'automobile, est le porte-parole du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste). Des discussions ont eu lieu pendant plusieurs mois pour un éventuel rapprochement avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon mais elles n'ont finalement pas abouti. Philippe Poutou a officialisé sa candidature fin août, lors de l'université d'été du NPA dans l'Aude.

Des petits scores en 2012 et 2017. En 2012, Philippe Poutou recueille 1,15% des suffrages et 1,09% en 2017. A l'époque, il avait mené campagne avec le slogan "Nos vies, pas leurs profits" contre le système capitaliste. Il se fait aussi remarquer lors des débats télévisés, où il n'hésite pas à égratigner les autres prétendants à l'Elysée, en particulier François Fillon et Marine Le Pen. Trois ans plus tard, il est la tête de liste "Bordeaux en luttes" qui réunit le NPA, La France insoumise et des "gilets jaunes" lors des municipales dans la capitale girondine. Il est élu conseiller municipal à l'issue du second tour.

Un parcours de syndicaliste et d'ouvrier. Il commence à militer au lycée chez Lutte ouvrière, avant de rejoindre en 2000 la Ligue communistre révolutionnaire (LCR), qui deviendra le NPA. Ouvrier de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde), où il est aussi syndicaliste de la CGT, Philippe Poutou se bat contre la fermeture de son usine mais est licencié en 2019. Il se présente aux élections législatives de 2007 en Gironde, sans être élu, et conduit la liste du NPA aux régionales de 2010 en Aquitaine.

Un programme ancré à l'extrême gauche. Sans surprise, son programme bouge peu par rapport à ses précédentes candidatures. Interdiction des licenciements, réduction du temps de travail à 32 heures sur quatre jours, rétablissement de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, instauration d'une sixième semaine de congés payés… Le candidat souhaite aussi régulariser les sans-papiers, instaurer ou revenu d'autonomie pour les 16-25 ans ou créer un million de postes dans les services publics.

Fabien Roussel

Fabien Roussel.  (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Sa candidature remet le PCF en pleine lumière. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, portera la voix du vieux parti de Georges Marchais à la présidentielle. Une première depuis 2007. Lors des deux dernières élections, en 2012 et 2017, le PCF s'était rangé derrière Jean-Luc Mélenchon. Cette fois-ci, plus question de s'effacer derrière le leader "insoumis". Au contraire, les communistes font tout pour se distinguer de leurs anciens camarades.

Un ex-journaliste. A la barre donc, Fabien Roussel, partisan de longue date d'une candidature autonome du PCF à la présidentielle. En 1997, l'ancien journaliste entre en politique à l'âge de 28 ans comme conseiller com de Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au Tourisme. Il est élu, pour la première fois, en 2014, comme conseiller municipal à Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Trois ans plus tard, il entre à l'Assemblée nationale comme député du Nord. Fin 2018, il s'impose face à Pierre Laurent à la tête du PCF.

Des accusations d'emploi fictif. Le candidat communiste s'est retrouvé dans la tourmente après la publication, fin février, d'une enquête de Mediapart qui assure n'avoir retrouvé aucune trace de son activité en tant qu'ancien assistant parlementaire de l'ex-député du Nord Jean-Jacques Candelier. D'où la question : Fabien Roussel a-t-il été rémunéré pendant cinq ans grâce à des fonds de l'Assemblée nationale alors qu'il travaillait en réalité pour le PCF ? Sur Europe 1, le candidat s'est vigoureusement défendu, assurant que son travail se retrouvait "dans tous les discours, les questions écrites, les lois déposées par Jean-Jacques Candelier". 

Le programme des "jours heureux". "Fabien Roussel, la France des jours heureux", proclame le slogan officiel de sa campagne. Afin de rendre la banane aux Français, le député affiche un programme résolument communiste : la retraite à 60 ans, la semaine de 32 heures, une augmentation des pensions de retraite et du smic, à 1 500 euros net. Le candidat a également promis, s'il est élu, le permis de conduire gratuit pour les moins de 25 ans.

Eric Zemmour

L'ancien journ (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

"J'ai décidé de prendre notre destin en main." Le 30 novembre, Eric Zemmour a mis fin au (faux) suspense qui durait depuis des mois. L'ancien journaliste et polémiste de 63 ans a annoncé, dans une vidéo sur les réseaux sociaux, sa candidature à l'élection présidentielle. Reprenant les codes de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, Eric Zemmour y estime qu'il "n'est plus temps de réformer la France, mais de la sauver !" Partisan d'une union des droites et rêvant de ressusciter le RPR, le candidat d'extrême droite a créé, en décembre 2021, son propre parti, Reconquête !, qui attire notamment les déçus des Républicains ou du Rassemblement national.

De la presse écrite à la télévision. Auteur à succès de plusieurs essais qui ont fait polémique, il a d'ailleurs commencé sa campagne par une tournée pour promouvoir son dernier livre La France n'a pas dit son dernier mot. En se lançant en politique, Eric Zemmour est passé de l'autre côté du miroir. C'est la presse écrite qui lui met le pied à l'étrier – Le Quotidien de Paris, L'Express, Le Figaro – avant qu'il ne se fasse remarquer par la télévision. Il se fait notamment connaître du grand public grâce à l'émission "On n'est pas couché", animée par Laurent Ruquier, où il croise le fer avec Eric Naulleau entre 2006 et 2011. De 2019 à 2021, il gonfle les audiences de CNews en intervenant dans l'émission de Christine Kelly, "Face à l'info".

Des condamnations judiciaires. C'est lors de ses multiples rendez-vous télévisuels que le polémiste crée la controverse et voit ses propos attaqués en justice. Il a ainsi été condamné pour la troisième fois, le 17 janvier, pour "provocation à la haine et à la violence" et "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur origine" après ses déclarations sur les mineurs isolés, qu'il avait qualifiés, fin novembre 2020, sur CNews, de "voleurs", "violeurs" et "assassins". Eric Zemmour a fait appel en dénonçant "une condamnation idéologique et stupide".

Un programme centré sur l'immigration. Sans surprise, Eric Zemmour défend un programme centré sur les questions régaliennes et de sécurité. Il veut "une immigration zéro", préconise l'expulsion des détenus étrangers pour qu'ils effectuent leur peine dans leur pays d'origine ou la déchéance de nationalité pour les binationaux délinquants. Le candidat mise aussi sur ses propositions sur l'éducation comme le rétablissement d'études à l'entrée en 6e, la suspension des allocations familiales des parents d'élèves violents ou absentéistes ou encore l'interdiction de la "propagande idéologique".

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