Assassinat d'Yvan Colonna en prison

Résumé de la rubrique

Dans la matinée du 2 mars 2022, et pendant plus de 8 minutes, Yvan Colonna, condamné à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac, a subi une attaque violente de la part d'un codétenu, au sein de la salle de sports de la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône). Le militant indépendantiste corse a été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire. Après trois semaines dans le coma, Yvan Colonna est mort le 21 mars dans un hôpital de Marseille.L'homme accusé de l'avoir agressé, Franck Elong Abe, a été mis en examen pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste". C'est déjà pour ce dernier motif que ce trentenaire, parti faire le jihad en Afghanistan et partisan de l'idéologie islamiste, avait été condamné en 2015 à neuf ans de prison. Une information judiciaire a été ouverte et l'enquête s'attachera à "retracer avec la plus grande minutie le parcours en détention" de l'agresseur, a annoncé, Jean-François Ricard, procureur de la République à la tête du Parquet national antiterroriste (Pnat), le 6 mars. Selon un rapport consulté par franceinfo, deux caméras de vidéosurveillance étaient bien installées dans la salle de sport où l'agression a eu lieu, mais aucun des deux agents pénitentiaires chargés de regarder les images n'a vu l'agression.Dans les jours suivant l'agression du militant nationaliste, les manifestations se sont multipliées sur l'île à l'appel d'étudiants, de lycéens, d'organisations nationalistes ou de syndicats accusant l'Etat de porter une lourde responsabilité. Des rassemblements souvent émaillées de heurts avec les forces de l'ordre. Le 28 mars, 13 policiers et un gendarme ont été blessés lors de rassemblements devant deux casernes, à Ajaccio et à Furiani, près de Bastia.