EDITO. Corse : Gérald Darmanin de retour pour discuter autonomie

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sest rendu en Corse, début février 2023, pour discuter d’un nouveau statut pour l’île, sept mois plus tard, il y retourne pour une visite de deux jours à la rencontre des maires.
Article rédigé par franceinfo
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Gérald Darmanin se rend en Corse pour discuter de l'autonomie de lîle. Photo du ministre de l'intérieur le 7 juin 2023 qui s'exprime face à la presse suite au 4e comité stratégique sur l'avenir de la Corse. (GLENN GERVOT / MAXPPP)

Gérald Darmanin participera à l’assemblée générale des maires de Corse les 13 et 14 septembre 2023. Il sera également reçu par le président de l’exécutif, l’autonomiste Gilles Simeoni. Le locataire de la place Beauvau est attendu de pied ferme. Les négociations engagées entre le gouvernement et les élus insulaires tournent au dialogue de sourd. L’objectif est d’accoucher d’un nouveau statut pour l’île. Sauf que les rendez-vous manqués, les voyages annulés, et les réunions reportées se succèdent et le processus est au point mort.

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Des visions différentes de l’autonomie cohabitent sur l'île

Les élus corses attendaient de Paris une feuille de route. Emmanuel Macron leur a demandé de se mettre d’accord sur des propositions communes. Début juillet, une majorité de l’Assemblée de Corse, rassemblant tous les courants autonomistes, a adopté une motion qui réclame l’octroi d’un pouvoir législatif étendu, sauf dans les domaines régaliens, mais aussi la "reconnaissance juridique du peuple corse" ou encore un statut de "co-officialité pour la langue corse".

Sauf qu’une minorité, l’opposition de droite, s’y est opposée et demande un simple "pouvoir d’adaptation des lois françaises aux spécificités corses". Résultat, deux textes différents ont été transmis à Paris. Emmanuel Macron, lui, s’est contenté de fixer deux lignes rouges : la Corse restera dans la République et les Corses ne bénéficieront pas d’un statut spécifique de résident.

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Le gouvernement a lancé ce processus dans l’urgence, au printemps 2022. À quelques semaines de la présidentielle, il s’agissait de ramener le calme à tout prix alors que l’île avait été secouée par des émeutes après la mort d’Yvan Colonna, l’assassin du préfet Érignac, tué en prison par un détenu radicalisé. "Pas de tabou" répétait alors Gérard Darmanin qui avait même évoqué la perspective de l’autonomie.

Depuis, le gouvernement semble vouloir gagner du temps. Les élus insulaires s’écharpent. Déçue par leurs aînés, une frange de jeunes militants nationalistes menace de replonger dans la violence. Et la Corse, gouvernée depuis huit ans par les autonomistes, accumule le retard économique. L’été 2023, elle est même la seule région française à avoir accusé un net recul de la saison touristique.

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