Mort d'Yvan Colonna : la commission d'enquête de l'Assemblée nationale rendra ses conclusions le 25 mai

Cette commission d'enquête a entendu une soixantaine de personnes. Pour le député Jean-Félix Acquaviva, son président, l'audition d'une surveillante de prison n'a fait que renforcer les "contradictions" et les "zones d'ombre" dans cette affaire.
Article rédigé par France Info
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Des manifestants tiennent des portraits d'Yvan Colonna portant la mention "En mémoire" lors d'une manifestation à la suite de la mort du nationaliste corse et tueur condamné du préfet Erignac Yvan Colonna, à Ajaccio, le 3 avril 2022. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

La commission d'enquête de l'Assemblée nationale, chargée de faire la lumière sur le décès en prison d'Yvan Colonna, rendra ses conclusions le 25 mai, a appris franceinfo, lundi 24 avril, auprès du président de cette commission, Jean-félix Acquaviva. Depuis le début de ses travaux en janvier dernier, la commission a entendu une soixantaine de personnes.

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Le 15 mars dernier, la commission d'enquête avait évoqué lors d'une conférence de presse un possible "effacement de données" sensibles au sein de l'administration pénitentiaire. Au coeur de ces soupçons : des alertes émises par une surveillante de la prison d'Arles, la veille de l'agression d'Yvan Colonna par un codétennu, Franck Elong-Abé. 

Selon la commission, ces alertes ne lui ont jamais été remontées et n'apparaissaient pas non plus dans le logiciel en question. Interrogé par franceinfo, Jean-felix Acquaviva avait expliqué qu'"à compter du 29 janvier 2022, jusqu'aux faits, il n'y avait plus aucune trace d'aucune observation. Tout cela est très troublant et ne peut qu'alimenter le fait qu'on essaye de cacher quelque chose."

Un changement d'attitude de Franck-Elong Abé

Auditionnée par cette commission le 4 avril dernier, la surveillante à l'origine de ces observations a de son côté affirmé en avoir rendu compte oralement à ses supérieurs hiérarchiques. Elle racontait notamment avoir surpris une conversation entre trois détenus dont l'un avait dit "je vais le tuer", la veille de l'agression d'Yvan Colonna. Devant la commission d'enquête elle a cependant assuré n'avoir pas renseigné par écrit cette alerte dans le logiciel Genesis car "[elle] ne savai[t] pas qui avait parlé, ni de qui il parlait".

Cette surveillante dit aussi avoir observé un changement d'attitude de Franck-Elong Abé quelques semaines avant l'agression, notamment le fait qu'il vidait progressivement sa cellule. Sur ce point elle affirme avoir rentré ces observations par écrit dans le logiciel. Selon Jean-Felix Acquaviva cette observation n'apparaissait pourtant pas dans l'extraction du logiciel fournie à la commission d'enquête."J'ai peut-être mal validé ou fait une mauvaise manipulation", a reconnu la surveillante.

Pour Jean Felix Acquaviva, toujours à franceinfo, cette audition n'a fait que renforcer les "contradictions" et les "zones d'ombre" dans cette affaire. Le député de Haute-Corse estime que la possibilité d'une procédure judiciaire sur cette question "est toujours sur la table."

Condamné pour l'assassinat du préfet de Corse, Claude ​Érignac, Yvan Colonna purgeait une peine à perpétuité à la maison centrale d'Arles. Le 2 mars 2022, il a été frappé et étouffé par Franck Elong-Abé, un codétenu radicalisé. Il est mort de ses blessures quelques semaines plus tard.

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