L'indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, est mort, annoncent ses avocats

Condamné pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en février 1998, l'indépendantiste corse était hospitalisé depuis 19 jours à Marseille après son agression à la prison d'Arles par un co-détenu.

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Une photo du détenu corse Yvan Colonna prise le 4 juillet 2003, en Corse. (ARCHIVES / AFP)

L'indépendantiste corse Yvan Colonna est mort lundi 21 mars au soir, près de trois semaines après son agression à la prison d'Arles, a appris franceinfo auprès de l'avocat de sa famille. "La famille d'Yvan Colonna confirme son décès ce soir à l'hôpital de Marseille. Elle demande que son deuil soit respecté et ne fera aucun commentaire", annonce Me Patrice Spinosi. 

Condamné pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en février 1998, Yvan Colonna était hospitalisé depuis 19 jours à Marseille. Il se trouvait entre la vie et la mort après son agression à la prison d'Arles par un co-détenu. Le nationaliste corse a été victime "d'une strangulation à mains nues, puis d'un étouffement", selon le parquet national antiterroriste (PNAT).

"L'heure est au recueillement et dans un second temps, les responsabilités qui apparaissent avec évidence devront être assumées par les intéressés, a réagi sur franceinfo Me Emmanuel Mercinier-Pantalacci, avocat d'Yvan Colonna.

"Je voudrais que la famille puisse se recueillir et dans quelques jours nous reprendrons les actions judiciaires que nous avons engagées."

Me Emmanuel Mercinier-Pantalacci, avocat d'Yvan Colonna

à franceinfo

Ces actions visent à faire reconnaître "la responsabilité de ceux qui le sont, notamment au regard du statut de détenu particulièrement signalé qui a été maintenu et au regard de l'interdiction qui a été faite à Yvan Colonna de purger la peine près de son foyer contrairement à ce que prévoit la loi."

Une enquête ouverte par le parquet national antiterroriste

Une enquête avait été ouverte le 3 mars par le parquet national antiterroriste et l'agresseur d'Yvan Colonna, Franck Elong Abe, avait été mis en examen le 6 mars pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste". Cet homme, âgé de 35 ans, avait alors été placé en détention provisoire. Franck Elong Abe purgeait plusieurs peines dont une de neuf ans pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme". Il avait expliqué son acte lors de sa garde à vue "par ce qu'il considérait comme des blasphèmes" proférés ces derniers mois par Yvan Colonna, avait expliqué le procureur de la République antiterroriste, Jean-François Ricard.

Depuis cette agression, de très nombreuses manifestations violentes avaient eu lieu en Corse à l'appel d'élus nationalistes et de mouvements de jeunesse corse, notamment à Bastia et Ajaccio, en soutien à Yvan Colonna, mais plus globalement pour demander une plus forte reconnaissance et une meilleure autonomie de l'île.

Il y a quatre jours, le 17 mars, la justice avait suspendu la peine de l'indépendantiste "pour motif médical". Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, quant à lui, avait été à la rencontre des élus de l'île la semaine dernière. Un premier cycle de réunion débutera en avril sur "l’ensemble des problématiques corses, parmi lesquelles figure l’évolution institutionnelle vers un statut d’autonomie qui reste à préciser", avait expliqué sur franceinfo le président du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni à l'issue de cette visite ministérielle.

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