"Il y a une confiance rompue entre le gouvernement et les Français" : le regard européen sur la crise

Comment réagissent nos voisins européens face à la montée du virus et le couvre-feu qui se profile en France ? Jon Henley, correspondant du Guardian, et Bjørn Willum, correspondant de la Radio danoise (DR), sont invités du 23h de franceinfo pour apporter leur vision européenne.

En Grande-Bretagne, il n'y aura plus non plus de fêtes privées. Les mesures prises dans le pays sont-elles en lien avec celles prises en France ? "Je pense que le mot couvre-feu fait un peu peur, choque, on associe à la guerre, l'occupation. Mais si on regarde les mesures, le troisième niveau d'alerte en Grande-Bretagne contient des mesures tout aussi sévères. Les gens n'ont pas le droit de rencontrer des personnes avec qui ils n'habitent pas. Chaque gouvernement doit faire face à une augmentation exponentielle du nombre de cas. Beaucoup de Britanniques comprennent je pense", analyse le correspondant du Guardian, Jon Henley.

Du côté danois, quel regard a-t-on sur futur couvre-feu français ? "Ce qui me frappe, c'est que la confiance est rompue entre le gouvernement et les Français depuis le début de la crise. Au Danemark, ça a été géré de façon diamétralement opposée. Pourtant, le Danemark et la France avaient la même stratégie au début, en fermant les écoles et en renvoyant les gens chez eux. Mais après, tout a été différent. On a dit 'Sortez, mais testez-vous et écartez-vous'. En France, on a tout confiné, mais on a laissé les gens se regrouper", commente Bjørn Willum.

"Vivre avec le virus"

A-t-on fait les choses à l'envers en France ? "Il est vraiment trop tôt pour pouvoir dire qui a bien et qui n'a pas bien fait. On doit vivre avec ce virus pendant plusieurs mois, peut-être jusqu'en 2022. C'est très difficile en Europe de dire qu'un gouvernement a absolument tout bien fait", estime Jon Henley.

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Jon Henley, correspondant du Guardian.
Jon Henley, correspondant du Guardian. (FRANCEINFO)