Coronavirus : les 20 réponses à vos questions les plus fréquentes sur la maladie

#OnVousRépond : Franceinfo mobilise ses équipes pour tenter de répondre à vos interrogations sur l'épidémie de Covid-19. Cet article est consacré aux questions de santé.

#OnVousRépond sur le coronavirus : les 18 réponses à vos questions les plus fréquentes sur la maladie
#OnVousRépond sur le coronavirus : les 18 réponses à vos questions les plus fréquentes sur la maladie (QUENTIN TOP / HANS LUCAS)

La France traverse une grave crise sanitaire avec l'épidémie de Covid-19, qui suscite des interrogations légitimes. Franceinfo reçoit ainsi des milliers de questions dans les domaines les plus variés. Pour y répondre, les équipes du numérique, de la radio et de la télévision sollicitent des médecins, des experts, les pouvoirs publics et autres spécialistes pour vous apporter des réponses précises et vérifiées.

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Vous retrouverez ici quelques-unes des réponses apportées dans le cadre de notre opération #OnVousRépond et réparties dans trois articles distincts, organisés par thématiques : celle liée au confinement, à la santé et à l'organisation du travail et de l'emploi.

Celui-ci concerne les questions autour de la dimension sanitaire de la crise. Nous répondons à vos interrogations autour des symptômes, modes de transmission du virus, des profils des malades, sur les traitements mis en place, les masques de protection et plus généralement sur l'épidémie ainsi que la gestion sanitaire des autorités.

Vos questions sur les symptômes

Quels symptômes doivent nous alerter ?
– @BD

Ils sont peu spécifiques : maux de tête, douleurs musculaires et fatigue, explique l'Institut Pasteur. La fièvre et les signes respiratoires arrivent souvent deux ou trois jours après les premiers symptômes. Par ailleurs, certains patients signalent une perte de goût et d'odorat (sans pour autant avoir le nez bouché) comme symptôme secondaire, mais ce n'est pas systématique. Il est également possible de ne ressentir que de faibles symptômes, voire de se sentir parfaitement en forme (cas "paucisymptomatiques" – peu de symptômes – ou "asymptomatiques").

   
    (AWA SANE / FRANCEINFO)

Le site maladiecoronavirus.fr a été mis en place pour évaluer votre situation. Référencé par le ministère de la Santé, il peut donner des premières indications mais ne remplace pas le diagnostic posé par un médecin pendant une consultation.

Quelle est la durée de contagion du coronavirus ?
– @Ral

La durée de l'incubation est en moyenne de 3 à 7 jours, avec des extrêmes allant de 2 à 14 jours, ce qui justifie la période de quarantaine de deux semaines, précise l'Institut Pasteur. La contagiosité semble débuter avec l'apparition des symptômes, voire quelques jours avant, pour certains sujets. Elle serait plus importante chez les personnes symptomatiques, notamment celles qui toussent.

    
     (AWA SANE / FRANCEINFO)

J'ai des symptômes de la maladie (toux, maux de tête, gorge irritée, sensation de fièvre) alors que le thermomètre reste proche de 37. Comment savoir si je suis positif et, dans ce cas, qui appeler ?
– @chrisfromparisaIl

Il convient de réserver les appels au Samu (15) aux difficultés respiratoires graves, afin de ne pas engorger les urgences. En cas de symptômes légers, il faut se tourner vers son généraliste. En l'absence de symptômes, il faut respecter les mesures barrières. Le ministère de la Santé a résumé la marche à suivre dans le visuel suivant.

    
     (MINISTERE DE LA SANTE)

Vos questions sur la transmission du virus

Est-ce que le virus se transmet en touchant des objets ?
– @John

Le coronavirus Sars-CoV-2 peut se transmettre si vous touchez un objet porteur du virus, et que vos mains touchent ensuite votre visage. C'est la raison pour laquelle on insiste tant sur l'importance de se laver les mains fréquemment et d'éviter de se toucher le visage. La durée pendant laquelle il peut survivre sur ces surfaces est, en revanche, toujours difficile à établir. Les autorités recommandent d'avoir recours à des produits d'entretien courants pour nettoyer les objets, comme de l'eau de Javel ou un nettoyant ménager.

Notez qu'on ne sait pas exactement si le virus peut demeurer dans l'air, certains épidémiologistes contredisant la position officielle de l'OMS.

Peut-on se servir de vinaigre ménager à 14 % pour désinfecter les surfaces ou les objets ?
– @Catherine Auz

La direction générale de la santé "ne relève aucune situation où [le vinaigre] est spécifiquement recommandé face à l'épidémie". Pour nettoyer les surfaces des cuisines ou salles de bains, elle conseille plutôt d'utiliser l'eau de Javel, quand c'est possible. "La Javel, explique-t-elle, est un virucide [elle détruit le virus], ce qui n'est pas le cas du vinaigre blanc. Même s'il y a d'autres produits détergents qui sont des désinfectants efficaces, autant recommander la Javel, qui est connue de tous."

N'est-il pas dangereux d'acheter au marché ou au supermarché des fruits et légumes frais quand tout le monde les a tâtés ?
– @Lucie Dubois

Il n'y a pas de risque direct en mangeant des fruits et des légumes, car la transmission du virus ne se fait pas par voie digestive. Il convient simplement de bien les laver en revenant des courses. La plupart des marchés dans l'Hexagone ont été interdits (sous réserve d'une demande de dérogation du maire auprès du préfet) surtout parce que les clients n'y effectuaient pas la distanciation sociale.

Le principal danger au supermarché n'est pas de poser votre main sur une boîte de biscuits, c'est de toucher votre visage pendant que vous faites vos courses (et que vous touchez des boîtes de biscuits sur lesquelles se trouvent peut-être des goutelettes laissées par d'autres clients). C'est la porte d'entrée la plus facile pour le virus dans votre organisme, puisqu'il se transmet par voie respiratoire.

Voici les bons gestes à adopter

Les bons gestes lorsqu\'on fait ses courses.
Les bons gestes lorsqu'on fait ses courses. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Vos questions sur le profil des malades

Est-ce que le coronavirus est mortel pour les enfants ? A-t-il le même effet que chez les adultes ?
– @Safya

Non, il n'a pas le même effet, répond le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique sur le Covid-19. "Les enfants peuvent être infectés, ils peuvent être sources de contamination, mais pour des raisons qu'on ne connaît pas encore bien, ils ne font quasiment pas de forme grave. Ce sont les données que nous avions en Chine et ce sont les premières données que nous avons en France."

Est-il vrai que 50 à 75% des personnes contaminées sont asymptomatiques ?
– @matt

Ces chiffres viennent d'une étude menée par l'université de Florence dans la ville de Vo' Euganeo. Cette commune de 3 000 personnes, en Vénétie, a été l'une des premières confinées, dès la fin février. Les tests qui y ont été effectués sur 95% des habitants montrent qu'entre 50 et 75% des patients positifs au Covid-19 sont asymptomatiques. Ces personnes "représentent une formidable source de contagion", alerte Sergio Romagnani, professeur d'immunologie clinique, cité par La Repubblica (en italien). En effet, les personnes ignorant être malades sont plus susceptibles de contaminer les autres.

Pour l'heure, nous n'avons pas d'éléments pour affirmer s'il s'agit d'un cas particulier ou d'une statistique généralisable. Cette étude montre cependant qu'"isoler les personnes sans symptôme est essentiel pour contrôler la diffusion du virus" comme l'indique le professeur Sergio Romagnani. A Vo' Euganeo, les trois semaines de quarantaine ont permis de passer de 88 cas à 7 en moins de dix jours, comme le souligne Ouest-France.

Est-il vrai que le maladie ne touche que les gens âgés ?
– @Mari

C'est faux. Le directeur de la santé a rappelé à plusieurs reprises que 50% des patients hospitalisés en réanimation sont âgés de moins de 60 ans. De quoi tordre le cou à l'idée selon laquelle seules les personnes âgées sont menacées par le virus. D'ailleurs, même s'il s'agit d'un cas rare, une adolescente de 16 ans a succombé au Covid-19.

Bonjour, je suis atteint par une BPCO de type II et d'emphysème aux poumons, dois-je me considérer comme personne à risque ?
– @Dominique D.

Le Haut Conseil à la santé publique a émis des recommandations pour certains patients à risque de formes sévères. "La protection de ces personnes est un impératif qui ne pourra être atteint que par le respect de mesures de prévention strictes", écrit l'organisme. La bronchopneumopathie chronique obstructive (ou BPCO), votre maladie chronique, est bien mentionnée dans ces cas à surveiller de près en cas d'infection :

• Les personnes âgées de 70 ans et plus ;
• Les patients aux antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée, accident vasculaire cérébral ou coronaropathie, chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
• Les diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie ;
• Les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale ;
• Les patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée et les malades atteints de cancer sous traitement.

Ma mère est allergique au paracétamol. En cas de fièvre, que peut-elle prendre ?
– @Ana

La prise d'ibuprofène est déconseillée, car elle pourrait être un facteur d'aggravation de l'infection au coronavirus, même si cette hypothèse n'est pas encore étayée par une publication scientifique. Les anti-inflammatoires sont des anti-douleurs efficaces, mais ils ont un effet immunosuppresseur – c'est-à-dire qui inhibe l'activité du système immunitaire. Les chercheurs s'interrogent donc sur d'éventuels risques lors d'une infection.

Nous vous recommandons de demander l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Il ne faut en aucun cas recourir à l'auto-médication.

Vos questions sur les masques de protection

Les masques en tissu sont-ils efficaces ?
– @Charlotte

Voici ce que recommande la Société française d'hygiène hospitalière : "Ne pas utiliser d'autres types d'écrans à la place des masques chirurgicaux (masques en tissu, masques en papier, chiffons noués derrière la tête) du fait de données scientifiques concernant leur efficacité (étanchéité) très rares." Il s'agit donc d'un pis-aller.

Peut-on faire don de masques FFP2 "périmés" (datant de l'épidémie de H1N1) aux professionnels de santé ?
- Tetelou

Ce serait une bonne initiative. Le CHU de Toulon distribue d'ailleurs des masques périmés à son personnel. "Comme on n'a plus que ça, alors le Laboratoire national de métrologie et d'essais nous a autorisés à les utiliser, en nous confirmant qu'ils étaient encore valables", explique un syndicaliste à France Bleu Provence. L'Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a distribué deux millions de ces masques périmés et estime que la date de péremption entraîne surtout une fragilité des élastiques.

>> Coronavirus : pourquoi la France manque-t-elle de masques de protection respiratoire ?

Il est possible de faire des dons en ligne sur les sites internet de nombreux hôpitaux publics, comme celui du CHU de Bordeaux, du CHU de Nice, de l'AP-HP ou encore de l'hôpital Lannelongue du Plessis-Robinson pour la région parisienne, celui de Strasbourg... Avec une recherche internet ("don + nom de l'hôpital"), il est possible de trouver une page sécurisée sur le site des établissements.

Le gouvernement a autorisé, le 27 mars, l'utilisation de masques FFP2 périmés depuis moins de deux ans, à condition d'"avoir été stockés dans les conditions de conservation conformes à celles prévues par le fabricant ou le distributeur".

Vos questions sur l'épidémie

Je n'ai pas encore bien compris comment l'épidémie peut se terminer.
– @Bl

L'épidémie peut se terminer "quand on a atteint un seuil assez important de personnes infectées qui vont être immunisées et au travers desquelles le virus ne circulera plus, a répondu l'infectiologue Karine Lacombe, cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. C'est un peu le principe de la vaccination, sauf que là c'est une vaccination au contact du virus. Mais on va développer des anticorps et le virus va arrêter de circuler."

Bonjour, on sait que le test de dépistage permet de voir si on est atteint par le virus, mais est-il possible de savoir si on a déjà eu la maladie et qu'on a développé des anticorps ?
– @Marie

Pas pour le moment. Les personnes qui vont être hospitalisées, le personnel soignant et les personnes qui ont des comorbidités (troubles et maladies associés comme le diabète) font aujourd'hui l'objet de tests biologiques ("PCR"), qui recherchent le génome du virus. Par la suite, des tests sérologiques permettront de chercher les anticorps et de "savoir exactement combien de personnes ont été en contact avec le virus et sont donc immunisées", a précisé le directeur général de la santé Jérôme Salomon. "Ils sont complémentaires avec les premiers tests."

>> Epidémie de coronavirus : huit questions sur les tests de dépistage

Qu'est-ce que la "deuxième vague" évoquée par Emmanuel Macron lors de son allocution ?
– @Gglr

"Dans une épidémie généralisée, les personnes qui sont atteintes en premier, ce sont les plus fragiles", répond l'infectiologue Karine Lacombe. Puis le virus se transmet à travers ce qu'on appelle une "deuxième vague", avec d'autres types de personnes, notamment les enfants "qui ne développent quasiment pas de symptômes", poursuit la spécialiste. "Les enfants transmettent le virus facilement, ils sont très proches des parents. C'est cette deuxième vague-là que l'on attend dans les pandémies majeures." 

Vos questions sur la gestion sanitaire

Quid des cliniques et hôpitaux privés ? Participent-ils à la mobilisation médicale ?
–@Alain05

Alors qu'ils ont rapidement proposé leurs services, les établissements privés ont attendu longtemps une réaction des pouvoirs publics, mais celle-ci a fini par arriver fin mars. 

>> Coronavirus : comment les cliniques se préparent à soutenir les hôpitaux publics qui vont faire face à un afflux de malades

Les agences régionales de santé ont demandé aux établissements privés de reporter les interventions chirurgicales programmées, afin libérer les places en réanimation et soulager les hôpitaux publics. Ces structures figurent donc en deuxième ou en troisième ligne, derrière les structures hospitalières publiques.

Pourquoi la France semble comptabiliser uniquement les décès en milieu hospitalier ? Est-ce une façon de minimiser les cas ?
-@Fred

Le fait que Jérôme Salomon ne parle que des morts en milieu hospitalier traduit surtout le fait que c'est le seul chiffre fiable dont on dispose à ce stade. Il a annoncé mercredi 25 mars que les décès dans les Ehpad seront bientôt recensés et centralisés, afin d'avoir une vision plus juste de la situation.

>> Coronavirus : comment le ministère de la Santé comptabilise-t-il les morts liées à l'épidémie ? 

Par ailleurs, Santé publique France a commencé à calculer la surmortalité liée à l'épidémie, comme les chiffres de la canicule, qui nous sont arrivés sous leur forme consolidée fin juillet pour la canicule de juin 2018. On vous explique dans cet artice comment marche la "surveillance syndromique" de la population.

Pourquoi avons-nous attendu quinze jours de trop pour le confinement ?
– @Mino

"Vers la mi-février, j'avais une série d'informations mais peut-être que nous n'avions pas suffisamment perçu la gravité de cet événement, a répondu sur France 2 Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique sur le Covid-19. C'est quelque chose de tout nouveau, cela dépasse tout ce que j'ai vu jusqu'à maintenant. On pourra refaire l'histoire, mais le problème n'est plus là."

>> "Une erreur stratégique de ne pas dire 'confinement'" pour combattre le coronavirus : pourquoi le discours d'Emmanuel Macron est critiqué

Le premier ministre Edouard Philippe a fustigé lors de sa conférence de presse du 28 mars tous ceux qui le critiquent à ce sujet : 'Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement."

Quand connaîtra-t-on les résultats du tests sur la chloroquine ?

– @Vianney

Cette molécule, popularisée par le médiatique professeur Didier Raoult de Marseille, fait partie du test mené (notamment) par l'Inserm en plus d'autres agences européennes. Les premiers résultats du test sont attendus début avril, indique la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal.

En attendant, l'ARS de Nouvelle Aquitaine fait état de plusieurs hospitalisations de patients ayant pris de la chroloroquine en auto-médication. Elle est d'ailleurs uniquement autorisée comme traitement contre le Covid-19 en milieu hospitalier et déconseillée en médecine de ville.

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