Ecologie, immigration, institutions... Quels sont les programmes des candidats aux élections européennes ?

Le 26 mai, les Français sont appelés à voter pour leurs représentants au Parlement européen. Ils auront pour cela le choix entre 34 listes, un record. Franceinfo vous résume les programmes des candidats les plus cités par les instituts de sondage. 

Les principaux candidats aux élections européennes, le 4 avril 2019, lors d\'un débat organisé par France 2.
Les principaux candidats aux élections européennes, le 4 avril 2019, lors d'un débat organisé par France 2. (BERTRAND GUAY / AFP)

C'est un record pour une élection européenne. Quelque 34 listes ont été validées, soit 2 686 candidats qui se jetteront dans la bataille des européennes pour espérer convaincre les électeurs le 26 mai. De Lutte ouvrière au Rassemblement national, les formations politiques habituelles représentent à elles seules une petite quinzaine de listes, déjà régulièrement prises en compte par les instituts de sondage dans leurs enquêtes d'intentions de vote. Trois listes sont issues du mouvement social des "gilets jaunes"Franceinfo vous résume les programmes proposés par les formations les plus régulièrement citées dans les enquêtes d'opinion. 

Le programme de La République en marche

Après moult tergiversations, c'est finalement Nathalie Loiseau, ex-ministre des Affaires européennes, qui a été choisie pour mener la liste LREM pour les européennes. Ce n'est que le 9 mai que le parti présidentiel a dévoilé son programme pour ces élections.

• L'économie. Nathalie Loiseau projette la mise en œuvre d'un smic "adapté à chaque pays européen", ainsi que la poursuite de la réforme du travail détaché. L'ex-patronne de l'ENA souhaite également la création d'une taxation européenne des grandes entreprises de l'économie numérique (plus de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires) afin de faire en sorte que les entreprises soient "taxées là où elles réalisent leurs profits".

• L'écologie. La transition écologique figure en première position du programme de Nathalie Loiseau. Pour y parvenir, l'ancienne ministre propose d'investir "au moins 1 000 milliards d'euros" d'ici 2024 "pour développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition". Autres pistes avancées : la création d'une Banque du climat pour orienter l'épargne européenne vers la croissance verte ou la taxation du carbone des produits importés en Europe.

• La sécurité et l'immigration. Le parti d'Emmanuel Macron souhaite dans ce domaine "l'harmonisation des critères de l'asile", "l'augmentation des effectifs de garde-frontières et de garde-côtes" et la "sauvegarde" de l'espace Schengen dans lequel "chaque Etat devra participer à l'effort commun".

• Les institutions. Petite révolution proposée par LREM : le pouvoir de soumettre des textes ne serait plus seulement l'apanage de la Commission européenne mais également du Parlement. La majorité présidentielle propose aussi de diminuer le nombre de commissaires européens et souhaite qu'une pétition signée par un million de citoyens soit soumise aux institutions. Enfin, elle préconise l'organisation d'"une conférence pour l'Europe qui réunira les dirigeants européens, des citoyens tirés au sort et des spécialistes de domaines-clés". Le but ? "Réunir les pays fermement décidés à avancer conjointement et rapidement en matière sociale, fiscale, budgétaire ou stratégique."

Le programme du Rassemblement national

C'est Jordan Bardella, conseiller régional d'Ile-de-France, qui conduit la liste du Rassemblement national pour les européennes. L'ex-parti frontiste a ouvert un site dédié aux élections européennes, sur lequel on trouve un document d'une vingtaine de pages, présenté à la mi-avril, consacré au projet pour ces élections et intitulé "Pour une Europe des nations et des peuples". Un "Manifeste pour une nouvelle coopération en Europe" (PDF), de plus de 70 pages, est également disponible.

• L'économie. Dans la droite ligne des précédentes campagnes, le RN plaide pour "un patriotisme économique", qui se traduirait notamment par l'abrogation de la directive sur le travail détaché et la fin du "dogme de la libre concurrence". Le parti d'extrême droite souhaite aussi mettre fin à la très symbolique PAC (Politique agricole commune) en lui substituant "une grande politique agricole française". Autre aspect majeur de ce programme, souligné par Le Figaro : "Ni la sortie de l'Union européenne, ni l'abandon de l'euro ne sont abordés. Deux points pourtant cardinaux de sa précédente campagne européenne, en 2014." A la place, le Rassemblement national plaide pour une réforme de la politique de la Banque centrale européenne (BCE).

• L'écologie. Si le RN ne fourmille pas d'idées en la matière, il mise tout de même sur un nouvel axe fort de sa campagne : la promotion du "localisme" "en détaxant les circuits courts et en surtaxant les importations mondialisées anti-écologiques".

• La sécurité et l'immigration. Le parti de Marine Le Pen estime qu'il est "urgent de protéger les frontières extérieures de l'Europe" et souhaite pour cela le rétablissement "des contrôles aux frontières nationales". Autres propositions ayant trait à la politique migratoire : "la refonte du système d'asile", "l'arrêt de l'immigration légale", "l'expulsion des clandestins" et "la priorité nationale pour les aides". Vient, tout de suite après, la lutte contre l'islamisme, qui passe par deux mesures : l'expulsion "des islamistes étrangers" et la fermeture "des mosquées radicales".

• Les institutions. Dans ce domaine, le Rassemblement national fait une proposition radicale : la suppression de la Commission européenne, accusée de symboliser à "elle seule les erreurs et les dérives inacceptables des institutions européennes". A la place, le Parlement et le Conseil européen verraient leurs fonctions redéfinies. L'initiative législative serait ainsi dévolue au Conseil, composé des représentants de chaque gouvernement national.

Le programme des Républicains

Du côté du parti Les Républicains, c'est François-Xavier Bellamy, adjoint au maire de Versailles et professeur de philosophie, qui a été choisi pour conduire la liste. Le programme pour les européennes, présenté le 16 mars, est accessible sur le site du parti. Près de 75 propositions y sont formulées et réparties en cinq chapitres : "L'Europe frontière", "L'Europe civilisation", "L'Europe puissance", "L'Europe projet" et "L'Europe efficace". Le parti a également mis en place un robot sur Facebook pour répondre aux questions des internautes sur le sujet. 

• L'économie. Les Républicains préconisent de "mettre en place une double préférence, européenne et française", face aux produits étrangers, "sur le modèle du 'Buy American Act'". Ils proposent en outre d'"imposer la stricte réciprocité de négociations dans l'ouverture des marchés publics avec nos partenaires étrangers", de maintenir "intégralement le budget de la PAC", de "rétablir la préférence communautaire dans le domaine agricole" et de réviser la directive sur les travailleurs détachés.

• L'écologie. Le parti de droite entend "instaurer une 'barrière écologique' avec la mise en œuvre de droits de douane antipollution sur les produits importés de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales ou sociales".

• La sécurité et l'immigration. Les Républicains veulent réformer le "Code frontières Schengen" "pour pérenniser le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures" ainsi que le traitement des demandes d'asile en-dehors des frontières européennes, "en amont de l'immigration en Europe" et "en refusant l'ouverture de nouveaux centres d'accueil européens". Le parti suggère également un triplement du budget consacré aux garde-côtes et aux garde-frontières, ainsi que le rapatriement "systématique" des bateaux de migrants sur les côtes africaines, ou un fichier européen des personnes faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire.

• Les institutions. Les candidats emmenés par François-Xavier Bellamy refusent encore tout nouvel élargissement de l'UE ou extension de l'espace Schengen. Les troupes de Laurent Wauquiez souhaitent en outre "faire de Strasbourg le siège unique du Parlement européen" et refusent tout rassemblement des institutions européennes exclusivement à Bruxelles. Le parti propose enfin un "grand soir des compétences", en limitant le pouvoir normatif de la Commission européenne "au strict nécessaire" et en "consacrant l'initiative législative aux seuls Parlement européen et Conseil européen".

Le programme de La France insoumise

C'est Manon Aubry, ex-porte-parole d'Oxfam, qui a été choisie pour mener la liste de La France insoumise aux européennes. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a publié dès le début de l'année 2019 son programme long de 36 pages, qui s'intitule "L'Avenir en commun, en Europe aussi !"

• L'économie. En la matière, LFI propose de "bloquer la contribution française au budget européen tant que l'UE continue de promouvoir une politique d'inégalités" et de "refuser les coupes aveugles dans la PAC". Le parti veut également l'abolition de la directive des travailleurs détachés, l'instauration d'un "smic dans chaque pays européen à 75% du salaire médian" et refuse "l'ouverture à la concurrence et la privatisation des services publics".

• L'écologie. Défendue lors de la campagne présidentielle, la proposition d'introduire "une règle verte au niveau européen", c'est-à-dire "l'interdiction de prélever davantage à l'écosystème que ce qu'il est capable de supporter", est reprise. Autres idées : la révision à la hausse des objectifs de réduction des émissions de CO2, l'interdiction des perturbateurs endocriniens, l'adoption d'une charte européenne des droits des animaux et d'un plan de sauvegarde pour la biodiversité en Europe, l'élaboration d'un plan européen de sortie concertée du charbon et du nucléaire et la mise en place d'une taxe carbone aux frontières. Un volet est également consacré à l'agriculture avec notamment le développement de l'agriculture écologique et paysanne mais aussi la sortie des pesticides, des néonicotinoïdes et des OGM.

• La sécurité et l'immigration. Quelques lignes sont consacrées à la "lutte contre le terrorisme". La France insoumise préconise, par exemple, de "renforcer Europol pour identifier et surveiller la grande majorité des jhadistes" ou de "lutter contre le financement des réseaux terroristes". Concernant les migrations, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon souhaite "créer un corps européen civil de secours et de sauvetage en mer pour éviter les milliers de noyés en Méditerranée" et propose aussi de "refonder la politique européenne de contrôle des frontières extérieures"

• Les institutions. La liste emmenée par Manon Aubry propose d'abord de sortir des traités européens actuels et la reconnaissance d'un "droit à la désobéissance aux règles européennes". Ils souhaitent également réviser les traités afin que "le pouvoir d'initiative des actes législatifs" revienne au Parlement européen, et non à la Commission, comme c'est le cas actuellement. Eux aussi défendent l'idée que le Parlement européen ne se réunisse qu'à Strasbourg.

Le programme d'Europe Ecologie-Les Verts

C'est Yannick Jadot, eurodéputé lors de la précédente législature, qui est en charge de mener le combat aux européennes pour le compte d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Un site "pour le climat" a été spécialement créé pour ces élections. On y trouve un manifeste intitulé "Sauver l'Europe pour sauver le climat" ainsi qu'un plan d'action. On y découvre ainsi une frise chronologique de 2019 à 2024 sur l'action qui sera conduite par les écologistes s'ils obtiennent la majorité au Parlement.

• L'économie. EELV souhaite "une économie zéro carbone" avec la fin des "soutiens, directs et indirects, publics et privés, vers les énergies fossiles". Le parti écologiste s'engage également dans la suppression des accords de libre-échange, comme le Ceta. Autre point : la mise en place d'un "protectionnisme vert" avec l'instauration d'"une taxe socio-environnementale aux frontières". Une banque européenne "du climat et de la diversité" sera aussi créée avec le lancement d'un "grand plan d'investissement de 100 milliards d'euros par an pour la sobriété, l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable". Un "fonds social pour la transition écologique" sera enfin instauré avec la mise en place d'une "taxe sur les transactions financières".

• L'écologie. C'est la première ambition d'Europe Ecologie-Les Verts : "Adopter un traité environnemental et promouvoir le protectionnisme vert pour faire de l'écologie la priorité de l'Europe". Pour cela, plusieurs mesures : l'instauration d'une justice environnementale avec un parquet chargé de "lutter contre les écocrimes et les écocides", la création d'un "vaste patrimoine écologique terrestre et marin" et la fin de tous les produits toxiques, que ce soient les pesticides ou les perturbateurs endocriniens. Un plan de lutte contre l'obsolescence programmée sera mis en place.

• La sécurité et l'immigration. Les écologistes plaident pour une "politique d'asile réformée et unifiée". "Construisons une Europe capable d'assumer la question de l'accueil des hommes et des femmes que le fracas du monde a jetés sur les routes au péril de leur vie, une Europe capable de continuer à assurer la paix sur le continent", écrivent-ils.

• Les institutions. Europe Ecologie-Les Verts souhaite créer une "constituante européenne" d'ici à 2024 afin de "consolider la séparation des pouvoirs, renforcer le pouvoir au Parlement (...) et adopter comme fondements un socle de droits civiques, sociaux et environnementaux". Une Haute Autorité pour la transparence verra aussi le jour, tandis que "des référendums européens, thématiques, contraignants, d'initiative citoyenne ou parlementaire" seront institués. 

Le programme du PS et de Place publique

Pour la première fois de son histoire, les socialistes ne verront pas l'un des leurs porter leurs couleurs aux européennes. C'est Raphaël Glucksmann, fondateur du mouvement Place publique, qui sera la tête de liste de cette nouvelle alliance dont le programme, intitulé "Envie d'Europe", a été dévoilé le 6 mai.

• L'économie. La liste emmenée par le philosophe propose de mettre en place "un pacte finance-climat-biodiversité" pour financer "les nouveaux investissements nécessaires à la transition écologique" avec la mobilisation de 400 milliards d'euros de prêts et de subventions par an, dont 50 à 60 milliards pour la France. Les dépenses liées à la transition écologique seront, par ailleurs, sorties "du calcul des 3% de déficit public". Une concertation sera également lancée pour instaurer un salaire minimum au sein de l'UE tandis qu'un minimum vieillesse européen sera proposé.

• L'écologie. Ce pacte "finance-climat-biodiversité" permettra de financer notamment "un plan de rénovation des logements et des bâtiments publics et privés", d'accélérer "le déploiement d'énergies renouvelables" ou de développer "l'agro-écologie".Une taxe sur le kérosène de tous les vols internes en Europe est aussi proposée. Une demande sera formulée à la Commission européenne pour réexaminer le sujet sensible du glyphosate afin "de défendre son interdiction à l'échelle européenne".

• La sécurité et l'immigration. Raphaël Glucksmann propose "une version européenne et solidaire de l'opération de secours en mer Mare Nostrum", la fin du règlement de Dublin et la mise en place de "visas humanitaires et de voies légales de migrations".

• Les institutions. "Les pouvoirs du Parlement face au Conseil et à la Commission" seront renforcés, une Haute Autorité européenne pour la transparence de la vie publique sera créée tandis que l'initiative citoyenne européenne, qui permet aux habitants de l'UE de proposer des changements juridiques, sera plus facile d'accès.

Le programme de Génération.s

C'est Benoît Hamon, ancien candidat à la présidentielle du Parti socialiste, qui est la tête de liste de Génération.s, le mouvement qu'il a fondé après son départ du PS. L'ancien ministre de l'Education a publié début avril sur son site "21 engagements pour un printemps européen".

• L'économie. C'est l'une des mesures phares de Génération.s : la mise en place d'un "Green New Deal", un grand plan d'investissement d'un montant de 500 milliards d'euros par an pour financer la transition écologique. Un "bouclier bio" sera instauré pour financer "le coût du passage à l'agriculture biologique" en puisant dans les fonds de la PAC et en taxant les importations hors UE de produits alimentaires non biologiques. Benoît Hamon souhaite aussi l'instauration d'un ISF européen et d'un "salaire minimum dans tous les Etats membres". S'inspirant de ses propositions pour la présidentielle, l'ancien socialiste veut "avancer vers un revenu universel européen" et "taxer les robots".

• L'écologie. "Pour sauvegarder la biodiversité et le bien-être animal", le mouvement de gauche veut créer une Cour européenne de l'environnement. Les polluants et perturbateurs endocriniens seront interdits tout comme l'exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste en Europe. 

• La sécurité et l'immigration. A rebours de la droite qui prône beaucoup plus de fermeté dans ce domaine-là, Génération.s souhaite mieux accueillir les migrants en mettant fin "aux opérations de renvoi des personnes interceptées" dans la Méditerranée et en créant "une agence indépendante de recherche et de sauvetage".

• Les institutions. A l'instar d'Europe Ecologie-Les Verts, Générations.s prône l'établissement d'une "Assemblée constituante européenne", chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Le mouvement souhaite aussi la reconnaissance de l'union entre deux personnes du même sexe, quel que soit le pays européen. 

Le programme de Debout la France

C'est le président de Debout la France lui-même, Nicolas Dupont-Aignan, qui est est tête de liste pour ces élections européennes. Il a notamment été rejoint par le "gilet jaune" Benjamin Cauchy, en neuvième position sur sa liste. Leur programme pour les européennes, intitulé "Pour une Europe des nations", est présenté sur le site AmoureuxdelaFrance2019.fr.

• L'économie. Onze propositions sont détaillées, parmi lesquelles : "annuler la directive des travailleurs détachés", "garantir 75% des marchés publics aux PME nationales et européennes", "instaurer une 'préférence économique européenne' pour protéger nos industries, nos emplois et notre agriculture". Nicolas Dupont-Aignan propose également de "récupérer immédiatement 80% des 9 milliards d'euros que les Français versent en excédent à l'Union européenne". 

• L'écologie. Debout la France veut "inventer les énergies du futur comme le panneau solaire à haut rendement énergétique" ou "chercher des substituts non polluants aux glyphosates".

• La sécurité et l'immigration. Ces sujets constituent l'axe fort de la campagne de Nicolas Dupont-Aignan. Il promet ainsi de "supprimer les accords de Schengen pour contrôler les frontières nationales", de "rendre aux Etats le contrôle exclusif de leur politique migratoire", d'"expulser systématiquement les clandestins et les criminels étrangers" ou de "suspendre l'immigration familiale".

• Les institutions. Comme d'autres, Nicolas Dupont-Aignan veut "supprimer la Commission européenne". Il propose aussi de "garantir un droit de veto aux 5 pays européens représentant 66% de la population du continent". Plus symbolique, Nicolas Dupont-Aignan souhaite faire du français "la langue de travail au sein de l'Europe à la place de l'anglais après le Brexit"

Le programme du Parti communiste

Le Parti communiste – dont Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement, est la tête de liste – a créé un site spécifique pour les européennes : Europedesgens.fr. Une partie est dévolue au programme dont l'orientation est d'"en finir avec la construction libérale de l'Union européenne".

• L'économie. Le PCF plaide pour "la mise en place d'un système européen de salaire minimum" ou "l'interdiction des délocalisation dès lors qu'un site est bénéficiaire". Autre proposition : lutter contre l'évasion fiscale par "la territorialisation de l'impôt et le prélèvement à la source pour les entreprises".

• L'écologie. Ian Brossat préconise l'"instauration d'un service public de la rénovation énergétique" ainsi que l'élaboration d'"une stratégie industrielle écologiquement soutenable"

• La sécurité et l'immigration. Le PCF propose de "réorienter l'agence Frontex vers le sauvetage en mer", de "délivrer des visas humanitaires au plus près des zones de tension", d'"organiser la refonte globale du règlement de Dublin en supprimant la notion de premier pays entrant" pour les demandeurs d'asile et l'"interdiction du délit de solidarité".

• Les institutions. Renforcer "l'implication des citoyens dans les décisions européennes" : voilà ce que propose le Parti communiste. Concrètement, cela passerait par "l'implication des assemblées élues, au premier lieu le Parlement national, dans le processus d'élaboration des décisions européennes". 

Le programme de l'UDI

C'est Jean-Christophe Lagarde, président de l'Union des démocrates et indépendants, qui est la tête de liste de son parti pour ces européennes. Un site spécialement conçu pour ces élections, Les-européens.eu, a également été mis sur pied et propose "des grands projets fédérateurs pour relancer l'Europe !" 

• L'économie. "Harmoniser la fiscalité des entreprises" mais aussi rapprocher "des niveaux de protection sociale en même temps que la fiscalité des entreprises" ou encore instaurer le "principe de cotisations des travailleurs dans le pays d'activité", c'est ce que propose l'UDI. Le parti pro-européen veut également "augmenter le budget de la PAC en faveur des exploitants en difficulté grâce à la disparition du rabais britannique".

• L'écologie. Sur le modèle du Livret A, l'UDI plaide pour la création d'un Livret E "pour financer des grands projets environnementaux et d'avenir en Europe". Le parti veut aussi "lancer une croisade verte contre le continent plastique""devenir le leader mondial des transports à hydrogène" et "financer la recherche de produits de substitution au glyphosate et au cuivre".

• La sécurité et l'immigration. Pour lutter contre le "terrorisme et le grand banditisme", l'UDI souhaite la création d'un "FBI européen" et d'"un parquet européen". Autre idée : "la création d'une agence européenne des migrations" ou d'"une cyber-armée européenne".

• Les institutions. Plusieurs propositions sont formulées : "la fin des veto qui paralysent l'Europe avec la généralisation du vote à la majorité qualifiée sur les sujets économiques et sociaux", la validation des commissaires européens par un avis conforme d'au moins 40 eurodéputés, l'élection au suffrage universel du président du Conseil européen ou la mise en place d'un référendum européen citoyen.

Le programme des Patriotes

C'est Florian Philippot, ex-conseiller de Marine Le Pen et député européen sortant, qui sera la tête de liste des Patriotes, mouvement dont il est le président. Il a été rejoint par la liste "Jaunes et citoyens", emmenée par Jean-François Barnaba.  Onze engagements sont détaillés sur le site des Patriotes tandis que les propositions sont formulées sous forme d'affiches illustrées

• L'économie. C'est l'axe fort de la campagne de Florian Philippot : la sortie de la France de l'Union européenne. A partir de là, ses propositions sont formulées à l'échelle nationale comme l'augmentation du smic de 300 euros en cinq ans, l'augmentation des petites retraites ou une plus grande progressivité de l'impôt sur le revenu.

• L'écologie. Ce "Frexit" permettrait, selon Florian Philippot, de "se libérer de l'emprise et de l'influence des lobbies". "Au lieu de consacrer notre énergie à sauver l'euro, nous sauverons la planète", affirme l'eurodéputé.

• La sécurité et l'immigration. La sortie de l'Union européenne est "le seul moyen de retrouver les frontières nationales". "Sans frontières nationales, impossible d'avoir une politique de lutte contre l'immigration massive efficace", est-il écrit. 

• Les institutions. Les Patriotes veulent mettre en place le référendum d'initiative citoyenne (RIC) ainsi que la proportionnelle à toutes les élections. 

Le programme de Lutte ouvrière

C'est Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, qui conduit la liste aux européennes "Contre le grand capital, le camp des travailleurs". Une brochure d'une quarantaine de pages détaille le programme, complétée par une circulaire.

• L'économie. Lutte ouvrière demande "d'interdire les licenciements et de créer des emplois pour les chômeurs". Le parti trotskiste propose aussi d'"augmenter les salaires d'au moins 300 euros" et d'"imposer l'indexation des salaires et des retraites sur les prix". Aux manettes, Lutte ouvrière abolira également la directive européenne sur le secret des affaires.

• L'écologie. Pas de proposition forte à ce sujet mais un plaidoyer : "Il est urgent d'enlever aux groupes privés la direction de l'industrie, des transports, et d'organiser l'économie de façon rationnelle, planifiée, pour répondre aux besoins du plus grand nombre, tout en préservant l'environnement", écrit Lutte ouvrière.

• La sécurité et l'immigration. La liste de Nathalie Arthaud prône "la liberté de circulation et d'installation pour tous", car "chaque année, des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants qui fuient des dictatures infâmes, des pays ravagés par les guerres ou simplement la misère, se noient en Méditerranée".

• Les institutions. "Notre projet pour l'Europe est celui des Etats-Unis socialistes d'Europe, premier pas vers une république socialiste universelle", plaide le parti de Lutte ouvrière.

Le programme de l'UPR

C'est François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine, qui est tête de liste pour ces élections. Comme Florian Philippot, ce dernier prône la sortie de l'Union européenne. Le programme de l'UPR n'est pas encore disponible sur le site du parti mais il a été communiqué à franceinfo.

• L'économie. La sortie de l'UE permettra de "créer des emploi et de redonner du pouvoir d'achat", assure l'UPR. "En adoptant une monnaie nationale, la France redeviendra compétitive à l'exportation", poursuit la formation politique. Le "Frexit" permettra aussi de "stopper les délocalisations" et l'"évasion fiscale". 

• L'écologie. "Libérés de la tutelle européenne, nous développerons une politique ambitieuse de souveraineté alimentaire au niveau national fondée sur les méthodes modernes d'agriculture biologique et familiale", affirme l'UPR. Le parti souverainiste propose aussi "de développer la permaculture à grande échelle"

• La sécurité et l'immigration. Peu de propositions sur ce sujet si ce n'est qu'en plus de quitter l'UE, la France devrait aussi sortir de l'Otan afin de retrouver "son indépendance militaire et diplomatique". "Libérée de l'Otan et de l'Union européenne, la France deviendra une puissance de paix", peut-on lire.  

• Les institutions. En sortant de l'UE, la France pourra rendre "aux représentants élus par les citoyens le pouvoir de légiférer librement". L'UPR propose aussi de donner "enfin aux citoyens le pouvoir direct de légiférer" en instaurant "le référendum d'initiative citoyenne en toutes matières".

Le programme de l'Alliance jaune

C'est l'une des trois listes de "gilets jaunes" déposées pour ces européennes. L'Alliance jaune est emmenée par le chanteur Francis Lalanne et le "gilet jaune" Jérémy Clément est troisième sur la liste. Ils ne disposent pas encore de site internet et se déclarent "apartisans".

• L'économie. L'Alliance jaune défend plusieurs propositions, notamment la taxe Tobin (une taxe sur les transactions financières internationales) ou la taxation du kérosène lourd.

• L'écologie. L'Alliance jaune propose de reconnaître les ressources naturelles comme des entités morales.

• Les institutions. "Nous allons créer dans toute la France des permanences européennes qui deviendront des hauts lieux de démocratie, explique Francis Lalanne à L'Obs. Le peuple viendra y voter les lois, que nos députés iront porter à Bruxelles."

Pour les autres listes, vous pouvez retrouver leur programme sur leur site internet : Alliance royale ; "La Ligne claire" ; Parti pirate ; La Révolution est en marche ; Parti des citoyens européens ; "Urgence écologie"Dissidence française ; Parti fédéraliste européen ; Mouvement pour l'initiative citoyenneAllons enfants ; Décroissance 2019 ; A voix égales ; Neutre et Actif ; Parti révolutionnaire communiste ; "Espéranto, la langue commune équitable pour l'Europee" ; Evolution citoyenne ; Parti animaliste ; Les Oubliés de l'Europe ; Union démocratique pour la liberté égalité fraternité ; Union pour une Europe au service des peuples