Européennes : des "gilets jaunes" rejoignent la liste de Philippot pour "donner des réponses crédibles au pouvoir d'achat"

La liste Jaunes et citoyens pour les élections européennes a rejoint celle des Patriotes, dirigée par Florian Philippot. Ils se sont entendus sur la sortie de la France de l'Union européenne. 

Florian Philippot, le président des Patriotes, en janvier 2019 à Paris. 
Florian Philippot, le président des Patriotes, en janvier 2019 à Paris.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

L'alliance s'est jouée "en moins de 72 heures". Une dizaine de "gilets jaunes" et Les Patriotes, menés par Florian Philippot, se rassemblent sur une liste commune en vue des élections européennes. "Nos deux mouvements ont décidé d'unir leurs forces en faisant liste commune pour ces élections européennes", précisent dans un communiqué commun, diffusé mardi 30 avril, le président des Patriotes et Jean-François Barnaba. 

A 62 ans, ce dernier est une figure du mouvement des "gilets jaunes" dans le département de l'Indre. Fonctionnaire au statut "momentanément privé d'emploi" depuis près de dix ans, selon les informations de L'Obs, l'ancien directeur départemental de la culture, du patrimoine et du tourisme est l'un des "gilets jaunes" régulièrement invités par les médias.  

Jusque-là opposé au Rassemblement national

A la suite de cette annonce, Jean-François Barnaba a été épinglé sur Twitter par Aude Lancelin. La journaliste, qui était la directrice du Média (proche de La France insoumise), a publié un extrait d'une interview accordée par le "gilet jaune" au site : Jean-François Barnaba y redoutait "une formidable percée de ceux que nous jugeons néfastes pour l'avenir de notre république" lors des européennes, en visant notamment les idées du Rassemblement national, ex-Front national, que Florian Philippot a quitté en 2017.   

"Je suis en train d'essayer de mettre en place les premières briques d'un front souverainiste social qui aille de la gauche de la gauche jusqu'à M. Philippot" se justifie aujourd'hui le "gilet jaune" de l'Indre, contacté par franceinfo. Jean-François Barnaba explique que, pour lui, "assimiler Phillippot à l'extrême droite est une aberration". Florian Philippot a été, pendant six ans, le bras droit de Marine Le Pen. De 2012 à 2018, l'ancien partisan de Jean-Pierre Chevènement a été l'artisan de la stratégie de dédiabolisation du Front national.

Les "gilets jaunes" en position non éligible

Jean-François Barnaba avait d'abord tenté de constituer une liste de "gilets jaunes" pour les élections européennes, avant d'y renoncer pour des raisons financières. La figure du mouvement assure auprès de franceinfo "ne pas avoir agi par dépit" en acceptant la proposition de Florian Philippot. Il explique que c'est "principalement le fait de programmer une sortie de l'Union européenne" qui l'a décidé à accepter, "car c'est le seul moyen de donner des réponses crédibles au pouvoir d'achat des Français", poursuit-il.

Le communiqué commun, signé avec Florian Philippot, explique ainsi que les revendications des deux formations "largement partagées (plus de pouvoir d'achat, plus de démocratie directe, plus de justice fiscale et sociale), ne sont possibles que si la France sort du carcan de l'Union européenne et de l'euro".

Les partis politiques ont jusqu'à vendredi pour déposer leur liste en vue des élections européennes, qui se tiendront le 26 mai. Depuis mardi 30 avril, c'est chose faite pour la liste Ensemble, patriotes et gilets jaunes. Parmi les dix "gilets jaunes" présents sur cette liste, aucun n'est en position éligible, assure Jean-François Barnaba.