Culture : faut-il financer les fondations privées ?

France 2 s'intéresse aux Fondations d'art privées, de plus en plus répandues, et aux exonérations fiscales dont elles bénéficient.

FRANCE 2

Le groupe de luxe LVMH, le bijoutier Cartier ou le promoteur immobilier Emerige ; de plus en plus d'entreprises investissent dans la culture. Pour elles, ces fondations d'art privées sont de formidables vitrines. Alors pourquoi sont-elles financées en partie par l'État français ? Dans un ancien entrepôt du Marais à Paris, les Galeries Lafayette viennent d'inaugurer un atelier d'artistes et 1 000 m2 d'exposition. Une autre forme de communication pour le groupe. Au total, 60% du coût de cette fondation ont été déduits des impôts de la société, c'est le cas pour toutes les entreprises qui font du mécénat.

L'exonération a décuplé entre 2004 et 2017

Idem pour le groupe LVMH qui ne communique pas sur le budget de la Fondation Louis Vuitton et estime que les oeuvres doivent être mises en lumière plutôt que les chiffres. Selon le magazine Marianne, ces chiffres sont pourtant astronomiques : la construction aurait coûté 800 millions d'euros, dont 610 à la charge de l'État, défiscalisée. À la fin du bail, en 2062, le bâtiment reviendra à la ville de Paris. Entre 2004 et 2017, l'exonération fiscale attribuée aux entreprises mécènes est passée de 90 à 990 millions d'euros. Ce chiffre englobe culture, sport et social, difficile donc de cerner la part de chacun. En 2019, François Pinault va créer son musée dans l'ancienne Bourse de commerce, à Paris. Ce projet, qui coûtera 108 millions d'euros, sera financé entièrement par la famille Pinault, sans exonération fiscale, selon la volonté du milliardaire.

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