"L’usage du masque en population générale n’est pas utile" : en un an, le gouvernement a changé radicalement de position

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Jugés inutiles au début de l'épidémie de Covid-19, les masques sont pourtant devenus peu à peu obligatoires dans de nombreux endroits en France. Une volte-face du gouvernement qui dit s'être appuyé sur des avis scientifiques. 

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Radio France
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Des masques en juillet 2020.  (STÉPHANIE BERLU / RADIOFRANCE)

C'est un changement de discours à 180 degrés. Revenons en mars 2020, la France compte environ 2 000 malades atteints du Covid-19 et 10 jours avant le premier confinement, Olivier Véran, le ministre de la Santé, affirme que porter un masque n'est pas indispensable. "J’insiste, l’usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile. Si vous n’est pas malade ou qu’un médecin ne vous le recommande, il ne faut pas en porter." Une position qui évoluera au fil du temps. 

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En mars dernier, l’Organisation mondiale de la santé ne recommande pas de généraliser le port du masque dans la population et met en avant le risque de se sentir faussement en sécurité. À l'époque, les stocks de l’Etat français sont réservés aux soignants. En pleine pénurie mondiale, il n’est pas possible de se procurer un masque en pharmacie. Lors de son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron reconnaît un raté : "Le moment, soyons honnête, a révélé des failles. Nous n'avons pas pu distribuer autant de masques que nous aurions voulu pour nos soignants." 

Changement de position pour le déconfinement 

Cette doctrine va évoluer au moment de déconfiner les Français. Le 28 avril, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe fait un mea culpa : "Les scientifiques ont eux-mêmes évolué. Au début, beaucoup nous disaient que le port du masque en population générale n’était pas nécessaire, que le risque du mauvais usage était supérieur aux avantages espérés. Et je l’ai dit. Ils nous disent aujourd’hui, parfois les mêmes, qu’il est préférable, dans de nombreuses circonstances, de porter un masque plutôt que de ne pas en porter. Il me revient donc de le dire, et de faire en sorte que cela soit possible." 

Avant la fin du confinement, de nombreux Français se mettent à la couture avec un patron proposé par l’AFNOR, qui n’est pas si simple à réaliser. Les autorités conseillent dans un premier temps de laver les masques grand public à 60 degrés, puis estiment que 30 degrés suffisent. Pour les chirurgicaux, leur prix est plafonné à 95 centimes alors que les commandes peinent au début à arriver de Chine.

Le port généralisé du masque arrive à la fin de l'été 

Si les Français ont désormais des masques, son port n’est pas encore généralisé. Il faudra attendre fin juillet, alors l’épidémie commence à rebondir, pour qu’il soit obligatoire dans les tous les lieux clos. Début août, le département de la Mayenne suit le mouvement ainsi que plusieurs grandes villes en France. À Paris, certaines rues seulement exigent le port du masque avant une généralisation à la fin de l’été. Et c’est avant la rentrée, soit près de trois mois après le premier déconfinement, qu’il devient obligatoire dans les entreprises, les lycées et les collèges. Et en primaire, à la Toussaint. 

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