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Plan de déconfinement, port du masque, tests : le "8h30 franceinfo" d'Olivier Véran

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Le ministre des Solidarités et de la Santé était l'invité du "8h30 franceinfo" mercredi 29 avril.

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Radio France
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Olivier Véran, ministre de la Santé, le 13 février 2019 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, était l'invité de franceinfo mercredi 29 avril. Au lendemain de la présentation du plan de déconfinement par le Premier ministre, le ministre est revenu sur le port du masque et sur la réouverture progressive des écoles, en cette période de confinement dû à l'épidémie de coronavirus Covid-19.

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Eviter les déplacements entre départements "rouges" et "verts"

"C'est très logique" : le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a assuré qu'il faudra "éviter les déplacements entre des territoires (…) très différents sur le plan de la circulation du virus", notamment entre les départements qui seront classés "verts" et "rouges" après le déconfinement le 11 mai. En revanche, ces déplacements ne seront pas formellement interdits.

Le ministre reconnaît que cela repose sur la "responsabilité individuelle et la responsabilité collective". "Si vous habitez dans une zone de circulation active du virus, vous n'avez pas vocation à vous déplacer dans des zones dans lesquelles le virus ne circule pas puisque, par définition, c'est là que vous prenez le risque de faire diffuser le virus plus largement", a-t-il expliqué.

Les tests sont totalement pris en charge par l'Assurance maladie

Le ministre des Solidarités et de la Santé a assuré que les tests sont pris charge en totalité par l'Assurance maladie, et doivent être prescrits par un médecin. "En matière de politique sanitaire en France, lorsque vous avez une épidémie, la prise en charge par l'assurance maladie est extrêmement importante", a-t-il ajouté. 

Les tests seront pratiqués avec "des gens qui sont formés pour faire de l'écouvillonnage, c'est-à-dire le prélèvement, et ensuite rapporter ces écouvillons dans les différents laboratoires qui se sont organisés de façon incroyable dans notre pays pour être capable d'augmenter leurs capacités de tests", a expliqué le ministre.

Les enseignants et tous les personnels de l'Éducation nationale "porteront un masque"

Le ministre de la Santé annonce que l'État distribuera des masques "à ses salariés" et que les enseignants et tous les personnels de l'Éducation nationale "porteront un masque". L'État distribuera des masques à tous ses fonctionnaires, assure le ministre. En revanche, les salariés du privés ou les particuliers recevront des masques par leur employeur ou devront en acheter car ils ne "seront pas gratuits tout le temps pour tous les Français", a-t-il indiqué, et qu'ils pourraient coûter "entre deux et cinq euros".

Olivier Véran a insisté sur le fait que "tout ne relève pas de l'État" dans la distribution des masques : "Il y a beaucoup de choses qui relèvent de l'entreprise. Il y a la loi de l'offre et de la demande. Il y a des pharmacies qui peuvent distribuer et qui sont nombreuses à commander [des masques]. Il y a la grande distribution qui a le pied sur le champignon, prête à pouvoir distribuer. Il y a les collectivités locales, les partenaires sociaux". Il a assuré qu'il y a une "dynamique" et que c'est "une formidable aventure industrielle".

Une quinzaine d'enfants présentent des symptômes graves du coronavirus

Le ministre de la Santé a affirmé qu'une "quinzaine d'enfants présentent des symptômes de fièvres, digestifs et un syndrome inflammatoire vasculaire assez général qui peut provoquer une défaillance cardiaque". Selon le ministre, "à ma connaissance, aucun enfant, heureusement, n'est mort de ces complications qui sont des malades assez rares". Une alerte qui fait suite à l'admission d'une douzaine d'enfants en soins intensifs au Royaume-Uni. Ils avaient développé une forme atypique d'une maladie des vaisseaux sanguins, qui ressemble à la maladie de Kawasaki.

Olivier Véran dit prendre cette alerte "très au sérieux". "Certains [de ces] enfants, en France et en Angleterre, se sont révélés porteurs du coronavirus. Donc c'est quelque chose que je prends, évidemment très au sérieux. Je mobilise la communauté soignante, la communauté scientifique en France et à l'international pour avoir le maximum de données possible, pour voir s'il y a lieu de faire un lien entre le coronavirus et cette forme qui, jusqu'ici n'avait pas été observée nulle part. Donc beaucoup de vigilance et une certaine inquiétude", a-t-il expliqué.

La piste du tocilizumab est "une piste sérieuse" mais "pas suffisamment étayée encore"

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé, lundi 27 avril, avoir obtenu des résultats prometteurs en administrant à des patients un anti-inflammatoire, le tocilizumab, dans le cadre d'un premier essai clinique sur 129 patients. De son côté, Olivier Véran estime que "c'est une piste qui est intéressante, sérieuse", mais "pas suffisamment étayée encore pour pouvoir crier cocorico et considérer que nous aurions un traitement pleinement efficace."

"Je prends cela comme un signe d'espoir", s'est réjoui le ministre, qui se montre toutefois prudent. "J'ai déjà été plusieurs fois déçu par les études lorsqu'elles étaient complètes et sur un nombre de malades suffisant", a-t-il déclaré, alors que seulement 129 patients participent à cet essai clinique de l'AP-HP. "Je peux vous dire que nous poussons cette étude au maximum."

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