Loiseau, Bardella, Bellamy, Jadot, Aubry, Glucksmann... Qui sont les 34 têtes de liste françaises aux élections européennes ?

Alors que les partis traditionnels ont misé sur des visages nouveaux pour incarner leur tête de liste, les partis plus confidentiels tentent, eux, de se faire connaître. Franceinfo revient sur celles et ceux qui incarneront ce scrutin.

Les 12 têtes de listes présentes au premier grand débat télévisé de la campagne des élections européennes, sur le plateau de \"L\'Emission politique\" de France 2, le 4 avril 2019 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). 
Les 12 têtes de listes présentes au premier grand débat télévisé de la campagne des élections européennes, sur le plateau de "L'Emission politique" de France 2, le 4 avril 2019 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).  (BERTRAND GUAY / AFP)

C'est un record. Quelque 34 listes ont été déposées pour les élections européennes qui se dérouleront en France le 26 mai. Les partis traditionnels testés dans les sondages représentent, à eux seuls, une quinzaine de listes. Trois listes sont issues du mouvement des "gilets jaunes" : Evolution citoyenne, l'Alliance jaune ou encore le Mouvement pour l'initiative citoyenne.

Plusieurs autres listes représentent notamment des intérêts catégoriels ou locaux, les européennes ayant régulièrement permis à des formations et mouvements plus ou moins structurés de se faire entendre. Peu de sortants et beaucoup de novices en politique : voilà le visage de celles et ceux qui incarnent ce scrutin. Franceinfo brosse leur portrait.

Nathalie Loiseau (La République en marche)

Nathalie Loiseau, tête de liste La République en marche, le 25 avril 2019 à Paris.
Nathalie Loiseau, tête de liste La République en marche, le 25 avril 2019 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

C'est la (nouvelle) figure de la majorité. L'ancienne ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, s'est lancée dans sa première campagne politique pour ces élections. Il faut dire qu'elle connaît le sujet : cette diplomate de 54 ans a gravi tous les échelons au point d'être nommée directrice générale de l'administration, au Quai d'Orsay, en 2011. Elle est aussi la deuxième femme de l'histoire à avoir dirigé la prestigieuse Ecole nationale de l'administration (ENA).

Côté politique, après avoir été candidate sur une liste d'extrême droite durant ses années étudiantes, elle a longtemps suivi Alain Juppé avant de rejoindre Emmanuel Macron après la présidentielle, puis le gouvernement d'Edouard Philippe pour conduire la politique européenne.

Côté programme, La République en marche n'a dévoilé ses propositions que le 9 mai. Création d'une banque pour le climat, diminution du nombre de commissaires européens ou encore harmonisation de la fiscalité des entreprises : voici quelques-uns des axes de la campagne LREM.

Jordan Bardella (Rassemblement national)

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, le 11 avril 2019 à Paris.
Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, le 11 avril 2019 à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Ascension express au Rassemblement national. A 23 ans, Jordan Bardella, conseiller régional d'Ile-de-France et porte-parole du parti de Marine Le Pen, a été propulsé tête de liste pour les élections européennes. Encarté depuis ses 16 ans, puis président de Génération nation, le jeune homme originaire de Seine-Saint-Denis n'a pas connu que des victoires, avec notamment deux gamelles aux élections départementales de 2015 et aux législatives de 2017.

Cette fois, il compte bien gagner son siège au Parlement européen et tenter de faire de sa liste la plus importante délégation française. Pour parvenir à cet objectif, le Rassemblement national a fortement remanié son programme. Désormais, ni la sortie de l'euro, ni celle de l'Union Européenne ne figure parmi les propositions présentées par Marine Le Pen. Le parti propose plutôt de supprimer la Commission européenne. Il souhaite aussi le rétablissement des contrôles aux frontières et l'arrêt de l'immigration.

François-Xavier Bellamy (Les Républicains)

Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains, le 25 avril 2019 à Paris.
Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains, le 25 avril 2019 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Un jeune philosophe conservateur chez Les Républicains. Pour mener la bataille des européennes, c'est François-Xavier Bellamy, 33 ans, élu de Versailles (Yvelines), qui a été choisi par Laurent Wauquiez. Brillant élève, fervent catholique et agrégé de philosophie, il se lance en politique dès ses 21 ans, sous la mandature de Nicolas Sarkozy. Avec son look de "gendre idéal", François-Xavier Bellamy est aussi devenu le symbole de la droite conservatrice, en raison de ses prises de position contre le mariage pour tous et l'avortement.

La première ligne du programme des Républicains donne le ton : "L'Europe frontière, qui arrête enfin l'immigration de masse, nous défend face au terrorisme islamiste." La défense de l'histoire et de la civilisation européenne vient ensuite. Enfin, la liste porte aussi une volonté de défendre les intérêts des Européens face aux Etats-Unis et à la Chine et la réduction du nombre de normes.

Manon Aubry (La France insoumise)

Manon Aubry, tête de liste La France insoumise, le 11 avril 2019, à Paris.
Manon Aubry, tête de liste La France insoumise, le 11 avril 2019, à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a décidé de se renouveler pour la bataille des européennes. Manon Aubry était encore inconnue du grand public il y a peu. A 29 ans, cette ancienne porte-parole de l'organisation de développement Oxfam est spécialiste de la justice fiscale et des inégalités. Ex-militante à l'Unef et championne de natation, elle s'est lancée la première dans le grand bain de la campagne pour combler son déficit de notoriété. Sur sa liste, elle pourra aussi compter sur le soutien de Manuel Bombard, ex-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, en deuxième position, ainsi que sur celui de... sa mère, en 59e position.

Le profil de Manon Aubry a largement influencé l'axe de campagne de La France insoumise pour les européennes : la lutte contre les inégalités et l'évasion (ou l'optimisation) fiscale. Le programme du mouvement prévoit aussi la procédure de révision des traités fondateurs et le droit à la désobéissance aux règles européennes. Une planification écologique afin d'atteindre 100% d'énergies renouvelables est aussi préconisée, ainsi que l'instauration d'un smic dans chaque pays européen à 75% du salaire médian.

Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts)

Yannick Jadot, tête de liste Europe-Ecologie les Verts, le 11 avril 2019 à Paris.
Yannick Jadot, tête de liste Europe-Ecologie les Verts, le 11 avril 2019 à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Cette fois, Yannick Jadot va au combat (jusqu'au bout). L'éphémère candidat à l'élection présidentielle de 2017, qui s'était désisté au profit de Benoît Hamon, mène la liste écologiste pour les européennes. Du haut de son mètre quatre-vingt-onze, l'ancien directeur des campagnes de Greenpeace compte bien imposer ses idées (et ses candidats). Cofondateur du mouvement Europe-Ecologie et ancien proche de Daniel Cohn-Bendit, il a déjà fait sensation au Parlement européen avec sa lutte contre les traités de libre-échange.

"La planète brûle et L'Europe se meurt." Le mouvement écologiste mise sur l'urgence climatique pour imposer son programme au niveau européen : adopter un traité environnemental, promouvoir le protectionnisme vert, créer une banque européenne du climat, encourager l'agriculture bio... Yannick Jadot souhaite aussi en finir avec les paradis fiscaux en Europe ainsi que lutter contre l'influence des lobbies.

Raphaël Glucksmann (PS-Place publique)

Raphaël Glucksmann, tête de liste Parti socialiste, le 11 avril 2019 à Paris.
Raphaël Glucksmann, tête de liste Parti socialiste, le 11 avril 2019 à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Le Parti socialiste se pare de nouveaux habits pour tenter d'enrayer sa chute politique. Cette fois, c'est l'essayiste Raphaël Glucksmann qui va tenter de relever le défi, malgré les critiques internes. Le fils du philosophe André Glucksmann, 39 ans, a lancé le parti Place publique quelques mois auparavant, afin de tenter de regrouper des forces progressistes à gauche. Mais la liste pour les européennes sera finalement surtout celle du Parti socialiste. Catalogué "bobo parisien" par ses opposants, il est passé politiquement du libéralisme à la critique virulente du macronisme.

Sa liste commune s'est dotée de "10 combats" prioritaires au niveau européen. Au programme : faire passer les citoyens avant les lobbies, lutter contre la pauvreté, défendre les services publics, diminuer les factures énergétiques, mettre en place une fiscalité européenne, ainsi qu'un service européen de la jeunesse.

Benoît Hamon (Génération.s)

Benoît Hamon, tête de liste de Génération.s, lors d\'un débat avec les autres têtes de liste, le 11 avril 2019, à Paris. 
Benoît Hamon, tête de liste de Génération.s, lors d'un débat avec les autres têtes de liste, le 11 avril 2019, à Paris.  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Après son échec cuisant à la présidentielle (6,36%), Benoît Hamon a quitté le PS, en juillet 2017, pour fonder son propre mouvement Génération.s. C'est à ce titre qu'il se présente pour les élections européennes en tant que tête de liste de ce jeune parti. L'ancien député des Yvelines n'a pas répondu favorablement à la main tendue de Raphaël Glucksmann et préféré maintenir sa candidature, accentuant les divisions à gauche.

Il risque pourtant de disparaître du paysage politique : sa liste n'est créditée que de 3 à 4%, en dessous du seuil de 5% permettant d'envoyer des élus au Parlement européen. L'ancien candidat à la présidentielle maintient néanmoins le cap et mise notamment sur sa proposition d'un "Green New Deal", un grand plan d'investissement d'un montant de 500 milliards d'euros par an pour financer la transition écologique.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)

La tête de liste aux européennes, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, à Josselin (Morbihan), le 5 mai 2019.
La tête de liste aux européennes, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, à Josselin (Morbihan), le 5 mai 2019. (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

C'est le président de Debout la France lui-même, Nicolas Dupont-Aignan, qui mène la bataille des européennes pour le compte de son parti. Après son éphémère alliance avec le Front national (devenu Rassemblement national) lors du second tour de la présidentielle, le maire de Yerres (Essonne) est reparti seul en campagne.

Celui qui souhaite redonner aux Etats 80% de leurs compétences a cependant été rejoint par le "gilet jaune" Benjamin Cauchy, neuvième sur la liste. S'il est élu, Nicolas Dupont-Aignan restera-t-il eurodéputé jusqu'au bout ? Rien n'est moins sûr. "Ce qui se passera en 2022, libre à moi de juger selon les circonstances", a-t-il affirmé, en référence à la présidentielle. 

Ian Brossat (Parti communiste)

La tête de liste du PCF pour les européennes, Ian Brossat, lors d\'un débat, le 11 avril 2019 à Paris. 
La tête de liste du PCF pour les européennes, Ian Brossat, lors d'un débat, le 11 avril 2019 à Paris.  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

A 39 ans, Ian Brossat, adjoint au logement d'Anne Hidalgo, mène le combat aux européennes pour le compte du PCF et plaide pour "une harmonisation sociale par le haut" afin "qu'il n'y ait plus un travailleur pauvre sur le continent". Il promet que la lutte contre la fraude fiscale, évoquée par plusieurs concurrents à gauche, "sera le grand combat des parlementaires européens communistes".

Jean-Christophe Lagarde (UDI)

La tête de liste pour les UDI, Jean-Christophe Lagarde, le 25 avril 2019, à Paris. 
La tête de liste pour les UDI, Jean-Christophe Lagarde, le 25 avril 2019, à Paris.  (ERIC PIERMONT / AFP)

Ses idées peuvent sembler proches de celles de La République en marche mais il a préféré faire cavalier seul. A 51 ans, Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis, portera les couleurs de l'UDI dont il est le président. Ce dernier veut rassembler les partisans de l'Union européenne, "le centre, la droite, jusqu'aux orphelins de Jacques Delors", sans "donner de blanc-seing" à Emmanuel Macron. Il défend également l'idée fédéraliste en appelant notamment à la création d'une police et d'un parquet fédéraux.

Florian Philippot (Les Patriotes)

Le leader des Patriotes et tête de liste aux européennes, Florian Philippot, le 29 avril 2019.
Le leader des Patriotes et tête de liste aux européennes, Florian Philippot, le 29 avril 2019. (MAXPPP)

L'ancien conseiller de Marine Le Pen suit depuis septembre 2017 son propre chemin. Florian Philippot sera la tête de liste des Patriotes, mouvement qu'il a fondé avec d'anciens frontistes. Pour les européennes, le parti a fait alliance avec la liste "Jaunes et citoyens", emmenée par Jean-François Barnaba. Leur mot d'ordre : le "Frexit", c'est-à-dire la sortie de la France de l'Union européenne.  

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)

La tête de liste de Lutte ouvrière, Nathalie Artaud, lors de la présentation de son programme pour les européennes, le 29 mars 2019, à Paris. 
La tête de liste de Lutte ouvrière, Nathalie Artaud, lors de la présentation de son programme pour les européennes, le 29 mars 2019, à Paris.  (MAXPPP)

L'héritière d'Arlette Laguiller, Nathalie Arthaud, sera la cheffe de file de Lutte ouvrière pour les européennes. Faute de moyens financiers pour se présenter, le NPA lui a apporté son soutien. Pour Nathalie Arthaud, le sujet central de la campagne des européennes ne devait pas être la question de sortir des traités. Cette dernière propose plutôt comme horizon la création des "Etats-Unis socialistes d'Europe".

François Asselineau (UPR)

Le président de l\'UPR et candidat aux européennes, François Asselineau, le 1er mai 2019, à Paris. 
Le président de l'UPR et candidat aux européennes, François Asselineau, le 1er mai 2019, à Paris.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Il est l'autre visage bien connu du "Frexit". François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine et ex-candidat à la présidentielle, défendra les couleurs de son parti, qui revendique 36 000 adhérents. Son combat : la sortie de l'UE. François Asselineau a pour autant refusé une alliance avec Florian Philippot, qui défend la même idée. "Le fait qu'il ait été vice-président du Front national le discrédite auprès des militants", assure-t-il.

Christophe Chalençon (Evolution citoyenne)

Le \"gilet jaune\" Christophe Chalençon, lors d\'une manifestation des \"gilets jaunes\" à Avignon (Vaucluse), le 30 mars 2019.
Le "gilet jaune" Christophe Chalençon, lors d'une manifestation des "gilets jaunes" à Avignon (Vaucluse), le 30 mars 2019. (MAXPPP)

Il est à la tête de l'une des trois listes de "gilets jaunes" déposées pour ces élections européennes. Forgeron dans le Vaucluse et figure médiatique du mouvement social, Christophe Chalençon portera la liste "Evolution citoyenne". L'homme avait créé la polémique en rencontrant, en février, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles et numéro deux du gouvernement italien, suscitant une crise diplomatique entre la France et l'Italie.

Francis Lalanne (Alliance jaune)

Le chanteur et \"gilet jaune\", Francis Lalanne, annonce la création d\'une liste \"gilet jaune\" pour les européennes, le 17 décembre 2018, à Paris. 
Le chanteur et "gilet jaune", Francis Lalanne, annonce la création d'une liste "gilet jaune" pour les européennes, le 17 décembre 2018, à Paris.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

Il est l'autre visage "jaune" de ces élections européennes. Le chanteur Francis Lalanne mènera une liste de "gilets jaunes" baptisée "Alliance jaune", avec notamment le concours de Jérémy Clément, autre "gilet jaune" médiatique et grand défenseur du RIC. 

Christian Person (UDLEF)

L'Union démocratique pour la liberté égalité fraternité, qui prône "une France au cœur de l'Europe, ouverte sur le monde", a choisi de confier sa liste pour les européennes à Christian Person, un chef d'entreprise breton de 50 ans.

Olivier Bidou (Les oubliés de l'Europe)

Olivier Bidou, chef d'entreprise et président de la Coordination nationale des indépendants, est la tête de liste des Oubliés de l'Europe, qui se présentent comme "une organisation sans étiquette politique qui regroupe des artisans, des commerçants, des professions libérales et des indépendants".

Hélène Thouy (Parti animaliste)

Avocate à Bordeaux mais aussi co-fondatrice de l'association Animal justice droit, Hélène Thouy, 34 ans, représentera le Parti animaliste pour ces élections. Elle pourra, pour défendre la cause animale, compter sur le soutien de l'actrice Brigitte Bardot mais aussi sur celui de Sylvie Rocard, la veuve de Michel Rocard. 

Pierre Dieumegard (Espéranto)

C'est Pierre Dieumegard, le président de la section française du mouvement européen Espéranto, langue commune équitable pour l'Europe prônant "une démocratie linguistique", qui sera tête de liste.

Antonio Sanchez (Parti révolutionnaire-communistes)

Ouvrier métallurgiste, Antonio Sanchez est la tête de liste du Parti révolutionnaire-communistes dont il est le secrétaire national. Son parti, issu d'une scission avec le PCF, milite pour une "Europe anticapitaliste".

Nathalie Tomasini ("A voix égales")

L\'avocate Nathalie Tomasini lors du procès de Sylvie Leclerc qui, en 2012, tua son conjoint d\'une balle dans le coeur pendant son sommeil, le 21 mars 2016 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 
L'avocate Nathalie Tomasini lors du procès de Sylvie Leclerc qui, en 2012, tua son conjoint d'une balle dans le coeur pendant son sommeil, le 21 mars 2016 à Nancy (Meurthe-et-Moselle).  (MAXPPP)

Vous avez sûrement vu son visage à la télévision : Nathalie Tomasini, ancienne avocate de Jacqueline Sauvage, se lance en politique à l'occasion de ce scrutin. Elle sera la tête de liste d'"A voix égales", une liste féministe sur laquelle figure notamment l'une des filles de Jacqueline Sauvage, Sylvie Marot.

Thérèse Delfel (Décroissance 2019)

Enseignante de formation, Thérèse Delfel est à la tête de Décroissance 2019 qui prône donc "une Europe de la décroissance". Cette dernière plaide pour "une sobriété heureuse" qui s'articule autour de "trois axes majeurs" : "produire une partie de sa nourriture", "se rapprocher autant que faire se peut d'un zéro déchet" et "se déplacer en se servant essentiellement de ses jambes, de transports en commun et/ou au moins, de covoiturage".

Sophie Caillaud (Allons enfants)

Elle a 22 ans et finit tout juste ses études à Sciences Po. En attendant d'"intégrer la fonction publique" pour "se mettre au service des autres", Sophie Caillaud, présidente du parti Allons enfants qui ne comprend que des jeunes de moins de 30 ans, sera la tête de liste de ce mouvement géré par des étudiants et des jeunes actifs.

Gilles Helgen (Mouvement pour l'initiative citoyenne)

Chef d'entreprise à Bédée (Ille-et-Vilaine), Gilles Helgen a déjà été candidat en 2009 où il avait récolté 581 votes sur 2,6 millions de votants. Il dirige la liste du Mouvement pour l'initiative citoyenne qui défend le RIC mais dit dans Ouest-France ne pas "vouloir être associé aux 'gilets jaunes'".

Yves Gernigon (Parti fédéraliste européen)

C'est le président et fondateur du PFE, Yves Gernigon, qui conduit la liste aux européennes. Diplômé d'une école d'arts graphiques et de Sciences Po Paris, ce chef d'entreprise de 53 ans dirige une agence de communication institutionnelle et financière. "Je pense que nous devons nous unir pour créer une puissance publique européenne", assure-t-il sur son site. 

Dominique Bourg ("Urgence écologique")

Le philosophe Dominique Bourg lors de la présentation de sa liste \"Urgence Ecologique\", le 18 mars 2019, à Paris. 
Le philosophe Dominique Bourg lors de la présentation de sa liste "Urgence Ecologique", le 18 mars 2019, à Paris.  (MAXPPP)

Le philosophe, professeur à l'université de Lausanne mais aussi ancien vice-président de la Fondation Nicolas Hulot, Dominique Bourg, 65 ans, conduit la liste "Urgence écologie" qui compte notamment dans ses rangs Antoine Waechter, "l'un des inventeurs de l'écologie 'ni de droite ni de gauche'", selon Libération, ainsi que la députée des Deux-Sèvres, Delphine Batho.

Hadama Traoré ("Démocratie représentative")

Militant d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Hadama Traoré, 33 ans, est à la tête du mouvement La Révolution est en marche qui se présente donc aux européennes. Sur Facebook, le mouvement affiche sa volonté de "créer une passerelle entre la banlieue et les 'gilets jaunes'". Injustices sociales, violences policières, logement... Hadama Traoré "ne compte pas ses efforts pour faire remonter la voix de 'la majorité silencieuse'", note le Bondy Blog

Florie Marie (Parti pirate)

"On est proches des Verts en matière idéologique, mais ils n'intègrent jamais le numérique dans le programme. Or, on ne peut pas l'oublier pour faire la transition écologique", résume Florie Marie dans Le Parisien. La jeune femme d'une trentaine d'années est la tête de liste du Parti pirate qui compte une seule élue à Bruxelles, l'Allemande Julia Reda. Déjà plusieurs fois candidate, notamment aux élections législatives de 2017, Florie Marie était auparavant à Europe Ecologie-Les Verts où elle a été chargée des élections et des relations avec les régions. 

Robert de Prévoisin (Alliance royale)

Il est le délégué général de l'Alliance royale, "une formation politique royaliste fondée en 2001", selon le site du parti. Robert de Prévoisin, tête de liste pour ces européennes, avait tenté de se présenter à la présidentielle de 2017 mais avait échoué, faute de parrainages. Pour ces européennes, le mot d'ordre est toujours le même : le retour à la royauté. "Il nous faut un roi, à l'écoute de tous les Français et en même temps garant de l'unité nationale, car il ne doit son pouvoir à aucun parti", déclare-t-il dans un communiqué.

Audric Alexandre (Parti des citoyens européens)

A 29 ans, Audric Alexandre est cadre dans le secteur associatif et enseignant d'anglais à la faculté de Douai. Ce polyglotte, qui parle français, espagnol, italien et anglais, est la tête de liste du Parti des citoyens européens. "Il ne suffit plus de dire qu'on est pro-européens. Il faut le montrer maintenant", assure-t-il dans une interview.

Renaud Camus ("La ligne claire")

Le président du Siel, Karim Ouchikh et l\'essayiste d\'extrême droite, Renaud Camus, le 9 novembre 2017, à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), le 9 novembre 2017.
Le président du Siel, Karim Ouchikh et l'essayiste d'extrême droite, Renaud Camus, le 9 novembre 2017, à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), le 9 novembre 2017. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Le chantre de la théorie complotiste d'extrême droite du "grand remplacement", Renaud Camus, s'est lancé dans la campagne des européennes, avec Karim Ouchikh, président du micro-parti identitaire Siel (Souveraineté, identités et libertés). Avec sa liste nommée "La ligne claire", en opposition à "l'opacité" des autres listes, Renaud Camus, essayiste d'extrême droite, dénonce "l'immigration de masse et l'islamisation" qui annonceraient, selon lui, un "génocide par substitution" et propose la "remigration", c'est-à-dire le retour des immigrés dans leur pays d'origine.

Vincent Vauclin (Dissidence française)

A 30 ans, Vincent Vauclin préside Dissidence française, un mouvement identitaire d'extrême droite qu'il a fondé en 2011 et dont le but est de "forger une véritable force politique de reconquête nationale, sociale et identitaire". Le sulfureux jeune homme, qui est titulaire d'une licence en psychologie et assure avoir "reçu une formation militaire dans l'armée de l'air", est en tête d'une liste "de la reconquête" qui veut "faire face au 'grand remplacement'" et s'oppose à "la lobbycratie de Bruxelles".

Cathy Corbet ("Neutre et actif")

Sur son compte Facebook, Cathy Corbet affirme "défendre une noble cause : le droit de vote". Cette habitante de Steenwerck (Nord) mène donc la liste sans étiquette "Neutre et actif", une liste "100% nordiste", comme elle le dit à Ouest-France. Le programme de "Neutre et actif" devrait être dévoilé à partir du 13 mai.

Nagib Azergui (UDMF)

Après avoir tenté de présenter un candidat à l'élection présidentielle de 2017 – en vain, faute de parrainages –, Nagib Azergui, fondateur de l'Union des démocrates musulmans de France (UDMF), part à l'assaut des élections européennes. A la tête de la liste "Union pour une Europe au service des peuples", ce Franco-marocain se veut non confessionnel et justifie l’étiquette musulmane en évoquant l'existence en France du Parti chrétien-démocrate ou de l'Union chrétienne-démocrate en Allemagne.