Education, jeunesse, sports... Quels sont les défis qui attendent Amélie Oudéa-Castéra dans son "super ministère" ?

Article rédigé par franceinfo
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Amélie Oudéa-Castéra lors de sa passation de pouvoir avec Gabriel Attal au ministère de l'Education nationale, le 12 janvier 2024, à Paris. (PHILEMON HENRY / SIPA)
Cette figure montante du gouvernement aura la charge de relever le niveau scolaire des élèves, de mettre en œuvre le "réarmement civique" voulu par Emmanuel Macron et de superviser l'organisation des Jeux olympiques de Paris.

En 2024, elle va devoir se plier en quatre. Amélie Oudéa-Castéra a été promue, jeudi 11 janvier, ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, un portefeuille élargi pour celle qui s'occupait jusqu'ici des seuls sujets sportifs. Propulsée de la seizième à la quatrième position de l'ordre protocolaire du gouvernement, l'ancienne joueuse de tennis devient l'un des poids lourds de l'équipe de Gabriel Attal.

Le nouveau Premier ministre, qui a précédé Amélie Oudéa-Castéra à l'Education nationale, a déclaré vendredi que l'école serait "la mère des batailles" de l'exécutif. Cette "priorité absolue", que Gabriel Attal a promis d'"emmener" avec lui à Matignon, a fait l'objet du premier déplacement commun de la ministre et du chef du gouvernement, vendredi après-midi, dans un collège des Yvelines. Mais l'ancienne joueuse de tennis, qui devrait recevoir le renfort de ministres délégués ou de secrétaires d'Etat dans les prochains jours, aura aussi à relever le défi des Jeux olympiques de Paris 2024, qui débuteront le 26 juillet. Voici les principales missions qui l'attendent, autour de sa nouvelle devise : "Lire, écrire, compter, bouger."

Education : "élever le niveau scolaire"

Lors de sa passation de pouvoir avec Gabriel Attal au ministère de l'Education nationale, Amélie Oudéa-Castéra a promis de "poursuivre" les chantiers de son prédécesseur "jusqu'au succès""Tout ce qu'on a entamé ira jusqu'au bout", a confirmé le nouveau chef du gouvernement, lui demandant de maintenir le "cap" et de "continuer à agir pour élever le niveau scolaire".

"Le choc des savoirs se mettra en œuvre et portera ses fruits."

Gabriel Attal, Premier ministre

lors de sa passation de pouvoir avec Amélie Oudéa-Castéra

Le "choc des savoirs" fait référence au dernier paquet de mesures dévoilé par Gabriel Attal en décembre pour améliorer les résultats des élèves : nouvelle épreuve de maths au bac en première, création de groupes de niveau au collège, entrée au lycée conditionnée à l'obtention du brevet, retour controversé du redoublement, nouveaux programmes au primaire...

En parallèle, Amélie Oudéa-Castéra doit finaliser les discussions entamées avec les organisations syndicales sur la question du recrutement et de la formation des enseignants, avec des annonces attendues dès les prochaines semaines. Les contours définitifs de l'expérimentation du port de l'uniforme dans les établissements scolaires doivent également être dévoilés cet hiver. Le sujet du harcèlement scolaire, érigé en "priorité absolue" par Gabriel Attal dès l'été dernier, occupera aussi sa remplaçante, avec notamment la généralisation des cours d'empathie expérimentés depuis quelques jours dans 1 200 écoles.

Jeunesse : enclencher un "réarmement civique"

Lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre, Emmanuel Macron a promis un "réarmement civique" du pays, et plus particulièrement de la jeunesse. "La France, c'est une culture, une histoire, une langue, des valeurs universelles qui s'apprennent dès le plus jeune âge", a-t-il déclaré. Lors de sa prise de fonction, Amélie Oudéa-Castéra a dévoilé sa vision de ce concept, qui passera par "l'autorité réaffirmée de nos professeurs" et "une école de l'épanouissement républicain", dans laquelle "les élèves s'approprient les valeurs de la République, à commencer par la laïcité".

Ce "réarmement civique" se déclinera aussi en dehors de l'école, où seront promues "les valeurs de l'engagement, à commencer par le Service national universel", a détaillé la nouvelle ministre. Ce chantier du SNU, jusqu'ici porté par la secrétaire d'Etat à la Jeunesse Prisca Thévenot, désormais porte-parole du gouvernement, pourrait être confié à un nouveau secrétaire d'Etat. En octobre, Gabriel Attal avait dit "tenir beaucoup" au déploiement du SNU, qu'il avait initié en 2018 lors de ses débuts au gouvernement.

"Je crois profondément que nous devons aller vers la généralisation du Service national universel."

Gabriel Attal, alors ministre de l'Education nationale

en octobre 2023

L'idée d'une généralisation, voire d'une obligation du SNU, suscite de nombreuses réticences, notamment dans les rangs parlementaires. A ce stade, le dispositif ne concerne que des jeunes de 15 à 17 ans volontaires, qui effectuent un "séjour de cohésion" et une mission d'intérêt général durant des périodes de vacances. Dès le mois de mars, des "séjours de cohésion" seront également proposés sur le temps scolaire, sans relever toutefois du SNU mais du dispositif "classes et lycées engagés".

Sports : faire de la France "une nation sportive"

Durant son premier quinquennat, au sortir de la crise du Covid-19, Emmanuel Macron avait dit vouloir profiter des Jeux de Paris pour "vraiment faire de la France une nation sportive", une expression qu'il a régulièrement réemployée depuis. Jeudi, Amélie Oudéa-Castéra a repris ce discours et a promis de poursuivre son action engagée en 2022 au service de "la construction de notre nation sportive".

Pour lutter contre le fléau de la sédentarité, la ministre pourra s'appuyer sur la promotion de l'activité physique et sportive au rang de "grande cause nationale 2024". Cette opération vise à ancrer dans les têtes qu'il faut bouger au moins 30 minutes par jour, en marchant, en faisant du sport ou même en jardinant, pour préserver sa santé physique et mentale. "C'est comme les cinq fruits et légumes par jour, les 30 minutes, c'est pareil", avait déclaré "AOC" en présentant l'initiative en novembre. Cette ambition passera par l'éducation physique et sportive, souvent méprisée à l'école, mais aussi par le travail des clubs et des fédérations.

La gouvernance du sport français sera un autre gros dossier de l'année d'Amélie Oudéa-Castéra. En décembre, la ministre avait annoncé le lancement d'une "concertation" en début d'année, qui devra donner lieu à une loi "héritage" qui arrivera "au lendemain des JO". Cette initiative s'inspirera d'un rapport sur l'éthique et la vie démocratique remis par Marie-George Buffet et Stéphane Diagana, qui appelle notamment à revoir le fonctionnement des fédérations et à mieux lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport.

JO de Paris 2024 : être "prêts" pour l'évènement

Amélie Oudéa-Castéra plongera-t-elle dans la Seine en juillet, comme la maire de Paris, Anne Hidalgo ? Une certitude : "AOC" risque d'être sous l'eau d'ici là, avec la lourde responsabilité de mener à bien la préparation de cet événement d'envergure internationale, lourd d'enjeux pour l'image de la France dans le monde. "On sera prêts sur toutes les dimensions de l'organisation", a-t-elle assuré, début janvier, affirmant travailler "très dur" pour la réussite des Jeux de Paris, "en équipe"

Si elle a hérité du portefeuille des Jeux olympiques et paralympiques, la ministre ne sera pas la seule à relever le défi de l'organisation, qui pèsera encore plus lourdement sur les épaules de son collègue de l'Intérieur, Gérald Darmanin, en charge de la sécurité. L'aspect sportif, logistique et financier reposera, lui, essentiellement sur le travail du comité d'organisation des Jeux, présidé par Tony Estanguet. Dans ce millefeuille olympique et paralympique, Amélie Oudéa-Castéra sera surtout la tour de contrôle de l'Etat au sein du dispositif, même si elle se voit plutôt en meneuse de jeu, "la n°10", selon L'Express. Une expérience qu'elle pourrait bientôt renouveler, la France étant bien partie pour obtenir l'organisation des Jeux d'hiver de 2030.

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