Service national universel : un rapport parlementaire s'oppose à la généralisation du dispositif

Pour le député écologiste Jean-Claude Raux, il s'agirait d'une "charge financière déraisonnable" coûtant au moins 2 milliards d'euros.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Des jeunes portant des t-shirts du SNU, le 14 juillet 2023, lors du défilé militaire à Paris. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Après des "débuts chaotiques", les résultats de l'expérimentation du service national universel (SNU) sont "mitigés", estime le député écologiste Jean-Claude Raux. Dans un rapport parlementaire adossé au projet de budget 2024 et consulté par l'AFP, il s'oppose à la généralisation du dispositif. Selon lui, il s'agirait d'une "charge financière déraisonnable", qui ne "saurait être inférieure à 2 milliards d'euros en année pleine". Il juge par ailleurs que le "bâti disponible risque d'être insuffisant", tout comme le nombre d'encadrants.

Il dénonce aussi le "paradoxe d'un engagement obligatoire", qui "risque de mettre à mal" le SNU. Le service national universel voulu par Emmanuel Macron pour la jeunesse a connu "des débuts chaotiques" et plusieurs "évolutions de format", affirme l'élu de Loire-Atlantique. "En dépit du caractère laborieux de la mise en œuvre du SNU, les séjours de cohésion peuvent se targuer de certaines réussites", nuance-t-il dans son rapport, avec "un taux de satisfaction élevé chez les participants", particulièrement pour les "activités physiques et sportives".

Des séjours peu mixtes socialement

Mais les participants sont "volontaires" et les "cohortes peu nombreuses", donc "peu représentatives", considère Jean-Claude Raux, qui pointe une faible mixité sociale des séjours. "En 2021, 10% des jeunes ont déclaré avoir un parent travaillant dans l'armée, la police ou la gendarmerie ou chez les pompiers et 37% avoir un parent ayant travaillé par le passé dans ces corps. Cette proportion est bien supérieure à ce que l'on observe dans la population générale", illustre l'élu écologiste. 

Promesse de la campagne présidentielle 2017 d'Emmanuel Macron, le SNU a été lancé en 2019. Il ne concerne pour l'instant que des jeunes volontaires, et sa généralisation se heurte à de vives résistances. En juin, le gouvernement a annoncé que le SNU serait intégré à partir de mars 2024 au temps scolaire, avec un stage de douze jours pour les élèves en classe de seconde qui seraient volontaires.

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