Les trois principales affaires qui menacent toujours Nicolas Sarkozy

Affaire Bygmalion, affaire des écoutes, affaire du présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007... Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans plusieurs dossiers.

Discours de Nicolas Sarkozy à Paris, le 20 novembre 2016, après son élimination au premier tour de la primaire à droite
Discours de Nicolas Sarkozy à Paris, le 20 novembre 2016, après son élimination au premier tour de la primaire à droite (ÉRIC FEFERBERG / AFP)
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Delphine GotchauxfranceinfoRadio France

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Aucune immunité parlementaire ou présidentielle : depuis son élimination au premier tour de la primaire à droite, dimanche 20 novembre, Nicolas Sarkozy est un justiciable comme un autre. Son nom est cité dans plusieurs dossiers. Voici les trois principales affaires dans lesquelles l'ex-chef de l'État apparaît.

L'affaire Bygmalion

L'ex-chef de l'Etat est renvoyé en procès pour "financement illégal de campagne électorale", a-t-on appris mardi 7 février. Le juge Serge Tournaire estime qu'il a sciemment dépassé "le plafond des dépenses électorales en l'espèce en engageant, sans tenir compte des deux alertes (...), des dépenses électorales pour un montant d'au moins 42,8 millions d'euros". A la mi-décembre, les derniers recours des mis en examen avaient tous été rejetés par la cour d'appel de Paris.

>> DIRECT. Affaire Bygmalion : Sarkozy et treize autres protagonistes renvoyés en correctionnelle

L'enquête porte sur un système présumé de fausses factures, destinées à masquer les dépassements de dépenses de campagne de l'UMP lors de l'élection présidentielle de 2012. Outre Nicolas Sarkozy, le juge a ordonné le renvoi en procès de treize autres protagonistes, en visant les délits de faux ou usage de faux, abus de confiance ou recel, escroquerie ou complicité et complicité de financement illégal de campagne. 

Début septembre, le parquet de Paris avait requis le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy pour "financement illégal de campagne" dans l'affaire Bygmalion. Dans un réquisitoire de 142 pages signé le 30 août, Nicolas Baietto, le vice-procureur de Paris, estimait que Nicolas Sarkozy est pleinement responsable du dépassement. Selon le ministère public, l'ancien président a donné, "en connaissance de cause, des instructions en faveur d'une augmentation des dépenses, au mépris des recommandations contraires des experts-comptables."

L'affaire des écoutes

C'est un autre dossier embarrassant pour Nicolas Sarkozy. Dans l'affaire des écoutes, l'ex-chef de l'État est mis en examen pour "corruption active" et "trafic d'influence". Avec son ancien avocat, Thierry Herzog, il est soupçonné d’avoir tenté d'obtenir d'un magistrat de la Cour de cassation des informations confidentielles sur la saisie de ses agendas dans un autre dossier. Des informations couvertes par le secret de l'instruction. En échange, l'ancien président aurait promis d'intervenir pour que le magistrat obtienne un poste prestigieux à Monaco.

Le dossier se fonde sur les conversations entre Thierry Herzog et l'ancien président, enregistrées alors que Nicolas Sarkozy était placé sur écoutes dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L'instruction de cette affaire est quasiment terminée. Les juges souhaitent organiser prochainement une ultime confrontation entre l'ensemble des protagonistes.

L'affaire du présumé financement libyen

Une instruction tentaculaire, des rebondissements en pagaille... Les juges soupçonnent l'existence d'un financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy au travers du versement de 50 millions d'euros par la Libye de Mouammar Kadhafi. Une information judiciaire est ouverte depuis avril 2013 pour "trafic d'influence", "faux et usages de faux" et "blanchiment".

Dans un entretien mis en ligne mardi 15 novembre sur Mediapart, Ziad Takieddine affirme qu'il a "personnellement" remis plusieurs millions d'euros en espèces à Nicolas Sarkozy et son ex-bras droit, Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007. Des confidences que l'intermédiaire franco-libanais a répété par la suite aux enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales à Nanterre (Hauts-de-Seine). Pour l'ex-président, cette affaire est loin d'être terminée.