Pièces à conviction, France 3

"Pièces à conviction". Sécurité : faut-il avoir peur de l'Euro 2016 ?

a revoir

Présenté parPatricia Loison

Diffusé le 08/06/2016Durée : 01h11

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"Nous n’avons jamais connu une telle menace à un tel niveau", a déclaré Manuel Valls. Pourtant, du 10 juin au 10 juillet 2016, la France va accueillir des centaines de milliers de supporters pour l’Euro de football. Dans un pays sous état d’urgence, jamais une compétition n’avait été confrontée à un tel défi en matière de sécurité.

Inquiétude sur les fan-zones

Pour que la fête soit belle, des écrans géants ont été placés au cœur des villes. Autant de cibles pour les terroristes. Depuis les attentats de novembre 2015, la sécurité a été renforcée. Afin d’assister les forces de l’ordre, 12 500 agents de sécurité privée ont été recrutés. Au pied de la tour Eiffel, la fan-zone parisienne, avec écran géant et animations, pourra accueillir 92 000 personnes par jour. Il en ira de même dans les dix villes organisatrices aux quatre coins du pays. Pour pénétrer dans ces enceintes, il faudra franchir des contrôles assurés par des sociétés privées avec fouilles et palpations. A l’extérieur, la police assurera le maintien de l’ordre et pour maximiser la sécurité, des policiers en civil patrouilleront parmi les supporters. Le tout sous l’œil d’un système de surveillance. L’installation de ces fan-zones divise les politiques et dans une France traumatisée par les attentats, il faut rassurer.

Des agents de sécurité privée

Qui sont les agents de sécurité ? Comment sont-ils formés et, surtout, seront-ils prêts à affronter des situations critiques ? Pôle emploi met en place depuis plusieurs mois une formation spécifique. "Pièces à conviction" a suivi une douzaine de chômeurs à Toulouse lors de leurs derniers jours de stage. Pour eux, le point le plus délicat à maîtriser est la palpation : elle ne doit pas excéder 11 secondes afin de ne pas ralentir le flux de spectateurs. Et c’est là que se trouve la difficulté. En outre, si une personne est fichée par la police, elle doit être écartée. Y a-t-il des failles ? Un journaliste de "Pièces à conviction" a réussi à se faire engager par une société de sécurité sans être passé par la case formation ni être contrôlé. Comment s’assurer que tous ceux qui travailleront sur l’Euro n’ont pas de casier judiciaire et ne sont pas inscrits au fichier des personnes recherchées ?

 

Le ministère de l’Intérieur en première ligne

Place Beauvau, tout est en place pour vérifier le profil des détenteurs d’accréditation. Plus de 100 000 personnes sont accréditées pour l’Euro : journalistes, fournisseurs, membres des délégations et, bien sûr, les 12 500 agents de sécurité. Les policiers ont déjà refusé l’accréditation à 200 personnes, soit moins de 1% des demandes. Tout est fait pour éloigner au maximum la menace terroriste, mais un autre risque plane sur l’Euro.

La menace des hooligans

Le phénomène des supporters violents a plutôt été bien maîtrisé ces dernières années. Mais pendant l’Euro, l’encadrement "strict" des hooligans sera impossible. Ils vont débarquer de l’étranger et en ordre dispersé. Deux millions et demi de personnes sont attendus entre le 10 juin et le 10 juillet et parmi elles, 3 000 hooligans. Les policiers français vont devoir se concentrer sur les supporters les plus dangereux et collaborer avec les policiers étrangers. "Pièces à conviction" a pu échanger avec un groupe de hooligans anglais via les réseaux sociaux. Ce groupe prétend qu’il sera bien là pendant l’Euro de football. Même son de cloche en France, où un ancien leader hooligan ne cache pas que l’Euro est un moment rêvé pour relancer un mouvement en perte de vitesse. Pure provocation ou réelle volonté d’en découdre ?

Le 10 juin, le Stade de France va accueillir la compétition sportive la plus importante après la Coupe du monde de football et les jeux Olympiques. Dans une France soumise à la menace terroriste, 2,5 millions de supporters n’attendent qu’une chose : que la fête soit belle.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve était l’invité exceptionnel de "Pièces à conviction" le 8 juin 2016. Il a répondu aux questions de Patricia Loison.

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