Guerre en Ukraine : À Zaporijjia, un laboratoire mobile sillonne les rues jour et nuit pour contrôler le niveau de radioactivité

La centrale nucléaire de Zaporijjia, toujours sous contrôle russe, reste étroitement surveillée par les autorités ukrainiennes, qui réclament la mise en place d'une zone de sécurité autour de celle-ci. 

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Radio France
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Le laboratoire mobile en charge de surveiller les niveaux de radiation à Zaporijjia. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Un fourgon un peu particulier circule dans les rues de Zaporijjia 24 heures sur 24 : c'est le laboratoire mobile, à l'affût d'éventuelles retombées radioactives. La centrale n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres à vol d'oiseau de la ville.

>> DOCUMENT FRANCEINFO. Guerre en Ukraine : dans les coulisses de la visite sous haute tension de l'AIEA à la centrale de Zaporijjia

Dans le fourgon, des équipes de deux personnes surveillent les deux capteurs de radiation, un qui est intégré à la portière et un autre placé au niveau du toit du fourgon. "0-12, 0-13, ça signifie que c'est normal", explique Yevgheni Toulochev, le chef du département de contrôle de prise en charge des situations d'urgence, en pointant les chiffres sur l'écran.

Yevgheni Toulochev, le chef du département de contrôle de prise en charge des situations d'urgence à Zaporijjia, devant le laboratoire mobile. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

L'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) a rendu public mardi 6 septembre les conclusions de son inspection menée à la centrale de Zaporijjia dans le sud de l'Ukraine, toujours occupée par les Russes : l'agence recommande vivement la mise en place d'une zone de sécurité autour de celle-ci, pour limiter les risques d'un possible accident nucléaire. Le dernier réacteur en fonctionnement de la plus grande centrale d'Europe, a été débranché du réseau, à cause des combats qui font rage dans la région.

Le risque d'une "catastrophe environnementale"

Si les niveaux de radiation sont rassurants pour le moment, il faut rester vigilant, prévient Taras Tyshchenko, en charge des urgences sanitaires et représentant du ministère de la Santé à Zaporijjia. "La technologie de ces réacteurs, est telle que si on les arrête, pendant 72 heures, ils doivent être refroidis et il faut assurer la circulation de l'eau dans le système, indique-t-il. Il faut utiliser des pompes qui ont besoin d'électricité et en prenant en considération que les lignes électriques sont détruites et la centrale n'a comme seule source d'électricité que des générateurs de secours. Ils ont besoin d'une grande quantité de carburant pour assurer leur fonctionnement." 

Taras Tyshchenko, en charge des urgences sanitaires et représentant du ministère de la santé à Zaporijjia. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Il précise qu'à ce stade, il ne sait pas si la quantité de carburant sur la centrale est suffisante. "La surchauffe du réacteur entraînerait une explosion, une catastrophe environnementale dont les effets ne seraient pas seulement ressentis en Ukraine, mais aussi Moldavie, Roumanie, et dans bien d'autre pays", développe-t-il.

"Avec la position géographique de la centrale sur le fleuve Dniepr, qui se jette dans la Mer Noire, sans doute que la Russie et la Turquie seront aussi touchées, peut-être même le monde entier, l'Union européenne c'est certain."

Taras Tyshchenko, en charge des urgences sanitaires

à franceinfo

Le scénario du pire hante les habitants de Zaporijjia. Tous les jours, ils entendent les sirènes, qui rappellent à tous que, de l'autre côté du fleuve, la centrale se trouve sur le champ de bataille.

À Zaporijjia, un laboratoire mobile sillonne les rues jour et nuit pour contrôler le niveau de radioactivité - Un reportage de Benjamin Illy
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