Elections régionales : à gauche et à droite, quelles alliances clés se préparent avant le second tour ?

Les candidats ont jusqu'à mardi 18 heures pour déposer leur liste pour le second tour.

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Un bureau de vote lors du premier tour des élections régionales, à Paris le 20 juin 2021. (DELPHINE LEFEBVRE / HANS LUCAS / AFP)

L'heure est aux tractations. Après les résultats du premier tour des régionales, marqué par une abstention record, les listes éliminées ou qualifiées doivent choisir. Faire cavalier seul ou se rallier à une liste mieux placée pour gagner ? Se retirer purement et simplement ? Appeler à voter pour une autre formation ? Les candidats qualifiés pour le second tour ont jusqu'au mardi 22 juin à 18 heures pour déposer leurs listes, qu'elles changent ou non. Dans certaines régions, les négociations entamées dès dimanche soir se révèlent moins évidentes qu'ailleurs. Franceinfo fait le point sur ces tractations.

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En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, un front républicain face à Mariani

Qui est arrivé en tête ? Dans la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Rassemblement National est arrivé en tête avec 36,38 % des suffrages pour la liste emmenée par Thierry Mariani. Il est talonné par la liste LR de Renaud Muselier, soutenue par la majorité présidentielle (31,91%). En troisième position mais loin derrière arrive Jean-Laurent Félizia (16,89%), tête de liste écologiste. Ces trois candidats pouvaient prétendre au second tour, ils ne seront que deux : Thierry Mariani et Renaud Muselier.

Quelles alliances en vue du second tour ? La question de la formation d'un front républicain se pose, alors que le Rassemblement national se trouve en position d'emporter la région. Après une valse-hésitation et une menace d'exclusion d'Europe Ecologie-les Verts le cas échéant, Jean-Laurent Félizia a annoncé, lundi, retirer sa liste de la course afin de laisser place à un duel RN-LR au 2e tour.

Il avait d'abord écarté cette possibilité, déclarant que "le sursaut républicain vaut mieux qu'un front républicain qui efface les écologistes et la gauche de tout le paysage politique régional". Cette décision avait été vivement critiquée à gauche, compte tenu du score important du RN. "On ne considère pas qu'on peut jouer cette élection aux dés, le risque Front national est trop élevé", a ainsi insisté Julien Bayou, secrétaire national EELV, sur franceinfo, en appelant à "faire barrage" au Rassemblement national en Paca.

En 2015 déjà, la gauche avait choisi de se retirer pour faire barrage au Front national, permettant à Christian Estrosi de l'emporter face à Marion Maréchal-Le Pen.

En Bretagne, le candidat socialiste penche vers les écologistes

Qui est arrivé en tête ? Le socialiste et président sortant de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, est arrivé en tête du premier tour des élections régionales, avec 20,95% des suffrages exprimés. Il est suivi par Isabelle Le Callenec (LR) à 16,27%, puis par le candidat de la majorité présidentielle, Thierry Burlot (LREM-MoDem-Agir), avec 15,53%. Les autres listes susceptibles de se maintenir au second tour sont celles de Claire Desmares-Poirrier (EELV) avec 14,84% et de Gilles Pennelle (RN) qui a recueilli 14,27% des voix.

Quelles alliances en vue du second tour ? Loïg Chesnais-Girard attire les convoitises. La question d'un rapprochement entre le président socialiste sortant et son ex-vice-président Thierry Burlot, arrivé troisième avec sa liste soutenue par LREM, s'est rapidement posée pour contrer la candidate LR. Au micro de France Bleu lundi matin, Thierry Burlot s'est dit ouvert à l'idée : "Il arrive en tête aujourd'hui, nous lui avons tendu la main, c'est à lui de répondre." A gauche, les appels du pied de l'écologiste Claire Desmares-Poirrier sont restés vains. Elle se présentera donc seule au second tour, dimanche prochain. Loïg Chesnais-Girard a opté pour une alliance avec un autre écologiste, Daniel Cueff (6,52% au premier tour), selon France 3 Bretagne. Ce mariage ne suffirait toutefois pas forcément à donner la majorité à Loïg Chesnais-Girard. Celui-ci "ne fait pas forcément le calcul le plus performant en termes de suffrages attendus, mais il affirme son autonomie", analyse France 3.

Dans la région Grand Est, pas de fusion au second tour

Qui est arrivé en tête ? Le candidat LR Jean Rottner est arrivé en tête du premier tour dans le Grand Est avec 31,15% des voix. Il est suivi par Laurent Jacobelli (RN) qui essuie une nette déconvenue avec 21,12% des suffrages exprimés alors qu'il était annoncé en tête par les sondages. La candidate écologiste, Eliane Romani (EELV-PCF-PS), se classe troisième avec 14,60% des voix. L'autre liste de gauche menée par l'ancienne ministre Aurélie Filippetti (Place publique, Génération.s, LFI) est éliminée après un score de 8,64%, en dessous du seuil de 10% nécessaire pour se maintenir. Quatre listes restent en course : celle de Jean Rottner, celle de Laurent Jacobelli, celle d'Eliane Romani et celle de Brigitte Klinkert. 

Quelles alliances en vue du second tour ? À gauche, après des négociations entamées le soir du scrutin, qui n'ont abouti sur aucune entente, la liste écologiste d'Eliane Romani fera cavalier seul, sans fusionner avec celle d'Aurélie Filippetti (ex-PS).

À droite, deux listes se maintiennent. La liste LR du président sortant Jean Rottner, arrivée largement en tête, se retrouvera de nouveau en concurrence avec celle de la ministre déléguée à l'Insertion, Brigitte Klinkert, ex-LR soutenue par la majorité présidentielle, qui a obtenu seulement 10,77%. Dès dimanche soir, Jean Rottner avait rejeté l'idée d'une fusion des listes, Brigitte Klinkert choisissant de maintenir la sienne après une brève hésitation.

Dans les Hauts-de-France, LREM soutient Xavier Bertrand

Qui est arrivé en tête ? Le président sortant de la région Hauts-de-France est arrivé largement en tête (41,4%) devant le RN mené par Sébastien Chenu (24,37%) et la liste de gauche portée par Karima Delli (18,99%). Ces trois listes se présenteront au second tour. La liste de la majorité présidentielle, qui rassemblait cinq ministres, n'est pas en mesure de se maintenir au second tour.

Quelles alliances en vue du second tour ? Sans faire d'alliance, Xavier Bertrand a déposé, dès lundi matin, sa liste pour le second tour des régionales, la même qu'au premier. Il pourra tout de même compter sur le soutien du candidat de la majorité présidentielle, Laurent Pietraszewski, qui a annoncé son ralliement, invitant tous ceux qui l'ont soutenu à faire de même.

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, candidate sur la liste de Laurent Pietraszewski a également affirmé sur franceinfo qu'elle voterait pour Xavier Bertrand, "pas avec enthousiasme", "mais parce qu'il faut toujours faire les choix qui vont dans le sens de la démocratie". L'eurodéputée écologiste Karima Delli, à la tête de la seule liste d'union de la gauche et des écologistes du pays et arrivée troisième du scrutin, a confirmé son maintien au second tour.

Dans les Pays de la Loire, une alliance à gauche pourrait faire basculer la région

Qui est arrivé en tête ? Christelle Morançais, candidate LR et présidente sortante de la région Pays de la Loire, est arrivée largement en tête au premier tour avec 34,29% des voix. La candidate est talonnée par l'ex député LREM Matthieu Orphelin (18,70%) et le socialiste Guillaume Garot (16,31%). La liste RN du candidat Hervé Juvin totalise 12,53% des suffrages. François de Rugy (LREM) arrive cinquième à 11,97%.

Quelles alliances en vue du second tour ? Même si elle est arrivée en tête, la victoire est loin d'être assurée pour Christelle Morançais. En effet, une coalition de gauche pourrait bien faire basculer cette région tombée dans l'escarcelle de la droite en 2015. Matthieu Orphelin, de la liste L'Ecologie ensemble, a prévu de s'aller avec le socialiste Guillaume Garot. "Nous rassemblons nos forces pour aller chercher une belle victoire en Pays de La Loire face à la droite dure", a-t-il déclaré sur Twitter. En jeu, son élection en tant que premier président de région écologiste.

En Centre-Val de Loire, un second tour ouvert

Qui est arrivé en tête ? Le candidat socialiste et président sortant de la région Centre-Val de Loire François Bonneau (PS/PCF) arrive en tête de ce premier tour, avec 25,5% des suffrages exprimés. Il est suivi par la liste du candidat du Rassemblement national, Aleksandar Nikolic, à 22%. Derrière, la liste de Nicolas Forissier (LR-UDI) obtient 18,4% tandis que la liste LREM-MoDem du ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, plafonne à 16,3% et arrive en quatrième position quand la macronie l'espérait vainqueur. La liste écologiste de Charles Fournier (EELV-LFI-Génération.s) récolte 10,85% des suffrages exprimés. Au total, cinq listes se trouvent donc encore en mesure de se maintenir.

Quelles alliances en vue du second tour ? A gauche, François Bonneau a annoncé lundi la fusion de sa liste PS-PCF avec la liste EELV-LFI portée par Charles Fournier. "Nous sommes en finalisation de cet accord. La forme écrite est quasiment achevée", a-t-il expliqué. "Un peu plus de deux tiers" de la liste du second tour sera issue de la formation PS-PCF. A droite et au centre, un éventuel rapprochement des listes conduites par Nicolas Forissier (LR) et Marc Fesneau (MoDem-LREM) a été écarté, en fin de journée, lundi. Le ministre et candidat Marc Fesneau se maintient au second tour. Motif, selon France Bleu : le candidat LR/UDI Nicolas Forissier ne souhaitait pas de fusion, mais un retrait pur et simple de la liste macroniste.

De son côté, le candidat RN, Aleksandar Nikolic, a annoncé sur Twitter reconduire sa liste au second tour.

En Ile-de-France, l'union de la gauche scellée

Qui est arrivé en tête ? Sans surprise, la présidente sortante de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Libres, LR, UDI), a dominé le premier tour avec 35,94% des suffrages. Elle devance très largement Jordan Bardella (RN), qui recueille 13,12%, suivi de près par Julien Bayou (EELV), avec 12,95% des votes. Suivent Laurent Saint-Martin (LREM-MoDem), Audrey Pulvar (soutenue par le PS) et Clémentine Autain (LFI-PCF), respectivement crédités de 11,76%, 11,07% et 10,24% des voix. Avec moins de 10% des suffrages exprimés, les autres listes ne peuvent pas se maintenir au second tour.

Quelles alliances en vue du second tour ? Les trois listes de gauche ont annoncé lundi, après une douzaine d'heures de négociations, leur fusion autour de l'écologiste Julien Bayou. "Ça y est, nous sommes uni-es avec Audrey Pulvar et Clémentine Autain pour l'écologie et la solidarité en Ile-de-France !", s'est-il félicité sur Twitter, lundi en début d'après-midi. "On a enrichi notre projet. Ce n'étaient pas que des mots. Il y a un espoir pour l'emporter dimanche" 27 juin, a-t-il ensuite affirmé lors d'un déplacement commun à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Avec un total de 34,26% des voix au premier tour, les trois listes cumulées se retrouvent désormais proches du score de Valérie Pécresse (35,94%).

Le candidat de la majorité présidentielle, Laurent Saint-Martin, a annoncé le maintien de sa liste au second tour, tout comme Jordan Bardella (RN).

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