Trahisons, dérapages, règlements de comptes : les couacs de l'entre-deux-tours

Dans une campagne, tout ne se passe pas toujours comme prévu, notamment entre les deux tours. Francetv info recense les ratés de ces derniers jours.

Franck Margain, vice-président du Parti chrétien-démocrate, aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, le 17 décembre 2013.
Franck Margain, vice-président du Parti chrétien-démocrate, aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, le 17 décembre 2013. (MEIGNEUX / SIPA)

Les électeurs ont voté une première fois dimanche pour les élections municipales, mais la campagne n'est pas encore terminée. Et à quelques jours du second tour, elle offre encore son lot de couacs : fusions de listes annoncées mais finalement avortées, dérapages de certains élus, erreurs de communication... Francetv info revient sur ces ratés qui font tache dans l'entre-deux-tours.

Les fusions ratées

Paris 12e. Franck Margain, proche de Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate), devait être évincé de la liste commune de la droite et du centre. "Devait", car l'UMP et l'UDI, à vingt minutes de la clôture des listes, n'avaient pas toutes les signatures nécessaires pour fusionner. La préfecture a donc validé la première liste, déposée lundi, sur laquelle figurait encore Franck Margain. Qu'importe, l'intéressé se refuse à faire campagne : "Je ne vais pas vendre le déshonneur et l'humiliation", explique-t-il à Metronews. "La guerre est déclarée", réplique pour sa part Christine Boutin, indignée, qui appelle désormais à voter contre NKM.

Nîmes (Gard). Elles s'étaient mises d'accord : Françoise Dumas, pour le PS, et Sylvette Fayet, pour le Front de gauche, devaient fusionner leurs listes pour le second tour. Sauf que, raconte Midi Libre, faute d'avoir tous les documents nécessaires et de faire l'unanimité sur l'ordre de la liste commune, les deux femmes n'ont finalement eu d'autre choix que de faire acte de candidature séparément. La préfecture gardoise se prépare donc à une quadrangulaire, ce qui offre un boulevard au maire UMP sortant.

Les indisciplinés

Grenoble (Isère). Avec 25,3% des voix, le candidat PS était arrivé deuxième, derrière la tête de liste d'EELV et du Parti de gauche et ses 29,4%. Malgré les consignes de la direction nationale du Parti socialiste, Jérôme Safar a refusé de se rallier à son rival écologiste et a maintenu sa liste. Le PS lui a retiré son investiture pour le second tour.

Béziers (Hérault). Le PS militait pour un "front républicain" face à Robert Ménard, soutenu par le FN et arrivé en tête au premier tour avec près de 45% des voix. Mais le socialiste Jean-Michel Du Plaa a refusé de se désister, provoquant une triangulaire qui arrange les affaires de Robert Ménard. La direction du Parti socialiste lui a retiré son investiture.

Les dérapages

La Grande-Motte (Hérault). Elue dimanche sur la liste UMP, une conseillère municipale a vu ressurgir une photo polémique, partagée sur Facebook avant le premier tour. Comme le révèle le site Montpellier journal, Lina Delnott y comparait, le 14 mars, Christiane Taubira à un gorille. "Une photo infâme, stupide" selon le maire, qui ne compte pas sanctionner Lina Delnott pour autant.

Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Bonne ambiance à la mairie, selon Le Lab. "Tu es sur la liste de Schindler, tu vas bientôt prendre le train", aurait déclaré, au lendemain de la victoire du frontiste Steeve Briois, une employée sympathisante FN à l'un de ses collègues "issu de la diversité". Le propos comporte une erreur historique manifeste, remarque le site, car la liste de Schindler a permis de sauver plus d'un millier de Juifs de la déportation...

Vienne (Isère). A peine élu, déjà inquiété. Un candidat du FN, conseiller municipal depuis dimanche, a été brièvement placé en garde à vue mardi pour "diffusion de document portant atteinte à la vie privée". Durant la campagne, Norman Méchin avait diffusé sur son site internet une vidéo tournée à l'insu du candidat UMP, au cours de laquelle ce dernier évoquait l'attribution de logements et la recherche de salles de prière. Le frontiste l'avait utilisé pour reprocher à son adversaire de ne pas respecter le principe de laïcité.

Paris 8e. Candidate écologiste, Claire Carré accuse le député UMP Pierre Lellouche de sexisme. A l'issue du premier tour, l'élu lui aurait adressé ce compliment : "Les écolos, vous êtes trop belles et bonnes de toute façon. Et puis, Pompili [coprésidente du groupe EELV à l'Assemblée]... Olalala !" "J'ai dit que ça comptait dans la vie d'avoir un bon physique, se défend Pierre Lellouche sur Le Lab. On a voulu la féliciter, voilà tout."

 La trahison

Saint-Omer (Pas-de-Calais). Adjointe au maire sortant PS, candidate sur sa liste, Catherine Rebergue s'est affichée à plusieurs reprises avec son adversaire de droite. Elle a finalement envoyé, lundi, une lettre ouverte au socialiste, dans laquelle elle lui reproche son manque d'écoute et lui explique qu'elle ne souhaite pas figurer sur sa liste au second tour, raconte La Voix du Nord (article payant). Une "trahison", réplique le maire, mais le courrier ne changera rien : en vertu du Code électoral, Catherine Rebergue est engagée pour les deux tours de scrutin, précise le quotidien régional.

 Les règlements de comptes

Niort (Deux-Sèvres). Après soixante ans à gauche, la ville a basculé à droite dès le premier tour. La socialiste Geneviève Gaillard a été balayée, puisqu'elle n'a recueilli que 20,3% des voix, contre 54,3% pour son adversaire. La faute entre autres, selon la candidate évincée, à Ségolène Royal. Invitée de France 3 Poitou-Charentes, Geneviève Gaillard a dénoncé une cabale de la présidente de la région, évoquant "une vaste opération" montée contre elle au sein du Parti socialiste depuis près d'un an.

Paris 18e. Pas question de soutenir le candidat officiel de l'UMP Pierre-Yves Bournazel, "plus prompt à se produire sur les plateaux de télévision qu'à se soucier des habitants". La dissidente Roxane Decorte appelle ses électeurs à voter pour la liste PS au second tour. Un ralliement qui n'aura que peu d'influence sur les résultats du scrutin : l'arrondissement est ancré à gauche.

Les ratés de communication

Tarascon (Bouches-du-Rhône). En voulant promouvoir le "front républicain face au FN", Harlem Désir a commis une erreur, lundi. Le premier secrétaire du PS a annoncé le retrait de la liste socialiste dans la ville. Sauf qu'avec seulement 6,43% au premier tour, elle ne pouvait de toute façon pas se maintenir. Le parti a corrigé par la suite, évoquant, pour cette commune, un "appel à voter pour faire battre le FN".

La Courneuve (Seine-Saint-Denis). En marge de l'annonce du retrait de ses listes dans certaines communes, Harlem Désir a affirmé, mardi, soutenir le candidat communiste dans la ville de Seine-Saint-Denis. Sauf qu'une telle annonce est inutile pour le second tour. Le maire sortant Gilles Poux (PCF), à la tête d'une liste d'union de la gauche soutenue par le PS, a déjà été réélu dimanche avec 57,89% des voix.