Taxe sur les "superprofits" : le rejet du Sénat "est surtout une déception profonde pour les Français", regrette le porte-parole du PS

Selon Arthur Delaporte, porte-parole du Parti socialiste, "la majorité présidentielle et Les Républicains ont fait bloc contre l'intérêt des Français."

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Radio France
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Arthur Delaporte, député Nupes du Calvados et porte-parole du Parti socialiste, le 22 juin 2022. (BERTRAND GUAY / AFP)

"C'est surtout une déception profonde pour les Françaises et les Français qui vont devoir, derrière, payer la facture", a réagi lundi 1er août sur franceinfo le député Nupes du Calvados et porte-parole du Parti socialiste Arthur Delaporte, alors que le Sénat a rejeté l'idée d'une taxation sur les "superprofits" des grands groupes, lors de l'examen en première lecture du projet de budget rectificatif 2022.

franceinfo : Le Sénat, à majorité de droite, a rejeté la mise en place d'une taxe sur les "superprofits". Est-ce d'abord une défaite pour votre camp politique ?

Arthur Delaporte : C'est surtout une déception profonde pour les Françaises et les Français qui vont devoir, derrière, payer la facture. Nous, on constate qu'il y a des inégalités fortes entre d'un côté, ceux qui doivent payer la crise, c'est-à-dire ceux qui voient les prix de l'essence s'envoler. Et puis de l'autre côté, ceux qui en bénéficient, c'est-à-dire quelques grandes multinationales qui font des profits indécents. La proposition était simple : il s'agissait juste d'aller prélever un peu sur ceux qui s'enrichissent énormément. Quand on voit que Total a vu son bénéfice multiplié par trois en un an, c'est scandaleux. C'est inadmissible. On sait très bien que ce résultat net, qui passe à 18,7 milliards d'euros, est lié à la crise. Il y en a qui s'enrichissent donc sur la crise, et d'autres qui s'appauvrissent. Il fallait essayer de redistribuer. Malheureusement, la majorité présidentielle et Les Républicains ont fait bloc contre l'intérêt des Français.

Selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, Total n'aurait pas fait de geste commercial sur les prix du carburant s'il y avait eu cette taxe ...

Une ristourne de 500 millions d'euros contre un bénéfice de 19 milliards d'euros ... Il y a une disproportion entre, d'un côté, le geste que consent Total dans sa très grande générosité, et ce que l'on aurait récupéré en mettant en place une taxation exceptionnelle. Parce qu'à situation exceptionnelle, taxation exceptionnelle : on aurait pu récupérer 10 milliards d'euros, c'est-à-dire 20 fois plus que ce que Total, dans sa grande générosité, consent aux Françaises et aux Français. Ce n'est pas notre manière de voir l'Etat et l'action de l'Etat. Ce n'est pas aux grandes entreprises qui s'enrichissent sur le dos des Français et des Français de décider si elles vont en redistribuer une petite miette.

Les sénateurs ont encore plusieurs mesures à examiner, notamment la suppression de la redevance ... Y a-t-il encore des victoires possibles selon vous ?

J'espère que sur l'audiovisuel public, les Sénateurs - tous attachés à l'intérêt général - sauront défendre l'intérêt de l'audiovisuel public, qui garantit une information indépendante. C'est cela qui est en jeu aujourd'hui. Parce que si l'on supprime la redevance, on supprime une source de financement autonome qui permet l'indépendance du service public. Nous avions proposé, sénateurs et députés socialistes, parlementaires de la Nupes, un amendement qui permettait une taxe alternative à la hausse de la TVA. Parce que c'est cela qui va arriver derrière. Donc on passe d'un impôt qui était injuste, parce que tout le monde le payait de manière équivalente, à un impôt qui est encore plus injuste parce que la TVA, c'est ce qui pèse le plus sur les petits budgets.

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