Covid-19 : Janssen, AstraZeneca, Spoutnik... Quels sont les vaccins disponibles en France (et ceux qui doivent arriver sur le marché) ?

Un quatrième vaccin a été autorisé, jeudi, dans l'Union européenne, celui conçu par le laboratoire américain Johnson & Johnson, qui s'administre en une seule dose. Les premières livraisons en France devraient débuter en mai.

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Une patiente reçoit sa premiere dose de vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 au centre de vaccination de La Baule, le 6 mars 2021. (BAPTISTE ROMAN / HANS LUCAS / AFP)

Et de quatre. L'Agence européenne du médicament (EMA) a autorisé, jeudi 11 mars, le vaccin Janssen contre le Covid-19 mis au point par le laboratoire américain Johnson & Johnson. Avantage de ce produit : une seule injection est nécessaire. Ce feu vert ouvre donc la voie à la commercialisation d'un nouveau vaccin en France, qui sera, comme les autres, administré gratuitement. Mais quels sont les vaccins déjà disponibles en France ? Et quels sont ceux qui doivent arriver sur le marché ? Etat des lieux.

Déjà disponible : le vaccin Pfizer-BioNTech

D'un point de vue médical. Conçu par la société allemande de biotechnologies BioNtech et produit par le géant pharmaceutique américain Pfizer, ce vaccin est basé sur une nouvelle technologie : l'ARN messager. Comme l'explique la vidéo ci-dessous, alors que la technique traditionnelle des vaccins consiste à injecter un virus inactivé (ou atténué) pour que le corps apprenne à s'en défendre, la technique de l'ARN messager consiste, elle, à envoyer des instructions à l'organisme sous la forme de brins de code génétique du virus. Le but est d'inciter l'organisme à fabriquer lui-même une fraction inactive du virus, puis les anticorps pour lutter contre ce virus.

Le vaccin Pfizer-BioNTech revendique une efficacité de 94,5%. "La majorité des effets indésirables sont attendus et non graves", résumait, le 26 février, l'Agence nationale du médicament (ANSM).

D'un point de vue pratique. L'Agence européenne du médicament l'a autorisé fin décembre 2020 pour l'Union européenne. Il est également disponible aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Israël et dans de nombreux autres pays. Son principal défaut réside dans son mode de conservation car il doit être transporté et stocké à des températures glaciales entre -80 °C et -60 °C, nécessitant l'usage de contenants spécialisés. Mais la situation pourrait s'améliorer puisque des données "démontrent la stabilité du vaccin" quand il est stocké entre -25 °C et -15 °C, soit la température de congélateurs médicaux courants. Il s'administre en deux doses à 28 jours d'écart par voie intramusculaire. Selon le site Vaccintracker, qui compile les données de l'agence Santé publique France, plus de 5 millions d'injections avec le vaccin Pfizer avaient été réalisées en France le 11 mars.

Déjà disponible : le vaccin Moderna

D'un point de vue médical. Il s'agit, comme celui de Pifzer-BioNTech, d'un vaccin à ARN messager. La société américaine Moderna revendique, elle aussi, une efficacité de 94%. "Parmi les effets indésirables, un grand nombre de cas concerne des réactions retardées locales non graves", souligne l'ANSM. "L'analyse montre, comme pour le vaccin [de Pfizer], des déclarations d'hypertension artérielle qui seront surveillées attentivement."

D'un point de vue pratique. Il a été autorisé dès le 6 janvier dans l'Union européenne. Il est également disponible en Amérique du Nord, en Suisse et dans quelques autres pays, comme Israël ou Singapour. Il se conserve plus facilement que celui de Pfizer-BioNTech, jusqu'à six mois dans un congélateur, à -20 °C, puis jusqu'à trente jours dans un réfrigérateur avant utilisation. Le vaccin de Moderna nécessite deux doses administrées à 28 jours d'écart par voie intramusculaire. Près de 300 000 injections avaient déjà été faites en France avec ce vaccin le 11 mars, selon le site Vaccintracker.

Déjà disponible : le vaccin AstraZeneca

D'un point de vue médical. Développé par les chercheurs d'Oxford et la firme britannico-suédoise AstraZeneca, c'est un vaccin à vecteur viral. Il utilise un adénovirus de chimpanzé, rendu inoffensif, pour transporter le bout de code permettant la synthèse de la protéine S du coronavirus Sars-CoV-2. L'organisme va donc produire lui-même cet antigène, puis susciter une réponse immunitaire sous forme d'anticorps spécifiques. 

L'Agence européenne du médicament (EMA) l'a d'abord jugé efficace à 60%. Mais selon une étude à grande échelle réalisée en Ecosse, ce vaccin s'avère aussi performant que ceux de Pfizer-BioNtech et de Moderna et permet dans plus de 90% des cas d'éviter de développer une forme grave de la maladie, y compris chez les personnes de plus de 65 ans. La Haute Autorité de santé a donc étendu son usage, jusque-là réservé aux soignants et aux moins de 65 ans, aux personnes âgées de 65 à 74 ans.

Les principaux effets indésirables signalés sont des "syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, céphalées)", selon l'ANSM. Mais, jeudi 11 mars, le Danemark, suivi de l'Islande et de la Norvège, a suspendu son utilisation à cause de craintes liées à la formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées. Des craintes balayées par l'Agence européenne des médicaments. "Les informations disponibles à ce jour indiquent que le nombre de thromboembolies chez les personnes vaccinées n'est pas supérieur à celui observé sur l'ensemble de la population", a assuré l'EMA dans un communiqué.

D'un point de vue pratique. Le vaccin d'AstraZeneca a été autorisé le vendredi 29 janvier dans l'Union européenne. Il est également disponible au Royaume-Uni et en Inde. Facilement stockable et transportable, il peut être "conservé, transporté et manipulé dans des conditions réfrigérées classiques (entre 2 et 8 °C) pendant au moins six mois". Il nécessite deux doses, par voie intramusculaire, avec neuf à 12 semaines d'écart. Quelque 840 000 injections avaient déjà été faites en France avec ce produit le 11 mars, selon Vaccintracker.

Désormais autorisé : le vaccin Janssen

D'un point de vue médical. Le vaccin de l'entreprise belge Janssen, filiale du laboratoire américain Johnson & Johnson, utilise la même technologie à vecteur viral qu'AstraZeneca, mais en utilisant un adénovirus humain (et non de chimpanzé) comme vecteur. Il est efficace à 66% en général et, selon les dernières études, à 85% pour empêcher les formes graves du Covid-19. Les effets secondaires les plus fréquemment observés lors des essais cliniques étaient une douleur à l'endroit de l'injection, des maux de tête, de la fatigue et des douleurs musculaires.

D'un point de vue pratique. Le vaccin Janssen est désormais autorisé dans l'Union européenne. Il appartiendra encore, en France, à la Haute Autorité de santé de donner son feu vert et préciser les conditions de son utilisation en fonction de l'âge des patients et de leur état de santé. Les premières doses devraient être livrées dans l'Hexagone à partir du mois de mai. L'Afrique du Sud est devenue à la mi-février le premier pays à l'administrer et il a été depuis autorisé aux Etats-Unis et au Canada. Son atout : il peut être conservé durant trois mois à des températures de réfrigérateur standard, ce qui facilite sa distribution, et une dose unique suffira pour être vacciné. 

Bientôt autorisé : le vaccin Novavax

D'un point de vue médical. C'est un vaccin dit "sous-unitaire" à base de "protéines Spike de Sars-CoV-2, dans leur intégralité", détaille la fiche Vidal. Il s'agit d'apprendre à l'organisme à reconnaître la protéine qui se trouve à la surface du virus et de susciter une réponse immunitaire contre le Covid-19. Ses concepteurs affirment qu'il est efficace à 89,3%.

D'un point de vue pratique. Le vaccin Novavax est administré en deux injections à trois semaines d'intervalle. "Ce vaccin peut être conservé à une température comprise entre 2 et 8 °C", toujours selon la fiche Vidal. Il a été pré-commandé par la Commission européenne et fait l'objet d'un examen continu par l'Agence européenne des médicaments, ultime étape avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché. La société américaine Novavax devrait déposer des demandes d'autorisation en urgence au Royaume-Uni et aux Etats-Unis courant 2021.

Bientôt autorisé : le vaccin Curevac

D'un point de vue médical. Il s'agit d'un vaccin à ARN messager, comme ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna.

D'un point de vue pratique. La vaccination nécessite deux doses administrées à 28 jours d'écart, par voie intramusculaire. Ce vaccin se conserve plus facilement que celui de Pfizer. La stabilité du produit a été testée à deux températures pendant trois mois, à 5 °C et -60 °C. Les résultats ont été concluants dans les deux cas, détaillait un communiqué (en anglais), et jusqu'à 24 heures à température ambiante avant utilisation. Comme pour le produit de Novavax, la Commission européenne a pré-commandé des doses et il pourrait bientôt être autorisé dans l'UE, sous réserve d'une autorisation de l'Agence européenne des médicaments.

En cours d'examen : le vaccin Spoutnik

D'un point de vue médical. Développé par la Russie, Spoutnik V est un vaccin à vecteur viral. Il utilise "deux vecteurs viraux incapables de se reproduire pour exprimer l'intégralité de la protéine Spike" du Sars-Cov2, selon sa fiche Vidal. Il s'agit, comme pour les autres vaccins, d'apprendre à l'organisme à reconnaître le virus du Covid-19 et à s'en défendre. Le vaccin Spoutnik V est efficace à 91,6% contre les formes symptomatiques du Covid-19, selon des résultats publiés mardi 2 février dans la revue médicale The Lancet et validés par des experts indépendants. Ces premiers résultats vérifiés corroborent les affirmations initiales de la Russie, d'abord accueillies avec méfiance à l'automne par la communauté scientifique internationale.

D'un point de vue pratique. Il est administré par voie intramusculaire en deux injections délivrées à trois semaines d'intervalle. "Sa conservation à long terme et sa distribution se font à -18°C, mais il peut être conservé entre 2 et 8 °C", selon sa fiche Vidal. En plus de la Russie, il est homologué, selon ses concepteurs, dans 48 pays, les derniers en date étant le Kenya et le Maroc. Sans attendre l'éventuelle autorisation de l'Agence européenne des médicaments, trois pays de l'UE – la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque – l'ont autorisé unilatéralement. Le vaccin russe a franchi une étape importante, jeudi 4 mars, avant un éventuel déploiement en Europe, avec le début de son examen par l'EMA

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