Covid-19 : comment le gouvernement espère accélérer la campagne de vaccination

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Un pharmacien tient un flacon de vaccin AstraZeneca dans son officine à Montpellier (Hérault), le 24 février 2021. (MAXPPP)

"Tout le monde doit être sur le pont, y compris le week-end, pour vacciner aussi vite que possible", a demandé Jean Castex, jeudi soir, en conférence de presse.

Vacciner partout, tout le temps et toutes les personnes qui en ont besoin. Telle pourrait être résumée l'ambition de sortie de crise affichée par le gouvernement, jeudi 4 mars, lors de la conférence de presse de Jean Castex et Olivier Véran. Davantage que les mesures de couvre-feu ou de confinement, "c'est bien d'abord et avant tout le déploiement le plus rapide et le mieux ciblé possible de la campagne vaccinale qui nous permettra de sortir de ce tunnel", a insisté le Premier ministre.

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Le chef du gouvernement a annoncé un triplement des livraisons de vaccins en mars et avril (22 millions de doses attendues) par rapport à janvier et février (7 millions de doses reçues). Il espère désormais pouvoir vacciner en première injection "au moins 20 millions de personnes" d'ici la mi-mai, alors qu'elles ne sont que 3,2 millions à ce jour. Voici comment l'exécutif entend accélérer la cadence pour atteindre cet objectif.

En multipliant les créneaux les week-ends

"Maires, soignants, hôpitaux, tout le monde doit être sur le pont, y compris le week-end, pour vacciner aussi vite que possible." Jean Castex a annoncé "un coup d'accélérateur sur les tests et les vaccins dès ce week-end", en priorité dans les 23 départements placés sous surveillance renforcée. Olivier Véran a évoqué, pour tout le pays, "l'ouverture d'un maximum de centres de vaccination et la création de centres éphémères supplémentaires partout où cela sera jugé utile pendant tout ce week-end".

Le ministre de la Santé a expliqué attendre "beaucoup" de cette "marche importante", sachant que les samedis et dimanches étaient jusqu'ici des périodes de vaccination faible, voire inexistante. Destinataire de 12 000 doses supplémentaires, la métropole de Nice lancera "une opération coup de poing" ce week-end pour passer de 34 000 à 46 000 personnes bénéficiaires d'une injection, selon le maire de la commune, Christian Estrosi.

"Ce sera une première en France, puisqu'on n'aura jamais vu, sur 48 heures, si nous atteignons cet objectif, un tel niveau de vaccination d'une telle ampleur."

Christian Estrosi, maire de Nice

en conférence de presse

Les agences régionales de santé doivent dévoiler d'ici vendredi les conditions d'organisation de cette accélération. Des personnes se trouvant sur liste d'attente seront notamment contactées pour être vaccinées. "En Ile-de-France, c'est un système de tickets qui pourront être pris à l'entrée des centres et qui permettront ensuit d'avoir un rendez-vous dans le week-end", a dit Olivier Véran. Selon le député de la Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde, 5 000 vaccinations sont prévues dans son département ce week-end, "dimanche compris, alors que d'habitude les centres de vaccination sont fermés".

Covid-19 : 5 000 vaccinations ce week-end en Seine-Saint-Denis

En autorisant la vaccination en pharmacie (et ailleurs)

Les personnes de plus de 50 ans atteintes d'une comorbidité pourront se faire vacciner par leur pharmacien, sans ordonnance, "à compter de la semaine du 15 mars, une fois que nous aurons reçu la prochaine livraison de vaccins AstraZeneca", a annoncé Jean Castex. Le Premier ministre a rappelé que la Haute Autorité de santé (HAS) avait donné son feu vert et a fait savoir que "le décret autorisant cette nouvelle étape majeure dans notre stratégie de vaccination sortira[it] demain [vendredi]".

La prise de rendez-vous pour les vaccinations en pharmacie pourra se faire auprès des pharmaciens ou depuis le site internet Ordoclic, "sorte de Doctolib à destination des pharmaciens", avance Le Parisien. Réclamée de longue date par les professionnels, cette campagne dans les officines est presque prête et a même failli être lancée dès le 8 mars, rapporte le quotidien.

Selon nos informations, le gouvernement s'apprête également à autoriser la vaccination dans les cabinets des infirmiers, une mesure là aussi approuvée et recommandée par la HAS. Une vaccination par les sages-femmes est également envisagée.

En demandant aux soignants et aux professionnels des Ehpad de se faire vacciner

"Quand on est soignant, il est de notre responsabilité de se protéger soi-même et d'éviter d'exposer ceux dont on prend soin." Olivier Véran a annoncé son intention d'écrire une lettre à l'ensemble des professionnels de santé, "dès demain [vendredi]""pour les inciter très fortement à se faire vacciner". Disant s'attendre à "une adhésion grandissante des soignants à la vaccination", le ministre de la Santé a toutefois brandi la menace d'une éventuelle saisine du Comité consultatif national d'éthique sur le sujet de l'obligation vaccinale.

Avant lui, le Premier ministre avait déploré la trop faible vaccination des médecins, infirmiers, sages-femmes, aides soignants ou encore aides à domicile, pourtant possible depuis janvier. "Cela compromet notre capacité à lutter efficacement contre le virus", avait-il assuré.

"Seul un soignant sur trois est aujourd'hui vacciné. Ce n’est pas normal."

Jean Castex

en conférence de presse

Le chef du gouvernement a également appelé "solennellement" les membres du personnel des Ehpad et des unités de soins de longue durée à se faire vacciner "très rapidement", pour permettre le retour d'une "vie sociale apaisée" dans ces lieux et un assouplissement "du droit de visite pour les familles". A ce jour, seulement 42% de ces professionnels ont reçu au moins une dose de sérum, soit "trop peu d'entre eux".

En rendant les vaccins accessibles à de nouvelles catégories de population

Le gouvernement poursuit sa stratégie de vaccination par étapes, en priorisant les publics les plus vulnérables. "Si vous avez entre 50 et 74 ans, mais que vous n'avez pas de pathologie particulière, vous pourrez vous faire vacciner à compter de mi-avril", a déclaré le Premier ministre. Pour l'instant, seules les personnes de cette tranche d'âge présentant des risques de formes graves du Covid-19 ou exerçant une profession prioritaire sont concernées.

Depuis quelques jours, les 65-74 ans à risque sont éligibles. "Nous pourrons recourir plus largement au vaccin Astra Zeneca, a rappelé Jean Castex. La Haute Autorité de santé a en effet indiqué, lundi, sur la base d’études scientifiques internationales,  que sont désormais éligibles à ce vaccin, non seulement les personnes de 50 à 64 ans, mais encore les personnes de plus de 65 ans, ainsi que les personnes atteintes de pathologie à très haut risque de forme grave."

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