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François Baroin, Philippe Poutou, Robert Ménard, Cédric Villani... Quels sont les résultats des poids lourds politiques aux municipales

Entre les maires sortants élus dés le premier tour, les favoris mis en ballottage et les désillusions, les fortunes sont diverses parmi les têtes d'affiche de ces élections municipales.

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France Télévisions
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Des tracts électoraux des candidats à la mairie de Paris, le 24 février 2020. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Les urnes ont rendu leur verdict pour le premier des élections municipales, dimanche 15 mars. Dans les écuries politiques, chacun compte désormais les points et se prépare à négocier en vue du second tour. Dans une campagne bouleversée par l'épidémie du coronavirus, certains poids lourds politiques peuvent maintenant miser sur leur résultat pour peser au sein de leur parti ou au contraire s'apprêtent à vivre une traversée du désert. De François Baroin à François Bayrou, en passant par Florian Philippot et Philippe Poutou, franceinfo s'est intéressé aux résultats des personnalités politiques.

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Louis Aliot à Perpignan

Louis Aliot dans son local de campagne à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 27 janvier 2020. (RAYMOND ROIG / AFP)

Le député RN des Pyrénées-Orientales Louis Aliot termine en tête du premier tour à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec 35,66% des voix, selon une estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et les chaînes parlementaires. Il devance le LR Jean-Marc Pujol (18,44%), Agnès Langevine (EELV-PS) qui obtient 14,51% et Romain Grau (LREM-MoDem-UDI) qui arrive en quatrième position avec 13,17%.

En 2014, l'ancien compagnon de Marine Le Pen avait obtenu un score assez proche avec 34,18% des voix au premier tour devant Jean-Marc Pujol (30,67%), avant de s'incliner largement au second tour en obtenant moins de 45% des voix. Cette fois l'ancien vice-président du Rassemblement national, qui a fait campagne sans l'étiquette RN, espère emporter la ville. En cas de victoire, Perpignan et ses 120 000 habitants deviendrait la ville la plus peuplée dirigée par un élu du Rassemblement national.

Martine Aubry à Lille

Martine Aubry à Lille (Nord), le 11 novembre 2019. (FRANCK CRUSIAUX / REA)

La maire sortante Martine Aubry devance ses adversaire à Lille (Nord) à l'issue du premier tour de ces municipales avec 28,8%, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Derrière l'ancienne première secrétaire du PS, Stéphane Baly (EELV) obtient 24,3%, Violette Spillebout (LREM) est à 17,2%, Julien Poix (LFI) ) 9% et Marc-Philippe Daubresse (LR) à 8,6%. La fin de campagne a notamment été marquée par l'annonce d'une enquête du Parquet national financier visant l'ancien ministre Marc-Philippe Daubresse.

En 2014, l'ancienne ministre du Travail était déjà arrivée en tête du premier tour avec 34,85% largement devant le candidat de la droite Jean-René Lecerf (22,73%) et le Front national (17,15%). Elle avait ensuite conforté son avance dans ce bastion socialiste en obtenant plus de 52% des voix, loin devant Jean-René Lecerf (29,71%) et le FN (18,22%). Cette année encore, Martine Aubry compte bien conserver la ville et repartir pour un quatrième mandat. Pour rappel, Lille est dirigée par les socialistes sans discontinuité depuis 1955. 

François Baroin à Troyes

François Baroin au congrés des maires de France à Paris, le 21 novembre 2019. (THOMAS SAMSON / AFP)

L'ancien ministre de l'Economie François Baroin est élu dès le premier tour à Troyes (Aube) avec 66,78% des voix pour un cinquième mandat, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Les autres candidats n'ont pas réussi à peser dans cette élection municipale Troyes. Anna Zajac (PS-PCF) obtient 14,06%, Jordan Guitton (RN) est à 11,26% et Loëtitia Dautet-Carougeat (LREM) à 5,48%.

En 2014, François Baroin l'avait déjà emporté à Troyes dès le premier tour avec 62,56%, loin devant le candidat socialiste (17,96%). L'actuel président de l'Association des maires de France renforce donc un peu plus sa position sur l'échiquier à droite en vue de l'élection présidentielle de 2022. L'ancien porte-parole du gouvernement Fillon a d'ailleurs promis "une indication à l’automne" concernant ses intentions. 

François Bayrou à Pau

Le président du MoDem François Bayrou, le 17 octobre 2019, à Bruxelles.  (ARIS OIKONOMOU / AFP)

L'ancien ministre de la Justice d'Emmanuel Macron termine largement en tête du premier tour à Pau (Pyrénées-Atlantiques) avec 45,83% des voix, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Il devance notamment Jérôme Marbot (PS-PCF-PRG) qui est à 21,98%, Jean-François Blanco (EELV) à 14,63% et Denis Bouzon (RN) à 6,93%. En 2014, François Bayrou avait obtenu 41,85% loin devant le candidat de la gauche (25,76%).

Le président du MoDem est donc bien placé pour garder la mairie de Pau. En 2014, il avait réussi à enlever la commune des mains du Parti socialiste en obtenant 62,95% des voix au second tour.

Steeve Briois à Hénin-Beaumont

Steeve Briois adresse ses voeux aux habitants d'Hénin-Beaumont, le 26 janvier 2020, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Steeve Briois est élu dès le premier tour à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) avec 73,95% des voix, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Comme en 2014, où il avait obtenu 50,25% dès le premier tour, le vice-président du Rassemblement national n'aura pas besoin de second tour dans ce fief du RN, laboratoire du "frontisme municipal" et terre d'élection de Marine Le Pen.

Lécologiste Marine Tondelier, qui a dénoncé dans un livre publié en 2017 la gestion municipale de Steeve Briois, arrive loin derrière avec 18,73%. Et la liste d’Hénin-Beaumont Action de Patrick Piret, une association citoyenne qui souhaitait apporter une alternative au RN, n'obtient que 7,32%.

Jean-François Copé à Meaux

Jean-Francois Copé arrive au quartier général des Républicains, le 9 mai 2017, à Paris. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Jean-François Copé a été une nouvelle fois élu facilement dès le premier tour à Meaux avec 76,36% des voix, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Comme en 2014, où il avait obtenu 64,30% des voix au premier tour, l'ancien président de l'UMP n'a pas tremblé pour conserver son fief. Après une traversée du désert à la suite de sa démission de la présidence de l'UMP en raison de l'affaire Bygmalion puis de sa lourde défaite aux primaires de la droite, l'ancien ministre délégué au Budget a effectué en octobre dernier un retour discret au sein de son parti, comme l'a relevé Le Parisien.

Les autres candidats arrivent loin derrière à Meaux. La liste "Vivre a Meaux ensemble" (Divers), menée par André Moukhine-Fortier, fait 12.26 %. La liste divers-gauche dirigée par Gilles Saveret obtient 6,76% et la liste d'union de la gauche menée par Jean-François Dirringer est à 4,62%.

Christian Estrosi à Nice

Christian Estrosi, le 26 novembre 2019, à Paris. (JEAN MICHEL LE MEUR / DPPI MEDIA)

A Nice, Christian Estrosi est très bien placé à l'issue de ce premier tour. Le maire LR sortant a récolté 47,62% des voix devant le candidat RN Philippe Vardon (16,69%) et l'écologiste Jean-Marc Governatori (11,30%), selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Il peut donc espérer décrocher un troisième mandat dimanche prochain, si le second tour a lieu. En 2014, Christian Estrosi avait obtenu 44,98% au premier tour, avant de s'imposer facilement dans une quadrangulaire au second tour. 

Christian Estrosi est parvenu à réunir son camp à l'approche de ce scrutin. Le principal danger pour lui, celui d'une division à droite, a été écarté en novembre quand le député LR Eric Ciotti a prudemment renoncé à se présenter. La fin de campagne a tout de même été marquée par les critiques des adversaires du maire sortant sur son écologie "de façade" et sur son manque d'ambition pour préparer la ville au changement climatique. "En deux mois, il est presque passé pour un petit bonhomme vert", estime ainsi Fabrice Decoupigny, de la liste Nice Ecologique. 

Stéphane Le Foll au Mans

Stéphane Le Foll pose dans son bureau après avoir annoncé sa candidature pour les municipales, le 29 mars 2020, au Mans (Sarthe). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Le maire sortant  Stéphane Le Foll arrive en tête du premier tour au Mans (Sarthe) avec 41,99% des voix devant la liste dissidente de la députée socialiste Marietta Karamanli (13,24%), iste EELV menée par Isabelle Sévère et la liste de droite menée par Emmanuel Bilquez (8,52%), selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. A noter que le candidat LREM Gilles Gerchet n'arrive qu'en cinquième position avec 7,01%.

L'ancien ministre de François Hollande est donc très bien placé pour l'éventuel second tour à venir.  Stéphane Le Foll a pris les rênes de la mairie après la mort du maire socialiste Jean-Claude Boulard en 2018. Aux municipales de 2014, ce dernier avait recueilli 34,74% des suffrages au premier tour et l'avait emporté de peu avec 45,74% dans une triangulaire au second tour. 

Robert Ménard à Béziers

Robert Ménard lors d'un meeting de soutien au candidat du Rassemblement national à Sète (Hérault), le 22 janvier 2020. (PASCAL GUYOT / AFP)

Robert Ménard a le sourire. Le maire sortant de Béziers (Hérault), soutenu par le Rassemblement national, est élu dès le premier tour pour un deuxième mandat avec 68,74% des voix, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Il devance largement le candidat divers-droite Pascal Resplandy (11,54%) et le candidat de gauche Nicolas Cossange (6,11%). Robert Ménard améliore son score puisqu'en 2014, l'ancien journaliste avait eu besoin d'un second tour après avoir obtenu 44,88% des voix au premier.

Robert Ménard a récupéré en 2014 une ville en plein marasme socio-économique pour bâtir un fief politique sur les thèses de l'ultradroite à Béziers. L'ancien président de l'ONG Reporters Sans Frontières juge la ville désormais "plus sûre, plus belle, plus propre". Mais la sous-préfecture de l'Hérault reste une des villes les plus pauvres de France. "Si la situation financière est en voie de rétablissement, l'absence de réalisation de nouveaux équipements structurants (...) est un handicap susceptible de pénaliser le développement du territoire", commente la Cour des comptes dans un rapport sur la période 2013-2019. 

Florian Philippot à Forbach

Florian Philippot sort du commissariat où le leader des "gilets jaunes" Eric Drouet est détenu, le 3 janvier 2019, à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

"Si Philippot perd, il est mort. Il lui resterait quoi comme mandat ? Il n'est plus député européen", estimait en début de semaine dans Le Parisien Anthony Thiel, le jeune candidat PS à Forbach (Moselle). L'avenir politique de Florian Philippot s'est effectivement rétréci au soir du premier tour. Le président du parti Les Patriotes termine en cinquième position avec 9,71% des voix, derrière notamment le centriste Alexandre Cassaro (21,7%) et le candidat de droite Eric Diligent (19,32%), selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria.

Seule satisfaction pour Florian Philippot, le RN, qui avait décidé de mettre un candidat face à son ancien cadre parti créé son propre mouvement en 2017, ne fait que 4,31%. En 2014, alors qu'il était vice-président du Front national (l'ancien Rassemblement national), Florian Philippot avait obtenu environ 35% des voix au premier comme au deuxième tour dans une configuration de quadrangulaire. Ce score lui avait permis d'apparaître alors comme le principal opposant à la majorité municipale. 

Eric Piolle à Grenoble

Eric Piolle lors d'un meeting à Grenoble (Isère), le 11 mars 2020. (JEFF PACHOUD / AFP)

Les écologistes ont le sourire. Eric Piolle termine largement en tête du premier tour à Grenoble avec 46,2% des voix, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. En 2014, l'écologiste était déjà arrivé en première position avec 29,40%, avant de s'imposer au second tour dans une quadrangulaire avec 40,95% des voix. Cette fois, il devance facilement le candidat soutenu par LR Alain Carignon (20,2%), la candidate soutenue par LREM Emilie Chalas (14,1%) et le socialiste Olivier Noblecourt (12,7%).

Grenoble, seule ville de plus de 100 000 habitants dirigée par un écologiste, était scrutée nationalement pour savoir si les Verts et leurs alliés allaient transformer l'essai. Car pour les écologistes, Grenoble représente "une vitrine, un laboratoire sur les politiques publiques et le fait de nous rassembler", avait estimé Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, pendant la campagne.

Philippe Poutou à Bordeaux

Philippe Poutou en campagne sur le marché des Capucins, le 7 mars 2020, à Bordeaux (Gironde). (GEORGES GOBET / AFP)

Philippe Poutou a réussi son pari. L'ancien candidat à l'élection présidentielle est en mesure de se qualifier pour le second tour à Bordeaux avec 11,77% des voix, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Il termine en quatrième position, derrière le candidat de la droite Nicolas Florian (34,55%), l'écologiste Pierre Hurmic et le candidat LREM Thomas Cazenave (12,69%).

L'entrée en lice plus tardive de la liste "anticapitaliste" menée par Philippe Poutou a ajouté à la configuration très inhabituelle du scrutin dans une ville en pleine transformation. Bordeaux se prépare, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, à devoir organiser un second tour aux élections municipales, après 73 ans des règnes de Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé, toujours élus au premier tour.

Cédric Villani à Paris

Cedric Villani lors du débat entre les candidats à la mairie de Paris sur franceinfo, le 10 mars 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Cédric Villani est l'un des grands perdants de la bataille de Paris. L'ancien député LREM, parti en dissidence après s'être vu refuser l'investiture par le parti présidentiel, n'est pas parvenu à convaincre les Parisiens. Il obtient 6,7% des voix à Paris, en cinquième position loin derrière la socialiste Anne Hidalgo (30,2%), la candidate LR Rachida Dati (22%) et la marcheuse Agnès Buzyn (17,6%), selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. Cédric Villani va désormais être courtisé par les candidats présents au second tour, à commencer par l'ancienne ministre de la Santé.

Dans une compagne marquée par l'abandon spectaculaire de Benjamin Griveaux, le mathématicien aura eu du mal à faire entendre sa voix malgré des propositions originales notamment sur l'utilisation de l'intelligence artificielle pour régler les problèmes de quotidien des Parisiens. Après son départ de LREM acté pendant la campagne, il va désormais devoir choisir entre rentrer dans le rang des marcheurs ou garder ses distances avec la majorité présidentielle.

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