Ambassadeur aux droits LGBT+, création d'un fonds : les propositions d'Elisabeth Borne "vont dans le bon sens", affirme le sénateur PS Hussein Bourgi

Le sénateur PS Hussein Bourgi porte une proposition de loi pour verser une "réparation" aux personnes condamnées pour homosexualité. Une proposition qu'Elisabeth Borne s'est dit prête à "regarder".

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La Première ministre Elisabeth Borne, accompagnée d'Isabelle Rome, ministre déléguée en charge de l'égalité homme-femme, au centre LGBT+ GAG45 à Orléans, le 4 août 2022. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Les propositions d'Elisabeth Borne pour lutter contre l'homophobie "vont dans le bon sens", estime Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault, membre du bureau national du PS et conseiller régional d’Occitanie, sur franceinfo jeudi 4 août.

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A l'occasion des 40 ans de la dépénalisation de l'homosexualité, la Première ministre a annoncé la création d'un fonds de trois millions d'euros pour aider les centres LGBT+ en France et la nomination "d'ici à la fin de l'année" d'un ambassadeur aux droits LGBT+.

franceinfo : Que pensez-vous des propositions d'Elisabeth Borne ?

Hussein Bourgi : Je ne sais pas si elles suffiront, a priori, je ne pense pas, mais ce n'est pas grave, c'est un pas de plus. J'ai envie de voir davantage le verre à moitié plein que le verre à moitié vide. À propos de la nomination prochaine d'un ambassadeur des droits LGBT+ qui a vocation à parler avec d'autres pays, on s'inspire de ce qu'on fait d'autres pays européens, d'Europe du Nord en particulier depuis plusieurs années maintenant.

"C'est fort utile d'avoir ce dialogue avec d'autres pays, notamment en Afrique où la situation des personnes LGBT+ est particulièrement inquiétante avec des persécutions d'État et des répressions policières et judiciaires."

Hussein Bourgi

à franceinfo

Avoir quelqu'un qui fasse un travail de veille, qui puisse faciliter l'octroi de titres de réfugiés ou qui permette de faire ce travail de médiation avec l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et avec le ministère de l'Intérieur, c'est particulièrement bienvenu.

Elisabeth Borne propose aussi de créer 10 nouveaux centres d'accueil LGBT+ pour qu'il y en ait au moins deux dans chaque région de l'hexagone et au moins un dans chaque région d'Outre-Mer. Le fonds annoncé suffira-t-il à financer ces centres ?

J'entends bien les trois millions d'euros alloués mais je pense que c'est moins une question de financements que de ressources humaines. Pour ouvrir une structure, il faut des bénévoles et des personnes qui ont les compétences pour accueillir, écouter, orienter et aider les jeunes et les moins jeunes. Ça ne s'improvise pas. Ce fonds pourrait aider, ici ou là, des initiatives à se structurer et à louer des locaux. On a surtout besoin de ce bénévolat associatif : en France, que ce soit pour les droits des femmes ou des homosexuels, c'est souvent autour du bénévolat de gens engagés que les combats ont pu se structurer.

Elisabeth Borne s'est aussi dite prête à "regarder" votre proposition de loi pour une "réparation" des personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982. Cela va-t-il dans le bon sens ?

Ça me donne de l'espoir et je pense que la France est un pays qui sait regarder son passé. L'histoire de tout pays est constituée de parts de lumière dont il faut tirer une légitime fierté, mais aussi de parts d'ombre qu'il faut regarder avec beaucoup de courage. [Il s'agit de] reconnaitre qu'il y a eu des déportations pour motif d'homosexualité depuis la France vers les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, que la législation scélérate adoptée par le gouvernement du Maréchal Pétain a permis des arrestations, des humiliations, des dénonciations en public, aux employeurs, à la famille, au voisinage, mais aussi la condamnation à des peines d'amende et de prison d'environ 10 000 personnes en France en raison de leur homosexualité. [Le but est], en vertu de cette reconnaissance-là, de verser une réparation à ces personnes qui serait d'ordre purement symbolique. L'objet de cette proposition de loi est surtout de m'adresser à ces 10 000 personnes qui ont été condamnées. Malheureusement, il ne reste que quelques milliers de personnes encore en vie qui sont très âgées, qui ont 80 ans, 90 ans.

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