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"Procrastination", "temps perdu" : l'essentiel de la classe politique dénonce la stratégie des petits pas du gouvernement contre le Covid-19

Alors que le gouvernement a annoncé vendredi un renforcement du couvre-feu et une fermeture des frontières, les oppositions dénoncent ces décisions. De la gauche de l'échiquier politique à la droite, beaucoup estiment que les mesures ne vont pas assez loin.

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édité par Cyrille Ardaud - Benjamin Mathieu
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Jean Castex, le 29 janvier 2021, au palais de l'Elysée. (BENOIT TESSIER / POOL)

"On vous met un garrot autour de la gorge et on tourne ce garrot pour vous étouffer" : le sénateur PS Patrick Kanner choisit l'image du garrot espagnol pour résumer la semaine qui a précédé les annonces de Jean Castex. Le Premier ministre n'a finalement pas annoncé de troisième confinement, mais plutôt un renforcement des mesures de couvre-feu et une fermeture des frontières.

Avant Patrick Kanner, d'autres avaient comparé l'attente à un "supplice chinois". Et si la décision est finalement moins dure qu'attendue, le patron des socialistes au Sénat craint qu'on aboutisse in fine à un confinement : "Le garrot a été un peu desserré par rapport à ce que l'on envisageait. Mais je crains que malheureusement on aille jusqu'au bout."

"On voit bien qu'aujourd'hui, le gouvernement est extrêmement divisé"

Patrick Kanner a estimé sur franceinfo qu'il n'était plus temps de tergiverser. Dans sa région des Hauts-de-France, le variant anglais représente environ 20% des nouvelles contaminations au coronavirus : "On voit bien qu'aujourd'hui, le gouvernement est extrêmement divisé entre ceux qui pensent qu'il faut aller vite pour casser l'épidémie et prendre enfin un train d'avance, et ceux qui ont d'autres considérations." Le sénateur PS s'interroge : "Est-ce qu'à force de procastiner et de retarder la décision, on n'est pas en train de mettre en danger des milliers voir des dizaines de milliers de nos concitoyens ?" Même interrogation pour le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, sur Twitter.

Du côté d'Europe Ecologie-Les Verts, on estime que repousser le reconfinement est synonyme de mise en danger des hôpitaux et du personnel. "Il faut agir tant qu'il encore temps, pour éviter la saturation des hôpitaux et donc sauver des vies, estime Sandra Régol, secrétaire générale adjointe d'EELV, ce confinement aurait dû intervenir il y a plusieurs semaines, de façon courte et assorti d'une politique de vaccination très forte. Nous aurions protégé doublement, d'une part de la diffusion des variants, et dans le même temps nous aurions protégé la population grâce à la vaccination."

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon déplore sur son compte Twitter "le temps perdu" dans la lutte contre l'épidémie. Et met en cause la stratégie gouvernementale, en particulier dans la mise en oeuvre de la vaccination.

Le RN salue la fermeture des frontières extra-européennes

Au Rassemblement National, on salue tout de même la mesure de fermeture des frontières extra-européennes, et le parti rappelle qu'il le demande depuis près d'un an. Mais pour Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, l’exécutif ne mesure pas l’état de lassitude de la population : "Selon une étude, 70% des étudiants et 50% des salariés se déclarent en détresse psychologique. On a vu récemment une autre étude qui montrait qu'une PME sur deux risquait d'aller dans le mur en cas de nouveau confinement, il faut tout faire pour l'éviter."

Certains, plus rares, défendent les mesures annoncées par le Premier ministre. Sur franceinfo, Dominique Bussereau, le président de l'Assemblée des départements de France a estimé que la décision de Jean Castex allait dans le bon sens : "J'espère que cela ne sera pas une mesure d'attente, il faut que chacun de nous joue le jeu et que chacun respecte bien les règles parce que la prochaine étape pourrait être rapide. Il faut peut-être en effet être un peu plus sévère dans le contrôle du couvre-feu. C'est une mesure de bon sens."

D'un bord à l'autre de l'échiquier politique, tous s'accordent en tout cas sur un point : l’exécutif n’a fait qu’un pas de côté, pour gagner du temps. Le feuilleton autour d’un troisième confinement risque de se poursuivre.

Quelques réactions politiques recueillies par Benjamin Mathieu
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