Envoyé spécial, France 2

Envoyé spécial du jeudi 21 mai 2015

a revoir

Présenté parGuilaine Chenu, Françoise Joly

Diffusé le 21/05/2015Durée : 01h28

Ce direct est terminé et sera disponible en rattrapage dans quelques minutes.

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Les dessous du "made in China" français

Aubervilliers, nouveau quartier général du vêtement chinois ? Cette ville de Seine-Saint-Denis est devenue au fil des ans la capitale de la fringue "made in China". Tailleur à 40 euros trouvé dans une boutique du centre-ville, baskets vendus chez un soldeur... Il y a fort à parier qu'une partie de votre garde-robe ait transité par Aubervilliers, la nouvelle porte d'entrée du vêtement chinois en Europe. Entre le stade de France et le périphérique, le commerce de gros bat son plein avec des boutiques au nom un rien kitsch : Glam couture, La bottine souriante ou Miss Baby Hot Bottom. Coupes, couleurs, matières : les grossistes offrent un choix presque infini.

La quasi-totalité des affaires sont familiales, tenues par des Chinois issus de la région de Wenzhou. Ici, les produits sont pour la plupart fabriqués en Chine, importés par des grossistes et revendus ensuite dans nos petites boutiques de centre-ville. Mais beaucoup de ces vêtements sont fabriqués sur place. L'impulsion économique donnée par les grossistes a créé de l'emploi au sein de la communauté chinoise. La plupart des femmes y sont couturières, seul métier possible quand on ne parle pas le français. Mais ces "petites mains" sont des proies faciles pour des grossistes peu scrupuleux.

Leslie Benzaquen et Yvan Bumier ont découvert, pour Envoyé spécial, des ateliers clandestins dans les sous-sols des pavillons de banlieue. Des ateliers qui emploient des migrants chinois sans titre de séjour et leur imposent des conditions de travail difficiles. Entassées sur quelques mètres carrés, dans des caves, ces ouvrières chinoises travaillent 7 jours sur 7, 12 heures par jour pour fabriquer nos robes et nos tee-shirts.

Liberté, égalité, laïcité ?

Quelques jours après les attentats de janvier à Paris, les élus des Villes de France annonçaient dans un communiqué que la laïcité était le pivot du vivre ensemble. Caroline Cayeux, sénateur-maire de Beauvais affirmait :"Nous devons être collectivement plus exigeants sur le principe de laïcité dans nos villes". Et depuis les attentats qui ont meurtri la France, de nombreux maires sont confrontés aux problèmes de laïcité.

La question des cantines scolaires et du menu unique illustre bien les défis des maires face à la laïcité. Ainsi, en mars dernier, c'est au nom de ce principe cher à la République que le maire UMP de Chalon-sur-Saône a décidé de revenir sur une pratique courante dans de nombreuses villes : proposer un deuxième menu dans les cantines scolaires quand le plat de viande servi est du porc. Il est temps, selon lui, de mettre fin à la pratique des menus alternatifs : "La règle, c'est qu'au nom de la laïcité, il y a une égalité devant le service public mais depuis trente ans, on s'est accommodé. Nous avons cédé aux pressions religieuses alors que ces prescriptions ne doivent pas dicter ce que doit être le débat public. À la rentrée prochaine, nous aurons réaffirmé les principes fondamentaux du vivre-ensemble." Sa décision a provoqué un tollé.

En septembre dernier, à Amiens, c'est l'extension du carré confessionnel musulman dans l'un des cimetières de la ville qui a fait l'objet d'un vif débat. Une autre problématique qui alimente la controverse est la non-mixité demandée dans certains espaces publics, notamment les piscines. La laïcité serait-elle devenue encore plus un sujet de crispation depuis les attentats de janvier ? Séverine Lebrun et Claire-Marie Denis se sont rendues en Haute-Savoie. Là-bas, tout un village se déchire autour d'une statue de la Vierge Marie édifiée illégalement sur l'espace public par le maire. À Argenteuil, les questions religieuses auraient gagné le cœur même de la mairie. Enquête sur les pratiques des élus de la République.

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