Présidentielle 2022 : conseillers, financiers, soutiens... Qui sont les membres de la galaxie Zemmour ?

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Sarah Knafo, Olivier Ubéda, Samuel Lafont ou encore Stanislas Rigault font partie des membres actifs de la campagne d'Eric Zemmour. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Pour mener sa campagne, Eric Zemmour s'est entouré de professionnels de la politique et de la communication. Franceinfo vous présente les différents cercles de l'équipe du candidat d'extrême droite.

Après plusieurs mois de faux suspense, Eric Zemmour est officiellement candidat à l'élection présidentielle. Le polémiste d'extrême droite s'est déclaré, mardi 30 novembre, dans une vidéo publiée sur YouTube. Pour mener sa campagne, l'ancien chroniqueur a décidé de faire appel à une vingtaine de collaborateurs qui travaillent activement dans l'ombre. Une garde rapprochée essentiellement masculine et composée d'anciens préfets ou de ténors de la communication politique comme Olivier Ubéda, mais surtout de jeunes loups de la politique qui misent sur la victoire de leur champion en 2022 pour "sauver la France". Plongée dans la galaxie Zemmour.

Les têtes pensantes 

Sarah Knafo et Olivier Ubéda (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Sarah Knafo. Cette magistrate de la Cour des comptes de 28 ans occupe presque tous les postes-clés de la campagne d'Eric Zemmour. Plume, conseillère spéciale, directrice de campagne et de la communication... La jeune énarque, qui partage désormais la vie du polémiste, coordonne aussi la totalité des membres de son équipe resserrée. "Après Eric, c'est notre grande cheffe. Nous la respectons beaucoup, ça fait près d'un an qu'elle prépare l'ascension de son champion. Avec du recul, on peut dire que sans elle et son gros réseau, Eric n'aurait peut-être pas été en mesure d'aller aussi loin dans cette aventure politique", assure un proche, admiratif de celle qu'il appelle "la spin doctor" de la campagne.

Olivier Ubéda. "Le meeting du 5 décembre, c'est moi !" assure-t-il. Car Olivier Ubéda n'est pas du genre modeste. Il faut dire que le communicant qui arbore ses éternelles baskets blanches aux pieds affiche aussi un CV long comme le bras. Ancien conseiller de François Léotard, de Rachida Dati, de Nicolas Sarkozy ou encore de Bruno Le Maire, il roule désormais pour Eric Zemmour. Son rôle ? "J'ai organisé les 17 dates de sa tournée littéraire dans toute la France et je suis en charge des événements et des opérations publiques", confie le stratège, qui a été présenté au polémiste par l'intermédiaire d'Erik Tegnér, le créateur du média conservateur Livre noir. Unique salarié de la campagne avec Albéric Dumont, le responsable de la sécurité du candidat, Olivier Ubéda est le grand artisan du premier meeting de campagne d'Eric Zemmour prévu dimanche 5 décembre à Villepinte. "Nous allons dévoiler les affiches de campagne et notre slogan. Ce sera un moment très signifiant", promet-il.

La garde rapprochée

Dénis Cieslik, Jonathan Nadler, Jean-Paul Bolufer, Grégoire Tingaud et François Miramont. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Dénis Cieslik. A 26 ans seulement, ce haut fonctionnaire a la lourde tâche de convaincre les maires, conseillers départementaux et régionaux de lui apporter les 500 parrainages nécessaires pour qu'Eric Zemmour puisse être officiellement candidat. "Nous partons de très loin car nous n'avons pas le soutien d'un parti politique traditionnel, mais nous avons 600 ambassadeurs mobilisés partout sur le territoire", explique celui qui était encarté à l'UDI à l'âge de 17 ans. Dénis Cieslik ne prend pas son rôle à la légère et reconnaît "avoir une grosse pression". Le jeune conseiller, qui enchaîne les plateaux de télévision depuis l'annonce officielle de la candidature d'Eric Zemmour, estime à "plus de 250" le nombre de promesses de parrainages reçues à ce jour.

Jonathan Nadler. Ce trentenaire très discret coordonne le pôle programmatique. Depuis mars, ce diplômé de Sciences Po Paris s'appuie sur 300 contributeurs pour faire remonter des propositions tous domaines confondus. "Nous avons 28 groupes thématiques composés de personnes venant de la société civile comme des magistrats, mais aussi des fonctionnaires en provenance des ministères", explique le jeune banquier chez JP Morgan, qui vient de se mettre en disponibilité pour la campagne. Jonathan Nadler a rencontré Eric Zemmour par l'intermédiaire de Sarah Knafo et il travaille en fait pour le polémiste depuis un an. "Je lui filais un coup de main pour ces émissions sur CNews", confirme-t-il. La préparation des éléments de langage avant les interviews fait d'ailleurs toujours partie des missions du jeune homme, qui vient également de lancer @DécodageZemmour, un compte Twitter qui assure faire du fact-cheking sur les propositions du candidat.

Jean-Paul Bolufer. Préfet honoraire à la retraite, Jean-Paul Bolufer est le chef de cabinet d'Eric Zemmour. Il a donc la charge de tenir l'agenda chargé du candidat. Cet énarque proche de la droite catholique, qui a été le directeur adjoint de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, mais aussi membre du cabinet de Christine Boutin, alors ministre du Logement sous Nicolas Sarkozy, a en effet toujours défendu les valeurs familiales traditionnelles. Ce partisan de la Manif pour tous a d'ailleurs créé l'association antiavortement Laissez-les vivre.

Grégoire Tingaud. Cet ancien cadre du Mouvement national pour la France (MNR) de Bruno Mégret est chargé de l'organisation et de la structuration militante du futur parti politique d'Eric Zemmour dans toute la France. "Nous avons des coordinateurs départementaux et régionaux qui sont en place pour recruter les militants de l'association Les Amis d'Eric Zemmour, qui prendra bientôt un autre nom", annonce Grégoire Tingaud. Parmi les profils recherchés : des anciens militants du Rassemblement national, des sympathisants des Républicains ou de Debout la France et surtout des primo-militants issus de la société civile. Une mission de "coordinateur national du maillage territorial", comme il aime à le rappeler, d'autant plus importante en vue des élections législatives lors desquelles Eric Zemmour souhaite présenter "le maximum de candidats"

François Miramont. En créant la page Facebook Les Amis d'Eric Zemmour en novembre 2019, François Miramont a été l'un des premiers à croire à une candidature à l'Elysée du chroniqueur télé. Ancien assistant parlementaire des élus centristes Michel Mercier et Jean-Jacques Jégou, il dirige à 52 ans une société de chasseurs de têtes dans l'informatique dans la Somme. Discret, il préside aujourd'hui l'association Les Amis d'Eric Zemmour mais préfère travailler dans l'ombre plutôt que de s'exprimer dans les médias. 

Les relais médiatiques

Stanislas Rigault, Antoine Diers, Samuel Lafont et Diane Ouvry. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Stanislas Rigault. Petite mèche sur le côté, costume bleu et chemise blanche... Stanislas Rigault ressemble comme deux gouttes d'eau aux jeunes sarkozystes qui soutenaient le futur président de la République en 2012. Mais le fondateur du magazine de droite L'Etudiant libre est bien en phase avec les idées souverainistes d'Eric Zemmour. A 22 ans, il est le président de Génération Z, un mouvement censé rassembler "la jeunesse de France" autour de l'ancien chroniqueur. Très à l'aise sur les plateaux de télévision, il fait partie des figures qui vont multiplier les interventions médiatiques durant toute campagne. 

Antoine Diers. "Je le soutiendrai de toutes mes forces." Voici ce qu'a tweeté Antoine Diers quelques minutes après la déclaration de candidature d'Eric Zemmour. Agé de 33 ans, ce fidèle soutien, qui aurait été mis sur la touche par le candidat ces dernières semaines pour avoir déclaré beaucoup trop tôt sa candidature aux législatives dans le Nord, est donc bien de retour. Totalement inconnu du grand public il y a encore quelques mois, le directeur de cabinet du maire LR du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) enchaîne à nouveau les plateaux de télévision comme il le faisait depuis le printemps. Allure de châtelain, longue mèche blonde bien coiffée et moustache impeccablement frisée, cet ancien membre actif du syndicat étudiant de droite UNI se présente aujourd'hui comme le porte-parole de l'association Les Amis d'Eric Zemmour.  

Samuel Lafont. "Je pense que ce qui peut vraiment changer les choses, c'est le numérique." Samuel Lafont chapeaute un réseau de 600 bénévoles en charge de l'activité numérique du candidat. Ancien responsable des réseaux sociaux pour François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017, le jeune homme de 33 ans au physique de gendre idéal a une passion : "troller" sur Twitter. Côté réseaux sociaux, ceux relatifs au mouvement Génération Z sont animés par Eléonore Lhéritier. En lien avec Samuel Lafont, cette jeune femme de 34 ans participe notamment à redorer l'image d'Eric Zemmour envers l'électorat féminin. Ils ont ainsi lancé une vaste campagne avec le mot-dièse #LesFemmesAvecZemmour sur Twitter

Diane Ouvry. C'est l'autre figure féminine de l'équipe du polémiste (avec aussi Sarah Knafo et Sophie Clavel, l'assistante personnelle d'Eric Zemmour). Diane Ouvry a d'abord été la collaboratrice parlementaire du député LR Jean-François Parigi, avant de devenir attachée de presse des éditions Ring. Elle a petit à petit rejoint les rangs de l'extrême droite et s'occupe des relations presse du candidat Zemmour. Cette diplômée d'un master en droit public a également la charge de rédiger les campagnes de courriels pour encourager les sympathisants à rejoindre et soutenir Eric Zemmour. "Les LR, je les ai bien connus à l'Assemblée nationale, et ils sont bien souvent très frileux et pas très courageux. Le seul qui dit vraiment les choses sans politique politicienne, c'est Eric Zemmour", martèle a jeune communicante de 28 ans pour expliquer son ralliement.

Les financiers

Julien Madar, Gilbert Payet et Charles Gave. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Julien Madar. C'est LE monsieur financement de la campagne. Le jeune chef d'entreprise, passé par la banque d'affaires Rothschild et par Checkmyguest, une start-up spécialisée dans la gestion locative d'appartements, fait rencontrer des dirigeants d'entreprise et autres jeunes entrepreneurs à Eric Zemmour. "Mon rôle est de convaincre des personnes physiques de donner de l'argent à titre privé et d'assurer les levées de fonds de la campagne", explique Julien Madar. A 32 ans, il assure récolter également "les milliers de petits dons que font les Français" aux Amis d'Eric Zemmour.

Gilbert Payet. C'est grâce à Sarah Knafo que Gilbert Payet a rejoint la campagne d'Eric Zemmour. La conseillère politique du candidat a en effet effectué un stage au cabinet de l'ancien préfet des Pyrénées-Atlantiques à Pau lorsqu'elle étudiait à l'ENA. "Eric m'a proposé d'être son conseiller technique et juridique et j'ai dit oui, explique-t-il. Ma mission est de superviser le pôle des affaires générales, c'est-à-dire les affaires juridiques et budgétaires, ainsi que l'association de financement de la campagne." A 68 ans, Gilbert Payet a mené une longue carrière au ministère de l'Intérieur et a aussi été conseiller technique de Jean-Pierre Raffarin à Matignon en 2004. Il a décidé de rejoindre aujourd'hui Eric Zemmour parce que, selon lui, "c'est le seul candidat qui peut lutter efficacement contre l'immigration irrégulière". 

Charles Gave. Le prêt de 300 000 euros accordé par le millionnaire à Eric Zemmour en septembre avait permis au candidat de gagner en crédibilité. Mais le financier eurosceptique et proche des milieux identitaires a décidé de se retirer la campagne. Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer ce départ, à commencer par un présumé conflit entre Erik Tegnér et Garen Shnorhokian, deux amis de Sarah Knafo, et la fille de Charles Gave pour une histoire d'argent datant de 2019. "C'est un grand garçon. Maintenant, il est à 17% dans les sondages. Il n'a plus besoin de moi", a-t-il tenté de justifier sur BFMTV

Les élus qui le soutiennent...

Eric Zemmour a reçu pour le moment très peu de soutiens de la part d'élus ou anciens élus de premier rang. L'ancien candidat à la primaire de la droite en 2016, Jean-Frédéric Poisson, ne l'a pas encore confirmé officiellement, mais il ne fait plus de doute que l'ex-député fera campagne pour le candidat d'extrême droite. "Calme, posé, ferme et posture de candidat : bravo pour cette belle séquence. Entrée en campagne réussie et à la hauteur de l'enjeu", a-t-il réagi sur Twitter après la première interview du candidat sur TF1 mardi 30 novembre.

Jacques Bompard, l'ancien maire d'Orange, contraint à la démission après sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêt, a également décidé de s'engager derrière le candidat. Tout comme son fils Yann Bompard qui vient de lui succéder à la mairie. D'autres élus de communes plus modestes ont également fait part de leur soutien à Eric Zemmour, à l'instar de Loup Bommier, le maire de Gurgy-le-Château (Côte-d'Or), mais aussi de Spike Groën, le maire de Saint-Gilles (Indre), et de Gérard Dézempte, le maire de Charvieu-Chavagneux (Isère). Ce dernier avait accueilli le polémiste dans sa ville il y a quelques semaines pour une séance de dédicaces de son livre.

Quelques personnalités font aussi partie des soutiens officiels ou officieux du candidat, comme le très médiatique Jean Messiha, ancien délégué national du RN, habitué des plateaux de CNews, ou encore Benjamin Cauchy, ex-figure du mouvement des "gilets jaunes", aujourd'hui chroniqueur dans l'émission "Les Grandes Gueules" sur RMC.

... et ceux qui hésitent encore 

Plusieurs élus issus de la droite hésitent toutefois à s'engager derrière Eric Zemmour. C'est le cas de Philippe De Villiers, ancien président du Mouvement pour la France. Le souverainiste, qui devait au départ prendre la parole au meeting de Villepinte, ne le fera finalement pas. Il en aurait en effet informé le candidat il y a quelques jours car il craint "qu'un soutien trop affiché ne nuise à la réputation du parc du Puy du Fou" dont il est le patron. 

Charles Millon, l'ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac, laisse planer le doute sur son soutien à Eric Zemmour. L'entourage du candidat d'extrême droite assure que celui qui avait été réélu président de la région Rhône-Alpes en 1998 après avoir pactisé avec le Front national a assisté au premier comité politique de la campagne mercredi 1er décembre. "Je me prononcerai en temps et en heure", répond l'intéressé.

Les noms d'Etienne Blanc et Sébastien Meurant, deux sénateurs LR, circulent également parmi les potentiels soutiens d'Eric Zemmour. Ces élus du Rhône et du Val-d'Oise affichent pour l'instant leur soutien à Eric Ciotti au congrès des Républicains, en attendant les résultats du second tour et de savoir qui représentera la droite à la présidentielle.

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