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Guerre en Ukraine : "Les sanctions économiques prises contre la Russie sont d'une ampleur et d'une nature inédite", estime un avocat spécialisé

Pour l'avocat Olivier Dorgans invité sur franceinfo, il n'y a "jamais" eu de "sanctions aussi fortes [...] à l'encontre d'un pays qui a la puissance économique de la Russie". Des sanctions qui privent la Russie "de ses possibilités de sauvegarde et c'est la meilleure façon d'étouffer économiquement un pays".

Article rédigé par franceinfo
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Le président russe Vladimir Poutine lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 1er mars 2022. (ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK VIA AFP)

"Les sanctions qui ont été adoptées par trois vagues successives ces dix derniers jours [contre la Russie] sont d'une ampleur et d'une nature inédite", déclare mardi 1er mars dans l'après-midi Olivier Dorgans, avocat spécialiste des sanctions économiques, invité de franceinfo. Le 1er mars au matin, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, a promis sur franceinfo que la France allait "livrer une guerre économique et financière totale à la Russie".

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Ces sanctions, "c'est du jamais vu à l'encontre d'une puissance économique comme la Russie", assure Olivier Dorgans, qui rappelle qu'"on a eu des sanctions aussi fortes, voire par certains aspects plus fortes, par exemple contre la Corée du Nord ou l'Iran, mais jamais à l'encontre d'un pays qui a la puissance économique de la Russie". L'avocat spécialiste des sanctions économiques prévient que pour voir l'efficacité de ces sanctions, "ça va prendre un peu de temps", puisque, dit-il, "les sanctions économiques s'inscrivent dans une certaine durée".

Etouffer économiquement la Russie

Interrogé sur la force de ces sanctions, Olivier Dorgans cite celles qui touchent la Banque centrale de Russie. Il estime que ce sont les plus fortes du "package". "La Banque centrale de Russie avait capitalisé et préparé ces sanctions en mobilisant et en stockant un certain nombre de réserves de devises et d'or, et ce que viennent de faire les Européens, ce qui est assez courageux, c'est d'empêcher la Banque centrale de Russie d'utiliser ses réserves à l'international, sur les marchés occidentaux." En somme, résume l'avocat, "ça la prive de ses possibilités de sauvegarde et c'est la meilleure façon d'étouffer économiquement un pays".

Sur franceinfo, Bruno Le Maire a dit vouloir "viser les oligarques" russes, mais pour Olivier Dorgans, "on est plus sur l'ordre du symbole ici".

L'avocat explique que "le gel des avoirs ne permet pas de disposer des biens, il permet de venir saisir des bateaux, des propriétés immobilières, mais ces actifs, l'Etat français ou les pays membres de l'UE ne peuvent pas les vendre : c'est davantage quelque chose qui va venir nuire à la capacité de ces oligarques de venir profiter de leur vie". L'objectif final, conclut Oliver Dorgans, c'est que, par leur mécontentement, ces oligarques "viennent faire pression sur Vladimir Poutine".

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