Evguéni Prigojine, le fondateur de Wagner, estime que le groupe paramilitaire russe défend "les démunis africains"

Les hommes de Wagner sont présents notamment en Centrafrique, au Mali et en Libye. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Dans cette photo d'archive prise le 20 septembre 2010, l'homme d'affaires Evguéni Prigojine, à gauche, montre au Premier ministre russe Vladimir Poutine son usine de repas scolaires à l'extérieur de Saint-Pétersbourg, en Russie. (ALEXEI DRUZHININ / POOL SPUTNIK KREMLIN)

Evguéni Prigojine, homme d'affaires russe que l'on surnomme le "cuisiner de Poutine", a reconnu lundi 26 septembre 2022 avoir fondé le groupe paramilitaire Wagner dont les hommes "ont défendu", entre autres, "les démunis africains et latino-américains". 

En Afrique, la présence de Wagner a été documentée en Libye, en Centrafrique et au Mali. Mais elle est souvent réfutée notamment par les autorités maliennes et centrafricaines qui semblent s'être alignées jusqu'ici sur Moscou. Le président russe Vladimir Poutine avait lui-même démenti en octobre 2021 que le groupe, dont l'existence n'est pas officielle dans son pays où les sociétés privées militaires sont interdites, réalisait ses basses-œuvres et servait les intérêts de la Russie.  

L'homme d'affaires, proche du Kremlin, a indiqué que le groupe paramilitaire a été d'abord créé pour envoyer des combattants compétents au Donbass ukrainien où Moscou a orchestré l'émergence d'un mouvement séparatiste armé. "C'est à ce moment-là, le 1er mai 2014 qu'est né un groupe de patriotes qui a pris le nom de Groupe tactique de bataillon Wagner", explique-t-il dans une publication de son entreprise Concord sur le réseau social russe VKontakte. 

"Et maintenant un aveu (...) ces gars, des héros, ont défendu le peuple syrien, d'autres peuples de pays arabes, les démunis africains et latino-américains, ils sont devenus un pilier de notre patrie".

Evguéni Prigojine

Communiqué

"Captation du pouvoir"

Alors que Bamako et Bangui ne cessent de clamer qu'elles ont des relations d'égal à égal, la récente sortie du fondateur de Wagner donne une idée de la façon dont il perçoit ses relations avec ces Etats africains et confirme ainsi ce que les puissances occidentales et médias affirmaient depuis longtemps. 

Le premier déploiement connu des "agents privés" de Wagner sur le continent africain date de 2018 en Centrafrique où des centaines d'hommes du groupe figurent aujourd'hui parmi les "instructeurs" de l'armée, au point que Paris y évoque une "captation du pouvoir". L'arrivée de Wagner dans ce pays a été rendue possible par un accord de coopération militaire qui a permis à Moscou de bénéficier de concessions minières en échange des services et missions opaques de Wagner. Le groupe procède de la même manière au Mali dont la junte au pouvoir a exigé le départ de l'opération française Barkhane.

En Libye, les hommes du groupe paramilitaire sont au service du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays et à la tête de l'Armée nationale libyenne. "La base centrale de Wagner est en Afrique, dans le sud de la Libye, c'est là que transitent tous les avions avant d'être transférés vers la Centrafrique, vers le Mali, a par ailleurs confié sur franceinfo Alexandra Jousset, co-réalisatrice du documentaire "Wagner, l'armée secrète de Poutine". Les opérations de Wagner sont au coeur de nombreux scandales, de tensions diplomatiques et d'exactions présumées, notamment en Syrie et en Centrafrique

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