"Plus qu'avant, nous sommes devenus des cibles dans cette société" : en colère, les policiers veulent se faire entendre du gouvernement

Quelques jours après la mort par balle d'un policier à Avignon, les forces de l'ordre sont toujours sous le choc. Après le temps de l'hommage dimanche à Avignon pour ce brigadier tué sur un point de deal, les policiers prévoient des actions et de se faire entendent des politiques.

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La police sécurise le site où un policier a été tué lors d'une opération anti-drogue à Avignon, le 5 mai 2021. (CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

Un hommage sera rendu à Éric Masson, dimanche 9 mai à 14 heures devant le commissariat d'Avignon. Si les policiers et leurs familles connaissent les risques du métier et le danger permanent, à chaque fois c'est pourtant la même stupéfaction, la même incompréhension quand la haine et la violence emportent l'un des leurs.

L'an dernier, sept policiers sont morts en mission et plus de 5 400 ont été blessés. "Plus qu'avant, nous sommes devenus des cibles dans cette société", affirme David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. "Il y a 20 ans la lutte contre les stupéfiants existait déjà, et on ne risquait pas sa vie pour un point de deal ordinaire, déplore-t-il. Aujourd'hui, on se rend compte que la lutte contre les stupéfiants, mais pas seulement, la lutte contre la délinquance met le policier dans une position de danger, voire met sa vie en danger."

"C'est le cas du terrorisme jihadiste, c'est le cas de délinquants ordinaires et c'est le cas des extrémistes, des anarchistes qui font la chasse aux flics et qui essaient de les faire flamber ou de les attraper dans les manifestations."

David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale

à franceinfo

Selon David Le Bars, "ces dangers-là ne correspondent plus à la façon dont on peut considérer qu'on doit faire travailler un policier dans le futur. Donc là il y a un sujet majeur."

Les syndicats veulent peser sur l'exécutif

La mort d'Eric Masson, tué à bout portant au cours d'une intervention près d'un point de trafic de drogue à Avignon (Vaucluse), celle plus tôt de Stéphanie M., assassinée par un terroriste à la porte de son commissariat de Rambouillet, ces deux faits différents relancent une nouvelle fois le thème du malaise des flics. Mais la perspective des régionales et de la présidentielle dans moins d'un an n'a pas échappé aux syndicats de police. Ils entendent bien peser sur l'exécutif et sur le débat politique.

La loi sur la "sécurité globale", ce texte très sécuritaire voulu par la plupart des syndicats, reste insuffisant à leurs yeux sans une réponse pénale plus dure. Leurs représentants syndicaux seront reçus lundi 10 mai par Jean Castex et Gérald Darmanin. Le débat est ancien mais pour Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, c'est l'alpha et l'oméga pour mieux protéger les policiers et donner sens à leur travail. "Les solutions, le gouvernement les connaît, estime-t-il. Il y a des lois, elles doivent être appliquées, les peines doivent être incompressibles, les aménagements de peine doivent être terminés, et si on lance ce signal fort politique avec une réponse pénale ferme, croyez-moi, ça ira beaucoup mieux pour que la police puisse faire son travail."

"La mort de nos pauvres collègues peut servir de déclic."

Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance

à franceinfo

Pour un moment, la mort du brigadier à Avignon a fait sauter les divisions syndicales côté police. Ils appellent ensemble à une grande "marche citoyenne" le 19 mai prochain à Paris. Ils suspendent leur participation au "Beauvau de la sécurité" la même semaine et comptent bien se faire entendre dans les mois à venir.

En colère, les policiers veulent se faire entendre du gouvernement - Reportage de Stéphane Pair
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