Résultats européennes 2019 : la liste du Rassemblement national en pole position avec 23,31% des voix

La stratégie du parti de Marine Le Pen de faire de ce scrutin un référendum anti-Macron s'est avérée payante dans les urnes.

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes, le 5 avril 2019 lors d\'un meeting à Bruz (Ille-et-Vilaine).
Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes, le 5 avril 2019 lors d'un meeting à Bruz (Ille-et-Vilaine). (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

Pari réussi pour Marine Le Pen. Le Rassemblement national est arrivé en tête des élections européennes, dimanche 26 mai, avec 23,31% des voix, selon les résultats publiés par le ministère de l'Inétrieur, devançant la majorité présidentielle représentée par Nathalie Loiseau, deuxième avec 22,41%.

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Grâce à ce score, la liste emmenée par Jordan Bardella sera représentée au Parlement européen par 22 à 23 députés.

Quel était l'objectif du parti ?

Depuis plusieurs mois, l'objectif du Rassemblement national était annoncé : faire de ce scrutin un référendum contre Emmanuel Macron. "Pour les électeurs, l'enjeu sera clair. Il s'agira de battre Macron. Et la seule force capable de battre Macron, c'est la nôtre. Ce vote peut changer la situation politique française et changer l'Europe", déclarait ainsi Marine Le Pen en janvier, en pleine crise des "gilets jaunes".

Dans la dernière ligne droite, la patronne du parti a fustigé l'implication du chef de l'Etat dans la campagne. Estimant que sa fonction l'obligeait à "rester un arbitre", elle a appelé Emmanuel Macron à "partir" si la liste LREM n'arrivait pas en tête le 26 mai.

Quel est le score obtenu ?

Avec 23,31% des voix, le RN dépasse les 21,3% obtenus par la cheffe du parti au premier tour de la présidentielle. Même si, compte tenu de la participation beaucoup plus faible lors de ces élections européennes, la performance n'est pas à mettre sur le même plan. Jordan Bardella et sa liste ne parviennent toutefois pas à rééditer le score réalisé aux européennes de 2014, où le Front national avait obtenu 24,86% des voix et 24 sièges sur 74.

Comment a réagi le parti ?

Peu après l'annonce des premières estimations, la tête de liste du RN, Jordan Bardella, s'est félicité d'une "sanction claire" et d'une "leçon d'humilité" pour Emmanuel Macron. "Le président de la République a voulu faire un plébiscite, il a réussi. Ce soir, c'est lui et sa politique qui sont rejetés", a lancé le jeune candidat.

Quelques minutes plus tard, Marine Le Pen a pris la parole pour se réjouir d'une "victoire du peuple, qui avec fierté et dignité a repris le pouvoir". Elle s'en est vivement pris au chef de l'Etat, qui a subi selon un elle un "désaveu démocratique". "Le président de la République n'a d'autre choix que de dissoudre l'Assemblée nationale", a-t-elle poursuivi, réclamant une nouvelle fois "un mode de scrutin plus représentatif" pour l'élection des députés nationaux. 

Qui sont les candidats élus ?

Outre la tête de liste, Jordan Bardella, plusieurs personnalités vont siéger à Strasbourg sous les couleurs du RN. C'est notamment le cas de Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, et du très médiatique Gilbert Collard. Autres élus notables : l'essayiste Hervé Juvin, considéré comme la nouvelle tête pensante du parti, Catherine Griset et Philippe Olivier, respectivement cheffe de cabinet et conseiller spécial de Marine Le Pen, ou encore Jérôme Rivière, porte-parole à l'international du RN. Parmi les élus figurent également plusieurs eurodéputés sortants comme Dominique Bilde, Joëlle Mélin, Nicolas Bay ou Jean-François Jalkh.

Avec quel groupe vont-ils siéger ?

Les eurodéputés du Rassemblement national continueront à siéger dans le groupe Europe des nations et des libertés, fondé en 2015 en cours de mandature. Mais en raison du probable très bon résultat de la Ligue italienne de Matteo Salvini, les troupes de Marine Le Pen ne seront plus le contingent le plus important au sein de ce groupe. Autre inconnue à ce stade : la capacité de Matteo Salvini et Marine Le Pen à élargir leur alliance des eurosceptiques pour peser davantage dans le nouvel hémicycle. Pour le moment, les Hongrois du Fidesz ou les Polonais du PiS n'ont pas franchi le pas.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Pour Marine Le Pen, ce bon résultat n'est qu'une étape vers la présidentielle de 2022 qu'elle rêve de remporter. "Un grand mouvement pour l'alternance est né ce soir", a réagi Marine Le Pen après l'annonce des premières estimations. Elle a invité "tous les patriotes" à rejoindre le Rassemblement national, citant les transfuges de droite et de gauche ayant passé le Rubicon avant le scrutin. D'ici à la prochaine présidentielle, le parti tentera d'accentuer sa présence dans les territoires lors des élections municipales en 2020 et des départementales et régionales de 2021.