Abstention aux élections régionales : pourquoi il n'y a pas eu de sursaut de participation au second tour

L'abstention est restée massive au second tour des élections régionales et départementales, dimanche, malgré les appels à la mobilisation lancés par tous les partis politiques. 

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France Télévisions
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Une urne peu remplie lors du second tour des élections régionales et départementales, à Valence (Drôme), le 27 juin 2021. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Il n'y aura pas eu de sursaut de participation. Les Français ne se sont pas plus déplacés au second tour des élections régionales et départementales, dimanche 27 juin qu'au premier. L'abstention s'élève à 65,7% selon notre estimation Ispos/Sopra Steria pour France Télévisions, contre 66,7% au premier tour, soit un petit point d'écart. "L'abstention reste à un niveau très élevé, analyse Mathieu Gallard, directeur de recherches à l'Ipsos. On recul de seulement un point et c'est relativement rare car l'abstention diminuait nettement entre les deux tours lors des précédentes élections." En 2015, les Français avaient, au contraire, retrouvé, dans une proportion bien plus grande, le chemin des isoloirs. 

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Comment comprendre ce désintérêt des électeurs malgré les appels à la mobilisation lancés par tous les partis ? "C'est toujours les mêmes difficultés, les électeurs ne saisissent pas les enjeux de ces élections qui sont perçus comme n'ayant pas d'impact sur leur vie quotidienne", assure Mathieu Gallard. Ils sont ainsi 20% à déclarer ne pas avoir eu "la tête à aller voter", avoir eu "d'autres préoccupations" ou "envie de faire autre chose", selon notre sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et LCP-Assemblée nationale/Public Sénat, publié dimanche.

Stéphane Rozès, politologue et président de Cap (Conseils, analyses et perspectives), fait la même analyse. "L'abstention provient d'une raison institutionnelle profonde indépendante de la conjoncture politique ou des menaces de voir le Rassemblement national l'emporter ou au contraire de ne pas le voir l'emporter dans certaines régions, explique-t-il. Les régions et les départements ne sont pas perçus comme des lieux souverains de décision politique mais comme des relais administratifs où s'arbitrent de façon secondaire des ressources décidées ailleurs." Selon lui, la réforme territoriale a amplifié l'abstention, "achevant de discréditer ces élections". "Regardez le Grand Est, où l'abstention est massive. Les Alsaciens n'ont rien à voir avec les Lorrains !"

Un sursaut en Paca et en Bourgogne-Franche-Comté

Si l'on regarde la participation par région, l'abstention recule de façon plus importante dans deux régions aux enjeux importants. En Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Bourgogne-Franche-Comté, les électeurs se sont mobilisés plus nettement au second qu'au premier tour. C'est dans ces deux régions que le Rassemblement national espérait réaliser ses plus gros scores.

Mais ce sursaut ne profite pas au parti de Marine Le Pen. Selon notre estimation Ispos/Sopra Steria, Renaud Muselier, le président LR sortant en Paca, l'emporte face au candidat RN Thierry Mariani avec 57% des suffrages contre 43%. En Bourgogne-Franche-Comté, la présidente sortante PS Marie-Guite Dufay conserve sa région avec 42,5% des suffrages contre 23,7% pour le candidat RN Julien Odoul. 

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