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"On ne peut pas faire n'importe quoi à Notre-Dame-des-Landes" : l'appel d'un opposant historique aux zadistes les plus radicaux

Julien Durand a lancé, samedi, un appel au calme pour faire baisser les tensions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Il se dit "confiant dans l'avenir" et espère un dialogue constructif.

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Radio France
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Des zadistes font face aux gendarmes à Notre-Dame-des-Landes, le 12 avril. (FRED TANNEAU / AFP)

Une délégation de zadistes de Notre-Dame-des-Landes a déposé 40 dossiers de projets agricoles, trois jours avant la fin de l'ultimatum fixé par le gouvernement. Une première étape vers le dialogue qui rend Julien Durand "confiant dans l'avenir". Cet opposant historique au projet d'aéroport a appelé samedi 21 avril sur franceinfo, les zadistes les plus radicaux à quitter la zone.

franceinfo : Vous avez demandé aux zadistes les plus radicaux de rentrer dans le rang. Avez-vous le sentiment d'avoir été entendus ?

Julien Durand : Disons que le résultat c'est qu'aujourd'hui nous sommes plutôt confiants dans l'avenir, avec une méfiance quand même, car il y a eu beaucoup de blessés pendant cette opération militaire. Ces nombreux dossiers, c'est vrai que cela demande du temps. Les habitants y ont mis beaucoup d'énergie pendant deux jours, puisqu'ils étaient aussi sur le front des opérations militaires pour protéger leurs lieux de vie et d'activités. Mais depuis le 17 janvier, les dossiers sont commencés.

Le fait de déposer ces dossiers, est-ce un signe important envoyé à l'Etat ?

Oui, très important car pour sortir d'un conflit aussi long il faut mettre du sien de chaque côté. Nous avons la chance d'avoir aujourd'hui en Loire-Atlantique une préfète ouverte au dialogue, même si elle est tenace puisqu'elle est aux ordres du gouvernement. Et au gouvernement, c'est la frange la plus radicale qui est aux manettes. Donc cela nous inquiète quand même pour l'avenir mais l'espoir revient.

Cette prise de position, contre les zadistes radicaux a-t-elle suscité des tensions, avez-vous reçu des menaces ?

Je ne suis pas le seul à avoir dit cela, Françoise Verchère [une autre opposante historique au projet d'aéroport] s'était aussi exprimée le jour d'avant. Je ne suis pas seul à avoir cette inquiétude, et à constater le climat spécial qui règne sur la zone. Donc il fallait briser cette loi du silence qui est véhiculé par certains courants sur la zone.
Nous ce qui nous intéresse c'est d'avoir des habitants qui ont des projets. Il y en a d'autres qui peuvent encore venir, puisque la préfète a donné jusqu'à lundi minuit pour déposer d'autres dossiers. Et je pense même que le phénomène d'entrainement peut faire qu'il y ait d'autres dossiers déposés dans les semaines qui vont venir. Le principal c'est ouvrir le dialogue, et que le dialogue continue. On négocie après et on ne parle pas d'affrontements.
Je suis confiant, il fallait passer par une phase difficile mais aujourd'hui les choses sont claires. L'étape qui va être très importante dans les prochaines semaines aussi c'est d'ouvrir le dialogue avec les collectivités locales les plus proches, pour aborder le problème de l'habitat. Nous sommes en zone humide, c'est avec cet argument que nous avons gagné l'abandon du projet d'aéroport. Il faut aussi que nos amis de la ZAD comprennent qu'on ne peut pas faire n'importe quoi sur cette zone. Il faut réfléchir à une réorganisation de l'habitat.

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