Vidéo Télétravail : comment est-il accepté par les salariés italiens, américains, chinois et néerlandais ?

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Jean-Marc Four, édité par Cyrille Ardaud - franceinfo
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Chaque semaine dans le monde en face, une même actualité vue par quatre correspondants de franceinfo. Aujourd'hui, on parle du télétravail. S'il a été ecouragé dans la plupart des pays, il n'a pas toujours été facile à mettre en place et faire accepter.

Nous sommes nombreux à avoir découvert le télétravail il y a quelques mois. De nouvelles habitudes parfois très utiles, mais aussi parfois un peu cauchemardesques. À l'heure où se dessine un troisième confinement en France, le travail à distance est-il devenu la règle partout dans le monde ? La réponse de nos envoyés spéciaux en Italie, aux Pays-Bas, aux États-Unis et en Chine.

En Italie, le télétravail n'a pas que des adeptes. Il faut dire que les pays du sud de l'Europe sont beaucoup moins habitués au télétravail que les pays du Nord, la France par exemple. En Italie, le nombre d'employés en télétravail a quand même été multiplié par dix depuis un an. On en compte désormais deux millions. Mais comme pour les étudiants, ce mode de travail ne fait pas l'unanimité.

Selon l'enquête de l'Université catholique du Sacré-Cœur de Milan, le télétravail, ça fatigue. Les deux tiers des professeurs interrogés ressentent une profonde invasion des technologies dans leur vie personnelle. Les deux tiers aussi ressentent des tensions musculaires, 61% ont des sautes d'humeur. La moitié des professeurs ne fait plus de sport. 53% cherche du réconfort dans la nourriture, mais ils sont 84% à être fiers de leur travail.

La Banque d'Italie dans son rapport, souligne en revanche un aspect positif : le télétravail a permis de limiter les pertes d'emploi dans le privé. Les salaires ont même augmenté de 6% en moyenne, mais ces salariés ont aussi télétravaillé deux heures de plus par semaine. C'est dans le nord de l'Italie que le télétravail est le plus répandu, mais les plus malins sont descendus dans les Pouilles ou en Sicile pour travailler tout l'été.

Aux États-Unis, les géants du numérique, dans la Silicon Valley en Californie, ont eu paradoxalement du mal à se convertir au télétravail. Pourtant, la journée d'un salarié de Google, Facebook ou Netflix, se déroule devant un écran. Il enchaine les réunions en visio-conférence, envoie des e-mails, passe son temps sur des programmes informatiques. Que des tâches à priori réalisables depuis chez soi. Mais les entreprises comme Apple ont investi dans des campus ultra modernes, véritables villes où l'on passe sa journée à vivre et à travailler. 

En raison des coûts élevés du logement dans la région de San Francisco, la plupart des employés n'habitent dans de superbes maisons près du Pacifique, mais plutôt de petits logements très chers. Il y a quelques mois, quand les autorités locales ont envisagé d'imposer le travail à domicile, pour six salariés sur dix de ces grandes sociétés, cela a été un véritable tollé. Le plan télétravail de la baie de San Francisco est donc abandonné pour l'instant.

En Chine, où l'épidémie a débuté il y a un an, mais où elle paraît désormais sous contrôle, fini le télétravail ! Des centaines de millions de Chinois ont travaillé derrière leur ordinateur l'an dernier mais c'est désormais de l'histoire ancienne.Tout le monde est reparti travailler sur les sites de production.

Pourtant, les Chinois ont été les premiers à se mettre au télétravail il y a un an, quand la situation a été jugée grave. Lors du grand confinement en Chine, 40% de la population active a été obligée de rester travailler à la maison. Environ 12% ont été autorisés à rester sur leur lieu de travail, tout le secteur médical, notamment. Et puis, il y a les autres, près de 50% de la population qui est restée en vacances forcées dans le prolongement du Nouvel An chinois.

La situation a changé à la fin du printemps 2020, quand l'épidémie a reculé. Les ouvriers et les migrants retourner dans l'usine du monde, notamment dans le sud de la Chine.

Durant cette période, l'économie numérique a beaucoup progressé. Les entreprises ont organisé beaucoup de visioconférences sur des plateformes comme Alibaba ou WeChat. Ce sont des habitudes qui sont restées après l'épidémie.

Aux Pays-Bas, le télétravail est encadré, réglementé. Les entreprises sont même obligées d'aider le salarié à s'installer correctement à domicile. Dans les pays du nord de l'Europe, le développement du télétravail est antérieur à la pandémie.

Dans ce pays, la loi oblige les employeurs à fournir un environnement de travail efficace, sain et agréable à leurs employés. Ils apportent souvent des aides financières pour aménager le bureau à domicile. 

On estime qu'aujourd'hui aux Pays-Bas, les embouteillages sont actuellement 30% inférieurs au niveau de 2019, ce qui pointe vers une augmentation du télétravail. 20% des Néerlandais ne mettraient plus les pieds au bureau. Mais cette situation n'est pas due à la pandémie.

En 2019, les Pays-Bas comme la Finlande étaient déjà au sommet du podium du télétravail : 14% de Néerlandais ne quittait pas leur domicile pour travailler, alors que la moyenne européenne était à 5%.

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