VIDEO. Covid-19 : les effets de la crise sanitaire sur les étudiants en Europe

Chaque semaine dans le monde en face, une même actualité vue par quatre correspondants de franceinfo. Aujourd'hui, direction l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Espagne, où les étudiants souffrent de l’épidémie.

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En cette rentrée de janvier, quelques universités ont rouvert, quelques cours ont repris. Mais les restrictions liées à la pandémie ont des conséquences multiples. Des conséquences psychologiques mais aussi sur l'organisation des cours et la validation des examens. Cette semaine, nous allons voir si c'est la même chose  chez nos voisins, à Rome, à Londres, à Berlin et à Madrid, où les étudiants rencontrent, comme en France, de grandes difficultés.

En Italie, la vaccination progresse rapidement. En revanche, pour les étudiants, c'est la catastrophe. Il n’a eu quasiment aucun cours depuis mars dernier. Les étudiants de première année n'ont pas mis les pieds à la fac. L’université est l'oubliée de cette crise sanitaire. Alors que l'école et ses difficultés sont au cœur du débat public, l'Université en est absente.

A Rome, les unviverstité La Sapienza et La LUMSA ont tenté pendant quelques semaines de favoriser les premières années qui ont cours une semaine sur deux. Mais dans celle de Roma Tre, rien. Pas un cours. Personne n'est retourné sur les bancs de la fac. Même le comité technique et scientifique qui conseille le gouvernement devient trop alarmiste. Il s'inquiète que certains ne rentrent pas du tout cette année, car l'organisation ne suit pas. Pas de transports en commun suffisants, pas assez d'espace. Les étudiants manifestent pour rentrer, mais en toute sécurité.

En Allemagne, à Berlin, ce n'est pas non plus la joie. Malgré une organisation des cours à distance rigoureuse, les universités sont fermées, comme à l'université Humboldt, où l'état psychologique des étudiants inquiète. Les campus sont fermés depuis le mois de mars 2020. Ici, on entre en avril ou en octobre. Cela veut dire que ça fait déjà deux cohortes d'étudiants qui ont fait leur entrée dans des campus vides, à suivre des cours en ligne. La situation est très difficile, notamment pour les premières années, mais pas qu'eux. Ils se plaignent d'un isolement social, du manque de contact avec leurs professeurs, avec les étudiants.

Plus du double du nombre d’étudiants habituels a contacté une cellule de soutien psychologique par rapport à une année normale. Ils ont peur financièrement. Ils ont perdu leur petit boulot étudiant. Les bars, les restaurants sont fermés en Allemagne depuis début novembre, par exemple. Les étudiants se disent que leurs études vont devoir être plus longues d'un semestre, voire de deux semestres et qu'il va falloir les financer.

Au Royaume-Uni, l’une des questions qui préoccupe le plus les étudiants, c’est la question financière. Plus de cours, ni de petits boulots. Car il faut continuer à payer les frais de scolarité, une fortune en Angleterre. À la City University de Londres, le bâtiment universitaire est vite déserté. Pourtant, quand l'année a débuté, les étudiants ont été pressés de revenir en cours pour parfois se retrouver aussitôt à l'isolement sur le campus, dès qu'il y avait un cas positif autour d'eux. Et rebelote pour chaque nouveau cas, avec des repas apportés sur place, des repas parfois en retard, périmés ou alors composés tous les jours du même sandwich.

Dans le même temps, ils continuent de payer des frais de scolarité : 10 000 euros par exemple pour l'année à Édimbourg. Les cours, parfois, ne sont absolument pas interactifs. Il y a de simples vidéos sur YouTube, sans compter les loyers que certains paient encore alors qu'actuellement ils sont retournés chez leurs parents. En plus, ils ont été régulièrement accusés de propager le virus par des fêtes sur le campus, alors que des tests massifs, il y a un mois, ont prouvé que les étudiants ont été touchés à hauteur de 3%. Résultat : les futurs étudiants, les lycéens actuels, envisagent de faire des études très proche de chez eux pour rester proche de leur famille et pour que cela ne coûte pas trop cher.

En Espagne, le grand sujet de débat, ce n'est pas tant l'organisation des cours que l'organisation et la validation des examens. Ces examens vont finalement se tenir. Mais ça ne fait pas l'unanimité. Les cours sont semi-présentiels. Certains sont dispensés sur place dans les universités et d'autres ont lieu sur internet.

Mais est-il vraiment raisonnable de convoquer des centaines, voire des milliers d'étudiants dans les amphis ? Les conditions de sécurité sanitaire sont-elles réunies dans les couloirs, dans les restaurants universitaires ? Est-il même normal d'ouvrir les fenêtres en plein hiver ? Les étudiants croient que non. Ils se sont mobilisés. Une délégation a rencontré le ministre des Universités. Il les a écoutés poliment. Simplement, ce sont les recteurs qui ont le dernier mot. Et ces derniers considèrent qu'il est impossible d'éviter la triche si les étudiants planchent de chez eux. Troisième vague ou pas, les examens auront bien lieu à l'université.