Violences conjugales : le manque de structures spécialisées en France

70 féminicides ont eu lieu depuis le début de l'année 2019. Une équipe de France 3 s'est rendue dans une structure spécialisée, à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines. 

FRANCE 3

Derrière les fenêtres de l'établissement de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, la parole se libère enfin. La parole de 700 femmes victimes. Un bâtiment anonyme devenu un cocon protecteur pour elles. Alexandra, entre les mains bienveillantes d'une ostéopathe, profite de son moment de relaxation. "On essaie de se reconcentrer sur nous et par sur tous les traumatismes", explique-t-elle aux journalistes de France 3. Cela fait huit ans qu'Alexandra subit les violences psychologiques de son mari. Une torture quotidienne, insidieuse, qui l'a détruit à petit feu. "Insulte à tout va. Qu'on n’est bonne à rien. Qu'on ne sert à rien. Qu'on fait pitié. Qu'on est une mauvaise mère", confie-t-elle la voix tremblante.

La peur de parler

"Même dans ce genre de lieux, j'ai peur de parler", continue à expliquer Alexandra. Elle affirme avoir peur de son mari. Alexandra et les autres femmes de cet établissement, l'institut Women safe, sont accueillies la journée par toute une équipe : infirmières, ostéopathes, psychologues, médecins, juristes. Chacune dans sa discipline accompagne les victimes de violences conjugales.

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Le 24 novembre 2018, des femmes sont descendues dans la rue à Paris pour dénoncer les féminicides, en présence notamment de Murielle Robin et d'Éva Darlan. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)