Sortir sans attestation, revoir ses proches, aller au cinéma... Ce qu'il sera (ou non) possible de faire à partir du lundi 11 mai

La vie va peu à peu reprendre son cours, à partir de lundi. Mais de nombreuses restrictions seront encore de mise, pour éviter une seconde vague de contaminations.

Un cycliste dans les rues de Paris, le 26 avril 2020.
Un cycliste dans les rues de Paris, le 26 avril 2020. (ANTOINE WDOWCZYNSKI / HANS LUCAS)

Après deux mois de confinement globalement respecté sur l'ensemble du territoire, un déconfinement "très progressif" débute à partir du lundi 11 mai, selon les mots du Premier ministre Edouard Philippe. De nombreuses restrictions seront en effet encore effectives, liées à la hantise d'une seconde vague de l'épidémie de coronavirus, qui a déjà fait plus de 26 000 morts en France. Voici ce que vous avez, ou non, le droit de faire dès lundi.

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Retourner travailler : oui

Dès lundi, ce sont "400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois qui vont rouvrir", selon Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie. Néanmoins, "le télétravail" doit continuer à "être la règle chaque fois qu'il peut être mis en œuvre", indique le ministère du Travail. Notamment en Ile-de-France, où la circulation du virus est encore importante, a souhaité le ministre de la Santé, Olivier Véran. "Lorsque la présence sur les lieux de travail est en revanche nécessaire, le séquencement des activités et la mise en place d'horaires décalés" doivent être mises en place si possible, précise le ministère du Travail. Par ailleurs, tous les personnels ne devront pas être présents en même temps dans l'entreprise, et si besoin, des "mesures de protection individuelle, telles que le port du masque", pourront également être prises.

Aller à l'école : oui mais pas pour tous les élèves

Pas de pré-rentrée dans les crèches, qui rouvriront de leur côté le 11 mai, dans la limite de dix enfants maximum, et avec port du masque obligatoire pour les encadrants.

Partout en France, un retour en classe des élèves de maternelle et d'école primaire sera possible à partir du mardi 12 mai, dans la limite de groupe de 10 à 15 élèves par groupe. "Un million d'écoliers seront accueillis par environ 130 000 professeurs", a indiqué le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer. Entre "80% et 85%" des 50 500 écoles de France seront ouvertes "dès le 12 mai".

Dans les départements classés en vert, les collèges pourront rouvrir à partir du 18 mai, en commençant par les classes de 6e et 5e. Un examen de la situation sanitaire, fin mai, permettra de déterminer la possibilité d'étendre la réouverture progressive des collèges et d'ouvrir les lycées à partir du mois de juin.

Faire du shopping : oui

Les commerces (salons de coiffure, commerces d'habillement, fleuristes, librairies...) pourront de nouveau accueillir des clients, en respectant des mesures de sécurité, telles que le port du masques ou la limitation du nombre de clients présents dans une boutique. Par ailleurs, les préfets peuvent interdire la réouverture des centres commerciaux de plus de 40 000 m2, comme c'est le cas en Ile-de-France.

Boire un verre dans un bar : non

Les restaurants, cafés et bars restent fermés jusqu'à nouvel ordre.

Se déplacer : oui, dans un rayon de 100 km

Les déplacements inférieurs à 100 km ou à l'intérieur du département de résidence seront désormais autorisés, et ce sans l'attestation dérogatoire qui était obligatoire jusque-là. Il faudra toutefois être en mesure de justifier son lieu de domicile en cas de contrôle par les forces de l'ordre. Pour les déplacements supérieurs à 100 km, une attestation encore en cours d'élaboration devra être remplie pour justifier du caractère impérieux (professionnel ou familial) du déplacement.

Rejoindre sa résidence principale : oui

Mi-mars, Paris s'est vidé de 11% à 12% de ses habitants, soit environ 189 000 personnes, selon l'Insee. Un phénomène similaire a été observé dans d'autres grandes villes de France. Ces habitants partis se mettre au vert auront "la possibilité de rentrer à leur domicile principal pour reprendre une activité professionnelle ou scolariser les enfants", même si cela nécessite de voyager plus de 100 km, a indiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Il faudra dans ce cas se munir de l'attestation de déplacement au-delà de 100 km.

Prendre les transports en commun : oui mais avec un masque

Dans tous les transports publics, le port du masque sera obligatoire à partir de l'âge de 11 ans. Par ailleurs, les transports franciliens seront réservés, pendant les heures de pointe (entre 6h30 et 9h30, puis entre 16 et 19 heures), aux personnes munies d'une attestation d'employeur ou pouvant faire valoir un "motif impérieux". Dans la région parisienne, le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé aux habitants de limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Des "mesures supplémentaires" pourraient être prises dans les transports franciliens si la situation sanitaire ne s'améliorait pas, selon Edouard Philippe.

Par ailleurs, les déplacements interrégionaux seront "très fortement limités" avec une "offre volontairement réduite" (20 à 30% des TGV et Intercités) et soumis aux limitation concernant les déplacements. L'accès à un TGV sans autorisation, ou aux transports franciliens en heure de pointe sans justification, ou encore le non-respect du port du masque dans les transports, pourront faire l'objet d'une verbalisation de 135 euros.

Revoir ses proches : oui mais en comité restreint

Les "rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes", a déclaré le Premier ministre jeudi. Ce seuil pourra être réexaminé à partir du 2 juin. Pour prendre le moins de risques possibles, il faudra continuer à appliquer les gestes barrières, a précisé le ministre de l'Intérieur. Pas question donc, de grandes embrassades pour ces retrouvailles. Sachez également que la contamination est plus probable dans un lieu fermé qu'en extérieur.

Faire du sport : oui mais en plein air

D'après Olivier Véran, "l'activité et l'exercice physique en plein air dans les espaces en pleine nature" seront permis à partir de lundi, et ce à plus d'un kilomètre de chez soi. Si les restrictions horaires encadrant la pratique du sport, en vigueur notamment à Paris, ne seront plus de mise, les parcs et jardins de la capitale, comme ceux des autres départements "rouges" ne rouvriront pas tout de suite. En Ile-de-France, les bois de Vincennes et de Boulogne seront toutefois de nouveau ouverts à partir de lundi. "Le Champ-de-Mars et l'esplanade des Invalides seront également à nouveau accessibles, tout comme les voies sur berges qui rouvriront sur toute leur longueur", a indiqué dans un communiqué la ville de Paris.

Là encore, des précautions seront de mise. Le ministère des Sports a édicté "une distance de dix mètres minimum entre deux personnes" qui font de la course à pied ou du vélo, distance qui passe à cinq mètres pour la marche rapide. Pour des activités statiques, comme le fitness ou le yoga, comptez 4 m2 d'espace par personne, toujours en plein air et à moins de dix pratiquants. 

Dans toute la France, les associations sportives sont autorisées à reprendre des activités pour leurs adhérents, mais en s'adaptant à toutes les restrictions : en plein air, pas plus de dix, sans accès aux vestiaires et sans contacts. Les matchs de tennis seront autorisées à partir de lundi, mais seulement en simple et sur des courts "totalement découverts". Les golfs peuvent également rouvrir, mais un maximum de deux golfeurs par partie sera autorisé, à trois mètres de distance et chacun avec son matériel. Et un seul joueur sera autorisé par voiturette. Les centres équestres vont eux aussi pouvoir rouvrir leurs installations en plein air. Les sports collectifs ou de contact resteront en revanche interdits. Et les piscines et les salles de sport resteront fermées.

Aller à la plage : non, mais des exceptions seront possibles

Le gouvernement a annoncé que l'accès aux plages, qui devaient rester initialement fermées jusqu'au 1er juin, serait de nouveau autorisé à partir du 11 mai, "au cas par cas". "La règle générale, c'est la fermeture", a souligné le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Mais le préfet pourra en autoriser l'accès sur demande des maires et sous réserve de la mise en place "d'aménagements suffisants pour garantir la distanciation physique".

Aller à la bibliothèque : oui

L'accès à la culture sera dans un premier temps limité. Les librairies, les disquaires, les galeries d'art, les bibliothèques, les médiathèques et certains musées et monuments (les plus petits) pourront rouvrir à partir de lundi, rappelle le ministre de la Culture, Franck Riester, dans Le ParisienMais les cinémas, salles de spectacles, salles polyvalentes et salles des fêtes resteront fermés.

Un point réalisé "fin mai-début juin" devrait permettre de savoir si "un certain nombre d'événements culturels" pourront se tenir durant l'été, "en respectant des critères sanitaires mais aussi avec la volonté que les artistes puissent retrouver leur public", ajoute Franck Riester, sans donner plus de précision. Comme pour les événements sportifs, on sait d'ores et déjà qu'aucune manifestation culturelle avec plus de 5 000 participants (comme c'est souvent le cas des festivals) ne pourra se tenir avant septembre.

Assister à une cérémonie religieuse : non, sauf pour un enterrement

La règle reste inchangée : les lieux de culte sont ouverts pour se recueillir individuellement, mais aucune cérémonie n'y est organisée, sauf lors de funérailles. Dans ce cas, les rassemblement restent limités à 20 personnes. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner travaille avec les responsables des cultes "aux conditions d'une reprise des cérémonies religieuses" avec du public "d'ici la fin du mois" de mai. Les cimetières seront en revanche de nouveau accessibles. A Paris, le recueillement des familles sur la sépulture de leurs proches sera autorisé en matinée et le dimanche.

Rendre visite à un proche vulnérable : oui mais avec beaucoup de précautions

Les plus vulnérables n'auront pas de "confinement obligatoire" après le 11 mai, mais ces personnes, "âgées ou malades de pathologies comme l'obésité, le diabète" ou souffrant "d'insuffisance respiratoire", sont appelées à "conserver dans toute la mesure du possible des règles de prudence très strictes", a indiqué Olivier Véran jeudi. Dans ce cadre, le gouvernement ne prévoit pas "d'assouplissement supplémentaire" dans les Ehpad.

Organiser un mariage : non

Mauvaise nouvelle pour les mariés du printemps, les noces sont reportées jusqu'à nouvel ordre, "sauf urgence manifeste appréciée par l'officier d'état-civil", selon le gouvernement.