"Je ne l'avais jamais vue aussi belle" : la basilique Saint-Pierre rouvre ses portes, sans touristes

Comme les bars, les restaurants et certains musées, les églises ont rouvert leurs portes lundi 18 mai, en Italie. La plus grande d'entre elles, la basilique Saint-Pierre, située au Vatican, peut donc à nouveau se visiter, tout en respectant les mesures d'hygiène et de sécurité contre le coronavirus.

De nombreuses religieuses parmi les visiteurs de retour en la basilique Saint-Pierre, lors de sa réouverture, le 18 mai 2020, au Vatican.
De nombreuses religieuses parmi les visiteurs de retour en la basilique Saint-Pierre, lors de sa réouverture, le 18 mai 2020, au Vatican. (VINCENZO PINTO / AFP)

C'est un "nouveau départ" pour les Italiens. Après plus de deux mois de confinement contre le coronavirus, les bars, les restaurants, les cafés, les commerces et certains sites touristiques reprennent leur activité, lundi 18 mai. Les églises peuvent aussi rouvrir leurs portes, tout en faisant respecter les gestes barrières. "Nous sommes tous à distance, avec cette signalisation par terre", décrit par exemple Roberto. Cet habitant de Rome profite de cette nouvelle phase de déconfinement pour revenir à la basilique Saint-Pierre, au Vatican. "J'y viens souvent, explique-t-il, et je voulais voir combien de gens il y aurait aujourd'hui. Il n'y a pas de touristes mais beaucoup de religieuses !". Seulement une vingtaine de personnes font la queue sous les colonnes du Bernin, avant d'arriver sur la place Saint-Pierre.

Des contrôles de sécurité à l'entrée de la basilique

C'est là que des agents procèdent à un premier contrôle de température. Ils vérifient également que tout le monde porte correctement son masque, avant d'autoriser la visite par un parcours bien défini au sol. "C'est une nouvelle géométrie urbaine… On va devoir s'y habituer", se resout Roberto. Le parcours se poursuit ensuite sur la place Saint-Pierre, où il faut une nouvelle fois passer par un portique de sécurité. La police surveille que les visiteurs se nettoient bien les mains avec du gel hydroalcoolique, avant de les autoriser à entrer dans la basilique presque vide. "Je ne l'avais jamais vue aussi belle depuis 40 ans !", s'émeut Paola. Cette Romaine âgée de 60 ans a les larmes aux yeux : "Malheureusement, c'est à cause du coronavirus… mais elle est magnifique ! Je ne la voyais plus comme ça depuis si longtemps à cause des touristes. Je sais que Rome doit être vue par tout le monde, mais cette intimité nous manquait depuis des années !"

Dans l'attente du retour des touristes

Dans la basilique, quelques étudiants croates qui n'ont pas quitté Rome pendant le confinement profitent également du calme, tout comme Josiani, une Brésilienne de 39 ans qui travaille pour une agence de tourisme de son pays. "Je suis là pour mettre des photos et des commentaires sur nos réseaux sociaux pour nos clients et nos amis", explique-t-elle. Elle espère qu'ils reviendront en septembre ou en octobre, "mais ce n'est pas sûr !". La discussion s'arrête, il faut éviter de se parler et de s'approcher trop près l'un de l'autre dans la basilique. Ce qui est sûr, c'est que Silvano attend lui aussi le retour des touristes à la rentrée. "Cela fait deux mois et demi que je n'ai pas vendu un journal, ni un souvenir de quoi que ce soit !", peste celui qui est installé depuis 40 ans sur la place Saint-Pierre. Là aussi, l'échange est écourté. Impossible de rester plus longtemps, la police veille sur la place Saint-Pierre et il faut quitter le périmètre.