Covid-19 : des maires d'Ile-de-France veulent repousser le couvre-feu à 19 heures

"Il faut tout faire pour que les écoles continuent à fonctionner", explique par ailleurs Philippe Laurent, secrétaire général de l'Association des maires de France et maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), invité de franceinfo.

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Radio France
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Une rue de Paris pendant le couvre-feu, le 24 octobre 2020. (NATHANAEL CHARBONNIER / ESP - RÉDACTION INTERNATIONALE)

"On a demandé de repousser l'heure du couvre-feu à 19 heures" en Ile-de-France, a indiqué, jeudi 4 mars sur franceinfo, Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine) et secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF). Dans l'attente des annonces de ce jeudi soir sur les nouvelles restrictions sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19, Philippe Laurent affirme que la priorité des maires est le maintien de l'ouverture des parcs et des écoles : "Il faut tout faire pour que les écoles continuent à fonctionner".

franceinfo : Quelles mesures attendez-vous du gouvernement pour votre département et pour l'Ile-de-France ?

Philippe Laurent : Je veux d'abord vous dire que les maires sont extrêmement attachés à ce que les écoles puissent continuer à fonctionner. Il faut tout faire pour que les écoles continuent à fonctionner, même si il faut reconfiner partiellement ici ou là. C'est très important parce que c'est la structure de la vie des familles et il y a un sentiment de grande lassitude chez les Français. C'est vraiment le point absolument essentiel.

Ensuite, sur le plan du confinement, je crois que la démarche territorialisée qui semble avoir été acceptée et mise en œuvre par le gouvernement nous semble bonne. Il ne faut pas non plus que ce soit trop parcellisé, c'est-à-dire que, par exemple en Ile-de-France, il faut que ce soit des mesures qui soient valables pour l'ensemble de la région, parce que les gens, même avec un confinement partiel, continuent quand même à bouger, pour le travail ou pour autre chose. Mais il faut que les règles soient claires, soient comprises et qu'on ne change pas de règles lorsqu'on passe de Paris dans les Hauts-de-Seine ou en Seine-Saint-Denis, par exemple, il faut que les règles soient les mêmes.

C'est ce que vous avez suggéré aux préfets que vous avez récemment rencontrés ?

Dans les discussions que nous avons eues depuis vendredi 26 février avec les préfets, l'option du confinement le week-end, d'un confinement de type de celui l'automne, était quand même sur la table. Mercredi après-midi dans les discussions c'était toujours cette option-là. On a appris que finalement, ce ne serait pas ce qui a été retenu. Bon, très bien, nous nous en prenons acte. Nous disons simplement que s'il devait y avoir confinement, nous souhaitons que les parcs et jardins restent ouverts parce que pendant le confinement des mois de mars et avril, on a vu que c'était quand même catastrophique de ne pas ouvrir des parcs et jardins.

Nous souhaitons également discuter de la possibilité, on l'a demandé d'ailleurs, de repousser l'heure du couvre-feu à 19 heures parce que là on constate qu'entre 17 heures et 18 heures c'est vraiment la foule dans les commerces, les gens sortent du travail. Il n'y a pas assez de temps, surtout en Ile-de-France, parce qu'on n'a pas tout à fait le même rythme de vie, ça ne nous paraît pas bien parce que ça crée des attroupements. Enfin, il y a quand même un sujet qui reste toujours très important, c'est évidemment la question des vaccins, d'accélérer la vaccination. Bon, ça, on sait ce qu'il en est. Et par ailleurs, un rappel permanent doit être fait par les forces de l'ordre sur le respect des gestes barrières, des jauges dans les commerces etc... On voit bien qu'il y a un relâchement.

Comprenez-vous l'énervement de certains maires du Pas-de-Calais face à l'annonce probable d'un reconfinement de ce département ?

C'est de bonne guerre, je comprends qu'ils se posent la question. Mais c'est la question de la territorialisation des mesures, il y aura toujours des choses différentes. Si on accepte cette territorialisation, forcément il y a tel département ou territoire qui sera soumis à un régime un peu plus strict. Mais peut-être que dans trois semaines ce sera l'inverse. Les chiffres, nous ne les avons pas tous, le gouvernement a l'ensemble des données. Je crois que ça se base aussi sur la saturation des services d'urgence.

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