Covid-19 : ce qu'il faut savoir du nouveau "protocole renforcé" mis en place dans les écoles des 19 départements confinés

Pour faire face à une troisième vague de l'épidémie de Covid-19, le gouvernement a notamment annoncé la fermeture des classes dès la découverte d'un seul cas. Une mesure effective à partir du lundi 29 mars.

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Jean-Michel Banquer visite une classe dans une école primaire de la Ferté-Milon (Aisne) le 22 mars 2021. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Ce "protocole renforcé" suffira-t-il pour garder les écoles ouvertes ? Le gouvernement a annoncé vendredi 26 mars que les classes fermeraient dès le premier cas positif de Covid-19 découvert dans les 19 départements sous "mesures de freinage très fortes". Une décision attendue par le corps professoral, au vu de la flambée épidémique en cours dans l'Hexagone.

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Le nombre d'élèves contaminés par le Sars-CoV-2 est en augmentation. Il se chiffrait à 21 000 vendredi contre 15 000 une semaine plus tôt. Le nombre de classes fermées est lui aussi en hausse, avec 3 256, contre 2 018 sept jours plus tôt (sur 528 400 classes en France). Franceinfo fait le point sur les mesures qui viennent renforcer le protocole sanitaire en place dans les territoires confinés, à partir du lundi 29 mars.

Les classes fermées à partir d'un seul cas

Dans les 19 départements concernés par les nouvelles restrictions, les classes de maternelle, primaire, collège et lycée fermeront pendant sept jours dès la découverte d'un cas positif. Auparavant, l'Education nationale préconisait d'attendre que trois cas de contamination au Covid-19 soient avérés pour renvoyer les élèves chez eux. "Cela va nécessairement signifier plus de fermetures de classes dans les prochains jours", a expliqué le ministre de l'Education, Jean-Michel Banquer, lors d'une conférence de presse vendredi 26 mars.

Concrètement, cela veut dire qu'après un cas positif, les élèves de la classe seront tous considérés comme cas contacts. Ceux-ci devront donc se faire tester à la fin de la période de fermeture de 7 jours. Une attestation sur l'honneur d'un test négatif sera demandée aux parents, sans laquelle l'enfant restera exclu de son école pendant 14 jours. Les enfants et adultes testés positif au Covid-19 devront désormais rester à l'isolement pendant 10 jours. Quant aux parents qui ne peuvent télétravailler pour garder leurs enfants, ils pourront obtenir un arrêt de travail, explique le site du ministère.

Les fermetures de classes risquent de se multiplier dans les prochains jours. "La situation est tendue, surtout en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, car il y a de moins en moins d'adultes pour pouvoir accueillir tous les élèves, a expliqué à l'AFP Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU. Les écoles vont finir par fermer d'elles-mêmes car il n'y aura plus du tout assez d'enseignants pour assurer leur bon fonctionnement."

Le recrutement de remplaçants renforcé

Pour faire face à ce problème d'encadrement, Jean-Michel Blanquer a promis un renforcement "des moyens de remplacement" des enseignants. Les rectorats pourront ainsi "recruter davantage". Une bonne nouvelle pour les directeurs et directrices d'établissements, qui se retrouvent face à un casse-tête lorsqu'un enseignant tombe malade ou qu'il est testé positif.

L'annonce a malgré tout laissé les syndicats dubitatifs. "Où va-t-il les trouver ?" a réagi auprès de franceinfo Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU. "Il y a urgence, s'alarmait sur LCI Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU. D'autant qu'il est très difficile de recruter en ce moment. On l'a vu cet automne : il était prévu 6 000 recrutements et l'on n'a réussi à recruter que 1 200 personnes."

Des demi-classes seulement au lycée

Les lycées des 19 départements confinés sont d'ores et déjà passés en demi-jauge. Mais la mesure, pourtant réclamée par les syndicats enseignants, n'a pour l'instant pas été généralisée aux collèges. Une organisation "hybride" peut cependant être mise en place "au cas par cas", note BFMTV, notamment "lorsque la configuration des locaux, notamment la cantine, ne permet pas de respecter strictement le protocole sanitaire". Seuls 30 collèges, selon Les Echos, ont pour l'instant mis en place cette solution.

Les cours d'éducation physique et sportive (EPS) peuvent, pour le moment, continuer à se tenir à l'intérieur. L'Education nationale recommande cependant de privilégier les activités en extérieur ou le sport "de basse intensité" qui permet "le port du masque" si les cours ont lieu dans un gymnase.

Les cantines restent ouvertes

Lors de sa conférence de presse, Jean-Michel Blanquer a reconnu que les cantines étaient le "maillon faible" à l'école. Mais le gouvernement souhaite tout de même les maintenir ouvertes, car elles jouent "un rôle fondamental dans la vie des élèves", notamment pour les plus défavorisés.

Les restaurants scolaires pourront tout de même être fermés dans les départements les plus touchés par le virus, mais seulement "en dernier recours". "Il sera loisible aux collectivités locales en concertation avec l'Education nationale de le faire, a souligné Jean-Michel Blanquer. Nous n'incitons pas à ce que ce soit le cas."

Une fermeture "en dernier recours"

Contrairement à la plupart de ses voisins européens, la France a jusqu'à présent refusé de fermer ses écoles. Emmanuel Macron a cependant ouvert la porte à cette possibilité dans Le Journal du dimanche, dimanche 28 mars. "La fermeture complète des écoles ne saurait être un tabou, mais elle doit demeurer un dernier recours et une mesure limitée au maximum dans le temps", a expliqué le chef de l'Etat.

Les solutions alternatives ne sont pas nombreuses, surtout si la courbe des contaminations continue de s'envoler. La proposition d'avancer les vacances d'avril de quinze jours, faite notamment par la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, n'a pour l'instant pas été accueillie favorablement par le gouvernement. 

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