Coronavirus : pas de déconfinement "régionalisé", retour à l'école sur la base du volontariat... L'Elysée détaille les pistes pour l'après-11 mai

Lors d'une réunion avec une vingtaine d'élus locaux, Emmanuel Macron a esquissé les contours du plan de déconfinement qui devrait être établi officiellement début mai.

Emmanuel Macron lors d\'un déplacement en Bretagne, mercredi 22 avril, à Saint-Pol-de-Léon (Finistère).
Emmanuel Macron lors d'un déplacement en Bretagne, mercredi 22 avril, à Saint-Pol-de-Léon (Finistère). (STEPHANE MAHE / AFP)

Les plans du déconfinement se dessinent, même si rien n'est encore officiellement arrêté. L'Elysée a annoncé plusieurs axes directeurs de l'après-11 mai, jeudi 23 avril, à l'issue d'une réunion d'Emmanuel Macron avec 22 maires, qui a duré trois heures. Pas de déconfinement "régionalisé", retour à l'école des élèves sur la base du volontariat des parents, port du masque probablement imposé dans les transports, le président de la République a détaillé les grandes lignes aux élus locaux. 

>> Coronavirus : retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct

Les premières propositions doivent être présentées par Jean Castex en début de semaine prochaine, "avant la présentation début mai d’un plan plus abouti qui aura été concerté avec les élus locaux", explique l'Elysée à France Télévisions. Voici les premières pistes du plan de déconfinement.

Un déconfinement qui ne sera pas régionalisé

Le déconfinement ne sera finalement pas "régionalisé", mais il s'adaptera aux "réalités de chaque territoire", a annoncé l'Elysée, selon les informations obtenues par le service politique de France Télévisions. Une déclaration pour le moins floue qui ne permet pas de savoir quelles décisions seront prises à partir du 11 mai... La situation n’est pas homogène au sein même des régions, a expliqué l'Elysée. Il pourra y avoir des adaptations locales et régionales, a précisé la présidence de la République. Le plan doit être préparé avec les maires, les responsables d’agglomérations et les préfets, a insisté le chef de l'Etat.

Une reprise de l'école pour les élèves et les parents volontaires

La réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai sera "progressive, concertée, adaptée", a annoncé l'Elysée. La reprise se fera donc sans obligation et, pour les élèves, sur la base du volontariat. "Ce sont les parents au final qui décideront", a annoncé l'Elysée. "Je vous ai entendus", a ainsi lancé Emmanuel Macron aux maires qui réclamaient de la souplesse lors de cette reprise scolaire. 

Selon l'Elysée, il faudra notamment s’adapter aux réalités locales (taille des communes, situation, nombre de niveaux par école). Il faudra cibler les élèves en situation de décrochage scolaire et donner une priorité aux plus jeunes, ceux qui ne sont pas autonomes. C'est du "cousu main", assure l'Elysée. "La semaine prochaine, nous aurons un cadre, un cahier des charges organisationnel." La présidence a également insisté sur la nécessité de faire passer des tests de dépistage au coronavirus aux enseignants et plus généralement au personnel des établissements scolaires avant la reprise. Des masques devraient également être mis à la disposition des enseignants.

Pas de port du masque obligatoire (sauf probablement dans les transports)

A partir du 11 mai, la recommandation du port du masque ne sera pas une obligation sauf dans certains cas, annonce l'Elysée. L'Etat n'écoute donc pas (en tout cas à ce stade) l'Académie de médecine, qui a recommandé mercredi de le rendre obligatoire. Le port du masque devrait néanmoins être rendu obligatoire dans les transports, précise le palais présidentiel. Même si, là encore, rien n'est acté.

L'Etat va continuer à prendre en charge les masques à destination des soignants, avec l'objectif d'élargir les destinataires (Ehpad, agents de sécurité, pompes funèbres). Il s'agit de passer de 40 millions de masques distribués aux soignants chaque semaine à 100 millions. Mais pour les masques dits "grand public", il va falloir "partager le fardeau financier", a annoncé l'Elysée aux maires. 

Le président a clairement encouragé les élus à multiplier les initiatives pour acheter des masques de façon massive. L’Etat va acheter des modèles "grand public" mais les villes seront les relais logistiques en première ligne pour la distribution de ces masques. Il y aura aussi la nécessité de prévoir un maillage encore plus fin pour la distribution, en envisageant peut-être de faire appel à certains commerces.

Privilégier les tests PCR

L'Elysée a réaffirmé qu'il fallait privilégier les tests PCR (pour "polymerase chain reaction"), qui visent à mettre en évidence la présence du virus directement. Il faut monter en charge sur les capacités des tests PCR, en privilégiant dans un premier temps les tests dans les Ehpad. L'Elysée a prévenu qu'il n'était pas question de tester chaque matin tous les Français.

Il faudra tester les symptomatiques d’abord et leurs proches, puis ceux qui ont été en contacts avec eux. Ensuite, en aval, il faudra isoler les cas positifs, soit en quarantaine à leur domicile, soit en isolement. Pour les tests sérologiques, il ne faut pas se précipiter, selon le président de la République : "On ne peut pas en faire un instrument pour le déconfinement."

Les lieux de culte n'ouvriront pas le 11 mai

Il n'y aura pas d’ouverture des lieux de culte le 11 mai, a précisé l'Elysée. Il faut d'abord évaluer l’impact sanitaire du déconfinement avant d’aller plus loin.