"On a besoin de ces restos" : la galère des routiers toujours privés de restaurants à cause du confinement

Les restaurants resteront fermés au moins jusqu'au 20 janvier à cause de l'épidémie de Covid-19, ce qui complique le quotidien des routiers qui ne peuvent compter que sur 250 relais ouverts dans toute la France.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des camions stationnés près de l'Escale, un relais de l'Indre près de Chateauroux. (GUILLAUME SOUVANT / AFP/GUILLAUME SOUVANT)

Ils sont les oubliés de l'allègement du confinement annoncé mardi 24 novembre par Emmanuel Macron : les restaurateurs ne pourront pas rouvrir leurs portes avant janvier 2021. Victimes collatérales de cette fermeture prolongée : les chauffeurs routiers. Même s'ils peuvent compter sur 250 relais ouverts exceptionnellement en France, c'est loin de suffire pour tous les accueillir sur leur trajet. Ils sont des milliers et leur quotidien est devenu pénible.

À la tombée de la nuit, sur un parking proche de l'autoroute A13, dans les Yvelines, une dizaine de poids lourds sont garés en file indienne. Les chauffeurs s'arrêtent après de longues heures de route. Sébastien conduit depuis neuf heures, il descend de sa cabine qui est aussi son dortoir : 2 mètres carrés à peine. "C'est pour ça qu'on apprécie le soir d'avoir un repas chaud, explique ce routier. Comme ça on n'a pas besoin de faire la cuisine dans le camion, puis de dormir avec les odeurs."

S'organiser en fonction des relais ouverts

Son repas chaud, Sébastien va le prendre au Bon Accueil, un hôtel-restaurant au bout du parking. Il a su qu'il était ouvert grâce au bouche-à-oreille entre collègues, car peu de relais routiers servent en ce moment. "C'est très compliqué pour l'organisation de la journée car il faut calculer nos heures par rapport aux restaurants qui vont être ouverts, raconte Sébastien. Parfois sur nos trajets on en trouve qu'un seul, donc on doit stopper avant. Là par exemple je monte à Paris. Je pouvais y aller mais ça ne sert à rien car je ne vais rien trouver pour manger là-bas."

À l'intérieur du relais, une trentaine de personnes sont déjà installées. Nathalie est autorisée à les servir de 18h à 10h du matin seulement : "C'est très important. Pour nous déjà, et puis pour eux. Même pour pouvoir déjeuner le matin. Ce n'est pas facile, ils en ont ras-le-bol."

Si eux ils ferment, on a plus rien !

un routier

à franceinfo

Derrière la serveuse, Bertrand et Jacky ont commandé un rôti de biche et savourent cette pause. "On a besoin de ces restos, expliquent-ils. Déjà, on n'est pas chez nous. Là au moins on se retrouve et on se pose. On prend une douche, on profite de notre soirée. C'est le seul moment où on peut être avec des collègues, parler de tous ou de rien." Tous ici attendent avec impatience le bout du tunnel : la réouverture de tous les restaurants. Ce ne sera pas avant le 20 janvier.

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