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Ma vie d'après. La 5G qui doit arriver prochainement en France

Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Vendredi, Neila Latrous est la 5G.

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Le logo 5G dans un magasin Samsung taïwanais. Photo d\'illustration.
Le logo 5G dans un magasin Samsung taïwanais. Photo d'illustration. (DAVID CHANG / EPA)

Je suis la 5G, la cinquième génération de réseau mobile, disponible dans une vingtaine de pays dans le monde, mais pas en France. Ici, je suis l’objet de très vifs débats. D’un côté, les tenants de la modernité qui disent que la 5G permettra de renouer avec la croissance, voire d’accélérer la relance économique. Et de l’autre, des associations et des élus locaux, qui s’inquiètent de ses effets potentiellement néfastes sur la santé et l'environnement.

"À quoi ça sert ?"

Paradoxe, et non des moindres : quand des mairies, souvent écologistes, refusent l’installation des nouvelles antennes, d’autres, en zone blanche, là où il n’y a pas de réseau, se battent ne serait-ce que pour avoir la 4G. Première question, toute simple à première vue : la 5e génération mobile, à quoi cela sert ? Réponse pas piquée des vers de Sébastien Soriano, le patron de l'Autorité de régulation des communications électroniques. C’était début juillet au Sénat : "À quoi cela va servir ? Je n'en sais rien. Quelles que soient les nouvelles technologies qui arrivent, on est toujours confrontés à cet enjeu qu'à l'instant T, on n'est pas forcément convaincus que l'on a besoin de nouveaux usages. Sans vouloir aller trop loin dans l'histoire, on se souviendra que pour le téléphone, on avait imaginé le "théâtrophone". C'est-à-dire que le téléphone était fait pour écouter des pièces à distance. En l'occurrence, la 5G nous offre des opportunités nouvelles."

L'échange plus rapide de données

Ses promoteurs y voient donc le moyen de développer de nouveaux services. Et font valoir qu’en permettant d’échanger plus de données et plus rapidement, la 5G ouvre la voie à la généralisation, par exemple, de la téléchirurgie. En théorie, un médecin au Japon pourrait opérer un patient à Paris, ou l’inverse, avec un robot piloté à distance. Autre exemple régulièrement cité : la révolution des transports, avec le déploiement des véhicules autonomes. C’est l’ancienne ministre Anne-Marie Idrac qui est chargée du dossier : "Au départ, ce qui était prévu, c'est que le véhicule autonome doit être capable de se débrouiller tout seul. La 5G, lorsqu'elle arrivera, permettra d'améliorer les choses mais elle n'est pas indispensable." Pas indispensable, elle accélère cependant les choses, nous dit Anne-Marie Idrac. Le gouvernement aussi veut accélérer. Les enchères pour attribuer les fréquences sont prévues en septembre et doivent rapporter plus de deux milliards d’euros aux finances publiques. Pas négligeable avec la crise.

Huawei dans le collimateur

Derrière la bataille des fréquences, une autre, bien plus féroce celle-là, se joue sur le terrain de la diplomatie car les États-Unis font pression sur leurs alliés pour ne pas s’équiper auprès du leader mondial de la 5G, le Chinois Huawei, accusé d’espionnage, persona non grata dans plusieurs pays. Toléré en France. Ici, c’est une sorte de "en même temps" : les opérateurs ont le droit de se fournir auprès de Huawei, mais leurs autorisations d’exploitations seront limitées. Feuilleton à rebondissement, et suite des aventures en septembre, donc.

Le logo 5G dans un magasin Samsung taïwanais. Photo d\'illustration.
Le logo 5G dans un magasin Samsung taïwanais. Photo d'illustration. (DAVID CHANG / EPA)