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Les Informés. "Il est urgent qu'Emmanuel Macron chasse l'impression que c'est un président déjà élu"

Les invités des Informés ont tiré le bilan du premier tour de l'élection présidentielle lundi soir, entre la qualification d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, et l'avenir de la droite et de la gauche, éliminées dès dimanche. 

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Emmanuel Macron à Paris, le 24 avril 2017. 
Emmanuel Macron à Paris, le 24 avril 2017.  (LIONEL BONAVENTURE / POOL)

Emmanuel Macron doit "reprendre la campagne"

"Vite, il faut reprendre la campagne !" a conseillé sur franecinfo Laurent Bazin, éditorialiste, à Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle dimanche 23 avril. Il lui a reproché "les caméras de télévision qui le suivent dans la rue, comme Chirac en 1995", et son dîner à la Rotonde.

"Ça rappelle un président élu" a-t-il affirmé. "Je pense qu’il est urgent qu’Emmanuel Macron entre en campagne à nouveau, qu’il chasse cette impression que l’on a depuis 24 heures que c’est un président déjà élu", "ne serait-ce que par respect pour les électeurs". 

Peu de manifestations contre le Front National

"Tout le monde a acté" la présence du Front National au second tour de l'élection présidentielle, a souligné Caroline Vigoureux, journaliste politique à l'Opinion. Contrairement à 2002, où la qualification de Jean-Marie Le Pen avait fait descendre des milliers de personnes dans la rue, peu de manifestations ont eu lieu après celle de Marine Le Pen. Caroline Vigoureux l'a expliqué par "un contexte très différent". 

Le pire c'est qu'on est presque soulagé que Marine Le Pen n'est pas arrivé première, sa qualification passe presque comme un non-évènement

Caroline Vigoureux, journaliste politique à l'Opinion

à franceinfo

Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne, a souligné un "vrai paradoxe" "Arithmétiquement, la menace de l'extrême droite est beaucoup plus forte qu'elle ne l'était il y a 15 ans. Elle est plus menaçante et pourtant il y a moins de réaction."

Marine Le Pen a réalisé un score historique pour son parti, et s'est hissé au second tour avec quatre points de plus que son père, en 2002. "Ça participe à la banalisation de l'extrême droite. Ça n'a choqué personne que Marine Le Pen soit présente à chacun des débats" télévisés a-t-il rappelé. 

Jean-Luc Mélenchon, "en train de saborder sa campagne" ? 

Jean-Luc Mélenchon serait-il en train de saborder sa "belle campagne" ? C'est l'avis de Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne. Selon lui, "il a commis une erreur stratégique" lors de son discours après les résultats du premier tour, en n'alertant pas sur le danger que représente Marine Le Pen.

"Jean-Luc Mélenchon était devenu à gauche le vote utile", a-t-il souligné, "Il y a une masse d’électeurs qui ne comprennent pourquoi il n’arrive pas à faire la part des choses entre une candidate d’extrême droite et un candidat qui, même si on peut le critiquer sur bien des points, appartient au cercle républicain."

Le Parti socialiste est-il mort ?

Le candidat du Parti Socialiste, Benoît Hamon, n'a récolté que la cinquième place du premier tour de l'élection présidentielle, avec 6.36% des voix. Son élimination sonne-t-elle la mort du PS ? "Il y a un peuple de gauche" a affirmé Antoine Buéno, écrivain, auteur de No Vote. "Où va aller ce peuple de gauche ? Le Parti Socialiste est un phoenix, il est capable de renaître de ses cendres. Mais Benoit Hamon a une responsabilité historique." 

Pour Jean-Sébatien Ferjou, directeur de la publication d'Atlantico.fr, la recomposition du Parti Socialiste passe obligatoirement par de bons scores aux législatives de juin 2017 : "La Gauche va être obligée de présenter des candidats à cause de leur survie financière." Il a rappelé que durant le mandat de François Hollande, les socialistes "ont perdu toutes les élections intermédiaires."

Emmanuel Macron à Paris, le 24 avril 2017. 
Emmanuel Macron à Paris, le 24 avril 2017.  (LIONEL BONAVENTURE / POOL)