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Roger Hallam d’Extinction Rebellion : de l’action radicale à la provocation

Le Britannique est l'un des cofondateurs d'Extinction Rebellion. Mais par ses provocations, Roger Hallam est devenu encombrant pour le mouvement écologiste.

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Roger Hallam, le cofondateur britannique d\'Extinction Rebellion, aux Pays-Bas, le 10 août 2019.
Roger Hallam, le cofondateur britannique d'Extinction Rebellion, aux Pays-Bas, le 10 août 2019. (EVERT ELZINGA / ANP)

Le cofondateur du mouvement écologiste est jugé lundi 17 février à Londres, pour avoir tenté de perturber le trafic aérien à l'aéroport d'Heathrow à l'aide d'un drone en septembre 2019. Une action typique d'Extinction Rebellion, qui prône la désobéissance civile pour contraindre les gouvernements à agir face à la crise climatique.

>> ENQUÊTE FRANCEINFO. Qui se cache derrière extinction rebellion, ces activistes en vert et contre tous ?

Né au Royaume-Uni fin 2018, Extinction Rebellion a depuis essaimé dans une soixantaine de pays. Le mouvement revendique 100 000 militants, dont 15 000 en France où des activistes bloquaient au petit matin du lundi 17 février un site du cimentier Lafarge à Issy-les-Moulineaux pour dénoncer l’impact de l'industrie de la construction. Autres actions récentes : le blocage samedi 15 février de l'aéroport de Chambéry, avec sit-in et pile de skis sur la route d'accès, et la perturbation de la Fashion Week à Londres, où des militants portant des robes en barbelés se sont cloués au sol pour dénoncer les effets de l'industrie de la mode sur la planète.

Dérapage révisionniste

Ce mouvement a été cofondé par le Britannique Roger Hallam, ancien agriculteur bio devenu chercheur au Kings College de Londres. Aujourd’hui âgé de 53 ans, cet activiste de gauche a déjà été jugé à plusieurs reprises pour manifestation illégale ou tags à la craie. Il est l’une des principales figures médiatiques d’Extinction Rebellion, qui se veut horizontal et sans chef identifié.

Ce mouvement revendique la neutralité carbone en 2025, l’arrêt du transport aérien, la réduction de la consommation de viande ou encore la remise en cause du capitalisme. Il prône la non-violence, mais fonde en partie sa stratégie sur l'arrestation des activistes pour médiatiser ses actions. Autre principe : la radicalité assumée… voire, pour ce qui est de Roger Hallam, la provocation décomplexée.

Le "point Godwin" a été atteint en novembre dernier, dans une interview à l’hebdomadaire allemand Die Zeit. Roger Hallam y déclare que "la Shoah n'est qu'une simple connerie de plus dans l'histoire humaine". Ces propos révisionnistes provoquent un tollé sur la planète écolo. L'antenne allemande d'Extinction Rebellion déclare Roger Hallam persona non grata. À l'échelle internationale, le mouvement dénonce "sans réserve" ses déclarations. Mais sans aller jusqu’à l’exclusion, un temps envisagée, de ce cofondateur devenu bien encombrant.

Roger Hallam, le cofondateur britannique d\'Extinction Rebellion, aux Pays-Bas, le 10 août 2019.
Roger Hallam, le cofondateur britannique d'Extinction Rebellion, aux Pays-Bas, le 10 août 2019. (EVERT ELZINGA / ANP)